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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 21:51

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Soldat américain posté en Irak, Bart Gregory est tué durant une embuscade puis promptement ramené au pays pour y être enterré dans un semblant de dignité. Sa fiancée comme son meilleur ami sont inconsolables et, lorsque Bart reviendra d'entre les morts pour une raison inconnue, ils s'adapteront à ce retour inespéré avec une certaine facilité, quand bien même le revenant a besoin de boire du sang humain pour survivre.

 

Dites-donc les aminches, plus de trois mois d'absence sur ce blog, je ne sais pas si c'est un record mais ça ne m'étonnerait pas. Il y a des périodes comme cela où l'on n'a pas envie de regarder de films, qu'ils soient d'horreur ou non. Heureusement qu'un copain a fini par me remettre sur le droit chemin en me conseillant The Revenant, qui est une sorte de remake du Mort-Vivant de Bob Clark sauf qu'en fait pas du tout. Tous les deux content l'histoire d'un soldat tué en mission (l'un au Vietnam, l'autre en Irak) qui revient à la vie, mais là où Bob Clark signait un film contestataire et allégorique, Kerry Prior réalise une oeuvre résolument tournée vers le ludique.

 

Est-ce à dire que The Revenant est une grosse farce ? Non, ce n'est pas à dire cela du tout. Prior réussit précisément à mélanger l'humour (noir, bien sûr) et de vrais moments de gravité, d'émotion, sinon de poésie. En signant un film sur l'amitié, tout d'abord. Quand bien même les aventures du duo déjanté sont hilarantes, elles mettent en scène une vraie histoire de potes, une bromance façon Thelma et Louise au masculin, avec du sang et des zombies. Bref, rien à voir avec Thelma et Louise, mais vous avez saisi l'idée. Et par-dessus cela, sans jamais se montrer pompeux, on retrouvera une vraie réflexion sur ce qui fait de nous – ou non – des monstres. Sur les artifices intimes qui nous permettent de nous situer dans le camp du bien ou du mal. Et sur la manière dont chacun d'entre nous mettons en balance notre propre humanité.

 

Ils sont assez nombreux, les films de zombies à tenter de mélanger le registre du fun et celui du sérieux. Ce sont rarement des réussites. Précurseur dans le domaine, jouant la carte de l'histoire d'amour poignante, Zombie Honeymoon tirait plutôt bien son épingle du jeu. Mais des réalisations plus récentes comme Zombie Anonymous ne parviennent simplement pas à se maintenir en équilibre. The Revenant y arrive. Il a certes une facheuse tendance à s'éparpiller, et l'on regrettera un peu ses vingt dernières minutes qui, sans être désagréables, prennent une direction somme toute dispensable, mais dans l'ensemble son alchimie fonctionne et maintient en éveil avec un grand sourire sur les lèvres.

 

Et s'il faut parler d'humour, car tout de même The Revenant est très drôle, on saluera la galerie de personnages qui composent le film, l'infirmière scientologue et le gangsta philosophe en tête de liste. Des dialogues ciselés les soutiennent et laissent certaines scènes partir dans un nawak réjouissant. On oubliera que le film souffre visuellement de son côté cheap : c'est un vrai bonheur de voir un réalisateur s'autoriser à partir en live comme cela. On se croirait dans une bonne vieille réalisation foutraque et punk des années 80, façon Re-Animator ou Le Retour de morts-vivants. On ne va tout de même pas bouder son plaisir !

 

Sur ce, je vous laisse. Et si vous vous demandez pourquoi le titre français du film s'est contenté d'ajouter un « s » à The Revenant, sachez que je me pose exactement la même question.

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