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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 23:49

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Kate et Peter est un couple qui a connu son lot de difficultés : une fillette sourde et muette, un enfant mort-né, des soucis d'alcoolisme... Sans doute se disent-ils qu'en adoptant Esther, petite fille d'origine russe réchappée d'un incendie dans lequel moururent ses précédents parents adoptifs, la vie saura leur sourire et que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Au lieu de cela, la petite Esther cessera vite d'être adorable pour apparaître sous son vrai jour et transformer la vie de toute cette petite famille en insondable cauchemar...

 

Dans les années 70, les grands studios produisaient des histoires pas possibles avec des diables, des démons, des fantômes, des esprits, et plein de cetera encore. Aujourd'hui, j'ai l'impression que la mode est plus à ce genre de thrillers intimistes, frôlant sans arrêt le paranormal sans vraiment mettre un pied complet dedans. En même temps je dis ça mais je n'ai pas tellement d'exemples de titres à mettre dessus : c'est instinctif comme remarque. C'est même probablement faux. En fait, ce n'est pas la peine de lire ce paragraphe : il ne sert à rien.

 

Bon, autrement que penser d'Esther ? Que le titre original est mieux : Orphan (Orpheline), ça en jette ! Et puis, après Mum & Dad, The Mother, The Stepfather et The Children, ça complète plutôt bien le tableau ! — Mais bon, en français le film s'appelle Esther et ce n'est pas très grave...

 

A part ça ?J'ai un mal de chien à démarrer mon article moi, j'en chie comme pas permis c'est une horreur... Allez, je me lance !

 

Esther est très bien réalisé. Vraiment. Un film très élégant, très beau aussi, qui reste ancré dans les conventions  stylistiques du genre mais sait en user avec talent. Jaume Collet-Serra fait donc preuve d'un certain brio qu'il convient de souligner. J'attire tout particulièrement votre attention sur l'utilisation des plans en plongée, qui sont très réussis et, fait encore plus appréciable, n'ont jamais rien de gratuits. Je suis plus mesuré sur l'utilisation de la bande-son qui est d'une banalité sans pareille, mais dans l'ensemble on est vraiment face à une oeuvre de belle facture esthétique. Mine de rien ça joue énormément.

 

Ça joue même d'autant plus que, d'un point de vue scénaristique, Esther est déjà un petit peu moins convaincant. Il y a dans ces films à force des choses que l'on a l'impression d'avoir vu des dizaines de fois, et en général cette sensation est due au fait qu'en effet, on les a bel et bien vus des dizaines de fois !

 

Pour autant, je m'en voudrais de minimiser l'efficacité de ce même scénario : sans faire preuve de prouesses narratives sans nom, il exploite avec beaucoup d'ardeur les tréfonds les plus cruels du sadisme humain et, en-dehors des passages clés, sait laisser planer une lourde chape d'angoisse sur l'ensemble de l'action qui fait que ce film passe très vite alors qu'il dure tout de même deux heures... On est vraiment face à une oeuvre prenante et tendue du début (quasiment) à la fin (ou presque). 

 

Certaines scènes sont même fascinantes d'un point de vue cinématographique, comme celle où la petite Esther massacre la cabine des toilettes dans laquelle elle passe ses nerfs sur les parois, ou encore celle où la même petite Esther entreprend de séduire son « père » à moitié ivre-mort. Rassurez-vous, la morale est sauve, il ne la touchera pas. Vu ce que ça lui coûte cela dit, il aurait peut-être mieux fait de se laisser tenter...

 

Le personnage même d'Esther est étrangement construit : il frôle parfois la caricature et, à d'autres moments, se révèle au contraire très dense. On appréciera la gestion des non-dits dans ce film, qui comptent énormément dans l'approche de chacun des protagonistes et participent d'autant plus à l'atmosphère pesante et prenante du titre. Evidemment, Esther propose dans sa dernière partie le twist habituel, que je ne vous révèlerai pas, et qui présente des avantages et des inconvénients : s'il apporte quelque chose de vraiment nouveau à l'intrigue, il retire également au film une partie de ce qui faisait sa force...

 

A noter que l'actrice qui campe ce personnage d'Esther, Isabelle Fuhrman, est extraordinairement convaincante du début jusqu'à la fin. Etre capable de jouer sur tant de registres différents à l'âge de douze ans, ça ne peut que laisser admiratif. Mais la petite Aryana Engineer, huit ans à peine au compteur, est tout aussi bluffante !

 

Bref, sans révolutionner le genre, Esther apparaît comme un thriller bien tenu, bien réalisé, bien fichu et dont le seul défaut réside dans son caractère un peu trop typique pour exciter les ardeurs des amoureux du genre. Pour autant, cela reste un très bon moment à passer !

 

Sur ce je vous laisse, et si vous avez toujours rêvé de voir une gamine de neuf ans défoncer le crâne d'une bonne soeur avec un marteau, alors Esther est fait pour vous !

 

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