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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:49

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Après vingt ans sans retrouvailles et quelques vieux comptes à régler les uns avec les autres, un groupe d'anciens amis du lycée se retrouvent dans une maison de campagne pour passer quelques jours ensemble. Au cours d'un simulacre de nuit de Saint-Jean, une étrange lueur dans le ciel annonce des phénomènes étranges : plus aucun appareil électrique ou mécanique ne fonctionne, et les gens alentours sont aux abonnés absents...

 

Forcément, avec les films espagnols, on s'attend à une histoire de fantômes ou quelque chose dans ce genre-là, mais Jorge Torregrosa va beaucoup plus chercher du côté du Monde, la chair et le diable que de [REC] dans ce film singulier qui a le chic pour nous amener là où ne s'y attend pas.

 

La force The End réside dans sa faculté de jouer avec les clichés pour mieux dérouter le spectateur. Le coup classique du groupe d'amis qui partage un lourd secret a fait les beaux jours des slashers et mériterait quasiment sa propre dénomination générique, mais il ne trouve ici aucun écho prévisible, aucune de ses répercussions habituelles, bref sa fonction première semble presque résider dans la volonté de diriger le public vers une fausse piste.

 

Évidemment, trop en dire serait spoiler horriblement et ce n'est pas le genre de la maison. L'ennui, c'est qu'il est difficile de parler de ce film sans spoiler. Difficile de ne pas évoquer ces disparitions fugaces qui jalonnent son déroulement et apparaissent d'un désarmant naturel. Ces animaux qui investissent le monde des humains, figures prophétiques d'un paisible chaos. Cette sérénité, cette lenteur, d'un monde qui bascule sous les yeux de ses derniers occupants. Et cette ombre d'enfant qui se volatilise...

 

The End est un film qui pose beaucoup de questions et donne peu, très peu de réponses. Un film poétique, à la fois complexe et accessible, dont on ne sait pas vraiment de quoi il parle, ou s'il a l'ambition de parler de quoi que ce soit. Mais qui maintient le spectateur rivé devant son écran, sans jamais faire dans le suspens forcé ou la surenchère. L'aurore d'une fin du monde, tout simplement. Une réussite exemplaire.


Sur ce, je vous laisse.

 

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