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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 23:43

PREDATOR-2-copie-1.jpg


Dix ans après avoir fait des siennes en Amérique Centrale, le Predator refait parler de lui, cette fois-ci au beau milieu de la jungle urbaine qu'est devenue Los Angeles en 1997, embourbée dans de sanglantes guerres des gangs qui transforme la ville en champ de guerre permanent, malgré les efforts du Lieutenant Mike Harrigan et de son équipe de superflics qui, naturellement, vont rapidement devenir la cible du chasseur de trophées humains.

 

Adieu la jungle suffocante, bonjour L.A. en pleine canicule. Réalisé trois ans après le premier Predator, ce second opus est donc censé se dérouler dix ans après celui-ci. Un choix plutôt surprenant dans le fond, auquel je ne trouve qu'une seule explication : en 1990, Los Angeles n'était pas le chaos urbain décrit dans le film, mais les scenaristes jugeaient que cela n'allait pas tarder. Il faut dire que George Bush père venait tout juste d'être élu président. Ceci explique peut-être cela.

 

Predator 2 n'a pas bonne presse, il est même à cent lieues d'être aussi populaire que son prédecesseur, et c'est relativement injuste. Je ne dis pas qu'il est aussi bon que le Predator de McTiernan, mais il n'en demeure pas moins un film bourré de qualités. La première d'entre-elles est de filmer une ville évoluant dans un climat de violence déchaînée absolument ahurissant, qui prend en fin de compte des allures de comics. On se dit presque que le Tim Burton de Batman aurait été parfait pour réaliser ce film, tant son potentiel grotesque – dans le bon sens du terme – n'est pas assez exploité.


La seconde d'entre-elles (les qualités, au cas où vous auriez déjà cessé de suivre), c'est de s'attarder un peu plus sur le personnage du Predator, sur son passé, son passif comme sa technologie. La fin du film permet même de se faire une idée sur le schéma social qui détermine sa civilisation, et de constater que le Predator, aussi impitoyable soit-il, est un être doué de raison, d'intelligence et d'une certaine forme d'honnêteté intellectuelle. Bref, on supputait son intelligence dans le premier volet, le second vient la confirmer avec une relative subtilité. Le personnage n'évolue pas : il demeure le même mais se dévoile un peu mieux. Tout en gardant la dose de mystère nécessaire pour que cela soit agréable.

 

En-dehors de ces éléments, le schéma narratif reste globalement le même. L'équipe de super-soldats a été remplacée par une équipe de méga-flics qui se font bousiller les uns après les autres jusqu'à ce que leur chef vienne défier le Predator en combat singulier. On s'attardera peu sur l'intrigue secondaire, à savoir les soldats chargés de capturer le chasseur pour étudier sa technologie : elle fait surtout l'effet d'un pétard mouillé et n'apporte pas forcément grand-chose à l'intrigue. On constatera surtout que le film met résolument l'accent sur l'action, au détriment de la dimension survival du premier. Predator 2 est avant tout un film de science-fiction couillu bien comme il faut.

 

En jouant la surenchère – sans tomber dans l'outrance que l'on était en droit de craindre –, le film est évidemment moins bien ficelé, moins bien rythmé aussi que celui de McTiernan. La scène du métro, plutôt confuse, n'est pas vraiment des plus réussie, et celle de l'abattoir est tout de même un peu longuette. On ne s'ennuie pas, mais il s'en faut de peu. Heureusement, la course-poursuite finale, totalement délirante, relance le tout avec allégresse et s'autorise même des dérapages humoristiques assez inattendus sans pour autant décontenancer le spectateur.

 

Predator 2 demeure une réussite. On lui préférera sans doute son prédecesseur, plus roots, plus hardcore, plus intègre aussi, mais on ne boudera pas son plaisir devant un spectacle qui demeure de grande qualité et n'a pas trop vieilli, même si ses personnages de méchants rastas ou de chicanos cocaïnomanes fera tout de même sourire un brin.

 

Sur ce, je vous laisse.

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