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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 21:20

MLKT Art

 

 

Cinq jeunes gens, un chalet en montagne, un massacre, un bain de sang, le croc de boucher, les coups de hache dans la porte, les cris, la course poursuite, enfin bref un film d'horreur quoi. Pour vous résumer ça le plus clairement possible.

 

À propos de clarté, j'ai acheté un film dont la jaquette spécifiait Deadly Week-end, pour me retrouver ensuite devant un film qui annonce en réalité s'appeler Meurtres, ceci étant le titre français pour Murder loves killers too, et déjà ça commence mal. Une chose est certaine : les traducteurs ont atteint le sommet de la feignantise quand ils en sont venus à appeler ce film Meurtres. On a l'impression de se faire refiler un titre générique, comme à la pharmacie. 

 

Sinon, que faut-il penser de Murder loves killers too ? Ma foi, si vous en avez la moindre petite idée, faites-moi signe. Le film s'ouvre sur une tirade en voix-off, avec un acteur présentant les personnages à la manière des pires monologues de série Z. Difficile de ne pas penser au narrateur du Rocky Horror Picture Show en écoutant ce bonhomme asséner d'une voix posée mais néanmoins virile le portrait des jeunes gens dont nous allons assister au massacre. Mais est-on dans la parodie ? Je m'interroge.

 

En fait, je me suis interrogé durant tout le film. Il est évident qu'une énorme part de second degré conditionne la réalisation de ce film, mais certains passages laissent néanmoins perplexes. À commencer par la première scène, où la jeunesse délurée est tellement délurée que ça finit par donner mal à la tête. À coté de la gamine qui hurle dans tous les sens qu'elle veut faire la fête, la copine nympho de Laurie Strode donne l'impression d'être dans le coma. C'est légèrement chiant, voire franchement casse-couilles, surtout quand ça dure trois plombes.

 

Reste un moment de bravoure qui force l'admiration : un très joli plan-séquence qui raconte l'installation de toutes cette jeunesse dépravée dans le chalet, mouvements de caméras bien nuancés, avec un réalisateur qui monte et redescend des escaliers et voltige dans tous les sens sans jamais se trahir. Ça fait beaucoup penser à un exercice d'étudiant en mal de virtuosité, mais objectivement ça en jette. Le plan se conclut avec l'arrivé du tueur. Et le tueur, il faut que j'en parle tout de même un petit peu.

 

De toute l'histoire du slasher contemporain, et je me demande pourquoi je précise « contemporain » dans la mesure où le slasher était loin d'être à la mode à la cour du Roi Soleil, je n'ai jamais vu un assassin aussi peu charismatique. Chauve et bedonnant, en robe de chambre ou en chemise à carreaux, monsieur le tueur déambule parmi ses futures victimes comme s'il était invisible, ou appartenait à un autre monde. Apathique au possible, il se fendra toutefois d'un monologue qui ne manquera pas de faire hoqueter le spectateur de rire. Il est un élément tellement absurde, tellement décalé, qu'il en devient fascinant.

 

Toute la dernière partie du film tourne d'ailleurs autour de lui, de sa vie de famille, de mari cocu et de père méprisé, dans sa petite maison de banlieue bourgeoise, tandis que le cadavre d'une gamine tient compagnie à sa roue de secours dans le coffre de sa voiture. La fin, que je ne vous raconterai pas, est d'ailleurs particulièrement réussie, sans vraiment donner du sens ou justifier l'ensemble du film. Mais objectivement : elle le sauve. Même si, encore une fois, on a du mal à faire la part des choses entre premier et second degré. Viens-je d'assister à une comédie ? me suis-je demandé. En tout cas, j'ai bien ri.

 

Mélange entre Vendredi 13, Massacre à la tronçonneuse et Shining, ces deux derniers étant outrancièrement cités par ailleurs à tel point que cela frôle le plagiat, Murder loves killer too est une drôle de série B qui ne casse ni barreaux de chaise, ni pattes à un canard, mais s'avère bien moins catastrophique que ce à quoi je m'attendais. J'ai même passé un moment relativement bon devant ce film, qui n'en demeure pas moins très médiocre. Mention spéciale pour la musique, à la fois kitsch et très éloignée du propos du film, et que le réalisateur insère quelquefois d'une manière tellement incongrue qu'on se demande comment les personnages du film font pour ne pas l'entendre.

 

Est-ce que je recommande Meurtres ? Non, et oui. C'est un petit film qui a suffisamment de qualités et de zones de délire non-identifié pour mériter d'être regardé. Mais celui qui s'attendrait à voir un bon film serait déçu. C'est souvent ce qui arrive quand on est naïf, en même temps.


Sur ce, je vous laisse !

 

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