Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 03:35

138---jaws_2_c.jpg

 

 

Tout comme encore récemment ils étaient nombreux à attendre la sortie au cinéma de Saw VI afin de pouvoir se payer une bonne tranche de rigolade rien qu'en prononçant le titre, ils devaient être dans les années 70 un sacré paquet à espérer la sortie d'un Dents de la mer 2. Jeannot Swarc a réalisé leur rêve, et sans vouloir sombrer dans la méchanceté et l'aigreur des mauvaises vieillesses, il faut tout de même avouer que la promesse scatologique sous-entendue par l'intitulé à la française est tout à fait respectée. D'ailleurs, Swarc est français, donc il savait ce qu'il faisait...

 

Non vraiment rien à faire : Jaws 2 n'est pas bon. On a certes le plaisir de retrouver Roy Scheider dans la peau du Chef Brody, mais entre-temps le personnage a perdu toute la subtilité et la densité qui faisait sa force et n'est plus qu'un protagoniste banal d'un film banal avec un scénario banal mettant en scène des situations banales. Enfin, des situations banales dans le registre du film de requins, évidemment...

 

Il faut regarder ce film pour finir de réaliser combien Jaws, le seul et l'unique, est bon. C'est d'ailleurs souvent l'intérêt des mauvaises suites : elles permettent d'énumérer toutes les erreurs que les films originaux ont su éviter et dans lesquelles leurs séquelles se sont allègrement vautrées, faute d'inspiration. Il en va ainsi pour The Exorcist II, et donc pour Jaws 2. En revanche, il n'en va pas ainsi pour Blair Witch 2 qui, au contraire, trouve le moyen de bien renouveler l'intrigue et le concept. Mais je ne vois pas pourquoi j'en parle maintenant.

 

Bref, Jaws 2, tout ça... Le Chef Brody en flic truculent qui de nouveau doit convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà recommencé, sa femme qui prend de l'importance, qui bosse sans le faire exprès pour l'un des grands méchants, et leurs deux enfants qui ont grandi d'une manière irrationelle en l'espace de trois ans. Enfin, si vraiment trois ans sont censés s'être écoulés entre la première histoire et celle-ci : aucune indication de temps n'est réellement donnée, mais le chef Brody insiste sur le fait qu'il a déjà eu affaire à un grand requin blanc « il n'y a pas longtemps ». Bref, c'est pas bien grave.

 

Quoiqu'il en soit le chef Brody ce coup-ci viendra à bout du requin qui menaçait au large sa progéniture en lui faisant manger un cable à haute-tension, ce qui permettra au spectateur de se rendre compte en le voyant cramer que le gros poisson était en plastique. Point d'orgue dans le fond d'une réalisation qui se distingue par sa relative médiocrité et son goût pour la surenchère : les scènes d'attaques du requin sont terriblement brouillonnes et maladroites, essayant de piquer quelques idées à Spielberg sans arriver à les exploiter correctement, et la propension de l'animal à s'en prendre à des bateaux et des hélicoptères comme s'il savait qu'il y a du monde dedans finit par friser le ridicule.

 

Non vraiment, Jaws 2 doit bien avoir quelques qualités puisque Jaws 3 est encore plus mauvais, mais regarder le premier et le second à la suite est le meilleur moyen d'être dégouté par ce film de commande et d'exploitation qui n'arrive à aucun moment à reproduire le charme de l'oeuvre de Spielberg.

 

Sur ce je vous laisse, et si comme moi vous savez que chaque année les chutes de noix de coco tuent plus de personnes dans le monde que les attaques de requins, demandez-vous pourquoi personne n'a encore réalisé de films intitulés Coconut killer ou Revenge of the angry coconuts !

  

Partager cet article

Repost0

commentaires