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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 12:30
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Je vous avais parlé voici quelques temps du Guide de survie en territoire zombie, étrange manuel qui, comme son nom l'indique, vous propose de savoir organiser une résistance et une défense efficaces et rationelles en cas d'épidémie mondiale de solanum, ce virus qui transforme les cadavres humains en monstres affamés de chair humaine. Ce livre m'avait laissé sur une opinion très enthousiaste, aussi me suis-je dépéché de me procurer, lorsque j'appris son existence sur un forum, cet autre ouvrage de Max Brooks, World War Z, récit moins « pratique » et plus narratif de la guerre sans merci que se sont livrés, dans un temps inconnu mais très similaire au notre, les êtres humains et les zombies.

Tout comme avec son Guide de survie, Max Brooks ne signe pas ici un roman au sens conventionnel du terme. La narration, soutenue par un journaliste chargé de livrer un compte-rendu clair et objectif de cette grande guerre, est constituée d'entrevues réalisées avec des témoins ou des acteurs du conflit mondial. Militaires gradés ou simples soldats, héros du quotidien ou escrocs patentés, le journaliste recueille ainsi une somme importante de témoignages qui illustrent la chronologie de la guerre en l'éclairant d'une importante quantité de points de vue différents. En organisant son récit de cette manière, non par la relation de faits précis mais par la présentation subjective de ces mêmes faits de la bouche même des personnages qui les ont vécu ou provoqué, Max Brooks renoue d'une certaine manière avec le genre quelque peu déserté du roman épistolaire. Bien sûr, il ne s'agit pas ici de lettres mais de compte-rendus de conversation, cependant la figure du journaliste s'efface si volontiers au profit des soliloques des intervenants qu'il rencontre que la différence n'est en définitive pas si marquante que cela.

C'est aussi l'occasion pour Max Brooks de s'intéresser au monde, dans sa dimension géopolitique. De parler de la Chine, de la Russie, de l'Europe, de l'Afrique, en essayant à chaque fois de rattacher aux propos des personnages rencontrés le passé historique des pays dont ils sont originaires, d'en faire des parangons d'une mentalité bien plus poétique que réaliste. World War Z professe le retour des tsars en Russie, fait intervenir sans la nommer la figure de Nelson Mandela, ou signe l'arrêt de mort de la dictature nord-coréenne mais aussi, hélas, de sa population...

Et c'est peut-être là que le roman s'égare. Certains intervenants sont par trop symptomatiques dans leurs déclarations, trop caricaturaux pour être crédibles. Max Brooks ne tombe certainement pas dans l'erreur de juger d'un point de vue strictement américain le reste du monde, et on ne saurait lui reprocher de faire preuve d'arrogance ou d'incompréhension. Cependant, il n'en délivre pas moins des clichés. Plus subtils que la plupart des clichés que l'on peut habituellement observer dans la littérature ou au cinéma dés qu'un artiste se targue de représenter des étrangers, mais des clichés tout de même. Là où le Guide de survie nous immergeait dans ce monde imaginaire (mais, une fois encore, terriblement proche du notre) pouvant à tout moment sombrer dans le chaos zombiesque le plus apocalyptique, World War Z se présente plus comme une vaste allégorie que l'on a du mal à suivre, tant elle part dans toutes les directions et ne parvient pas à se canaliser.

De plus, cette succession de témoignages rend la lecture un peu pénible au bout d'un moment. Si l'ouvrage est très enthousiasmant dans ses deux-cents premières pages, l'intérêt finit par retomber et j'avoue avoir longuement traîné pour le terminer. Ce n'est pas une question de baisse de qualité du récit, mais du maintien d'un schéma qui s'avère à force quelque peu rébarbatif.

Pas question de dire que ce livre ne vaut pas le détour, mais ne vous attendez surtout pas à un roman d'épouvante au sens traditionnel du terme. De toute évidence, Max Brooks choisit de travailler sur la forme autant, sinon plus, que sur le fond. Si cette entreprise est louable et tout à fait réussie dans son Guide de survie, elle s'avère moins percutante avec World War Z, qui n'en demeure pas moins un ouvrage intéressant, souvent ironique, parfois poignant et globalement bien tenu dans son concept. Quelques incartades au schéma initial auraient peut-être pu rendre la lecture plus enjouée, mais aux dernières nouvelles les écrivains font ce qu'ils veulent et n'ont pas pour mission de complaire à tout le monde.

Sur ce, je vous laisse, et si vous allez à Paris visiter ses sous-sols chargés d'histoire et de mystère, prenez tout de même avec vous un outil saillant ou une arme de poing efficace, on ne sait jamais...
    
  

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 14:10

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Voici quelques jours, réagissant avec la sagacité qui lui est coutumière à l'article consacré au film Le Massacre des morts-vivants, Vartan citait un passage du Guide de survie en territoire zombie, un ouvrage dont, je le confesse à ma grande honte, je n'avais encore jamais entendu parler. Comme il se trouve que je suis très curieux de nature, et incroyablement fortuné de surcroît, j'ai couru me l'acheter et me suis dépêché de le lire afin de pouvoir vous dire ce que j'en pense, parce que c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de faire mon intéressant.

A première vue, on pourrait croire de ce livre que c'est un ouvrage purement humoristique. La couverture de l'édition française incite à le penser, de même que la personnalité même de l'auteur. Max Brooks n'est autre que le fils de l'autre Brooks, Mel, réalisateur de comédies telles que Silent movie (son chef-d'oeuvre) ou La Folle histoire de l'espace, un homme de talent qui, hélas, perdit toute verve et toute créativité dans les années 90 et se fourvoya dans des machins comme Sacré Robin des bois... Max Brooks, quant à lui, suivant les traces de son père, fit partie de l'équipe des scénaristes de la cultissime émission Saturday night live, incontestable sommet (quoique inégal selon les époques) de l'humour nord-américain, qui révéla des acteurs comme Bill Murray, Dan Ackroyd, Eddie Murphy, James Belushi, Jim Carrey, Mike Myers, Adam Sandler et bien d'autres encore...

Pourtant, ce Guide de survie en territoire zombie n'a finalement rien d'hilarant du tout. Certes, certaines formulations peuvent produire un léger sourire de par leur ironie, mais cela peut arriver dans n'importe quel autre type de guide, qu'il soit utilitaire, touristique ou gastronomique. Seule l'idée générale est amusante, mais la façon dont elle a été traitée va bien au-delà du simple bouquin comique que l'on lit à petites doses avant de se coucher pour se dérider les zygomatiques.

Résumons : cet ouvrage part du principe que les zombies existent. Ceux-ci sont des victimes d'un virus nommé solanum, qui atteint le cerveau et maintient dans une forme de vie résiduelle les corps qu'il vient de faire succomber organiquement. Le zombie ainsi créé diffère peu de la tradition : il est animé par un désir incompréhensible de dévorer de la chair humaine (ou animale, mais sa préférence va vers l'anthropophagie) et la seule manière de le tuer pour de bon est de détruire son cerveau. Cependant, Max Brooks prend ses distances avec le modèle du zombie de Romero : il lui dénie toute forme d'intelligence et toute capacité d'organisation sociale. De la même manière, il s'oppose formellement aux zombies de ces dernières années, qui courent à toute vitesse (L'Armée des morts), grimpent aux murs (Day of the dead, le remake) ou sont même capables de léviter (Cellulaire, le roman de Stephen King). Les zombies vus par Max Brooks sont lents et incroyablement stupides. Ils tirent leur force avant tout de leur nombre et de leur degré élevé de contagiosité, ainsi que des râlements qu'ils émettent et peuvent s'avérer destructeurs psychologiquement pour qui se retrouve assiégé par toute une armée de ces redoutables prédateurs.

Considérant qu'à tout moment une épidémie de solanum peut survenir, à des degrés d'importance plus ou moins affirmés, l'auteur propose donc à tout un chacun de prendre connaissance des différentes options à prendre en compte si l'on souhaite être en mesure de parer à une telle catastrophe dans les meilleures conditions possibles. Il s'ensuit des chapitres très fouillés et très sérieux, faisant le détail de l'armement à posséder, du type de véhicule à privilégier, des particularités topographiques à éviter au cours de ses déplacements, etc. Certains de ces chapitres sont, disons-le, très chiants à lire, pour la bonne et simple raison qu'ils font preuve d'un sérieux déroutant ! Brooks n'élude aucun détail, prend en compte toutes les éventualités, bref choisit de traiter son postulat initial à fond, nous livrant, il faut bien le dire, un véritable guide de survie, et non une simple parodie...

Alors on finit par comprendre que l'on est en face d'un livre d'épouvante d'une forme tout à fait créatrice et originale, un roman-concept qui ne raconte pas une histoire mais apparaît comme un objet issu d'une histoire, un ouvrage qui aurait sa place dans un film de zombies mais se retrouve projeté dans le monde réel. Et ce procédé est d'une rare efficacité : privé de repères narratifs, décontenancé par le sérieux et le réalisme de l'entreprise, le cerveau peine à prendre ses distances avec le monde proposé par l'ouvrage et se retrouve immergé totalement dans cet univers où les zombies existent pour de vrai. Evidemment, à moins de souffrir d'une pathologie mentale lourde ou de faire preuve d'une naïveté sans commune mesure, la réalité reprend vite le pas sur l'illusion. Mais il n'en demeure pas moins que le résultat est tout à fait bluffant. On pourrait, je pense, comparer cet ouvrage à l'adaptation radiophonique que fit Orson Welles de La Guerre des mondes en 1938, une émission qui, on le sait, provoqua aux Etats-Unis de véritables vagues de panique chez certains auditeurs non-informés qui prirent ce pseudo-reportage pour argent comptant, trompés par le réalisme du ton et de la forme...

Si les chapitres les plus techniques sont assez ennuyeux, ils ont parfois le mérite d'être instructifs. Moi qui ne connais rien aux armes, j'ai appris par exemple que le M16 américain est tellement peu fiable que les Viet-Cong ne s'emmerdaient même pas à les récupérer sur les cadavres des soldats durant la guerre du Vietnam. Pour autant, l'ouvrage reprend des couleurs dés qu'il quitte le champ purement théorique pour imaginer des situations plus vivantes, mettant alors en scène des zombies et la façon dont il convient de se comporter vis-à-vis d'eux, que cela soit pour les fuir ou, au contraire, pour les affronter. On reste dans le domaine de la pure information, mais au moins on peut s'imaginer les images et se projeter dans ce monde infesté par le Solanum qu'envisage l'auteur, ce qui rend les choses nettement plus ludiques. L'auteur prétend également s'appuyer sur des documents ou des témoignages existants, ce qui là encore participe à faciliter la lecture. Son évocation d'une vidéo amatrice appelée « Document Lawson » est tellement troublante que je n'ai pas pu m'empêcher d'aller chercher sur Google si quelqu'un n'en avait pas depuis réalisé une en s'inspirant du bouquin. De toute évidence, j'étais loin d'être le premier à me poser la question...

Les dernières pages du livre sont consacrées à l'évocation de différents cas d'épidémies zombiesques au fil des temps, remontant aux origines de l'humanité pour se conclure sur les années 2000. Autant de petites nouvelles qui sont, une fois encore, narrées d'une manière totalement informelle et parfaitement dénuée de littérarité. Cependant, si ce florilège est de loin ce qui s'apparente le plus à du récit au sein de l'ouvrage, ce n'est finalement pas son passage le plus confondant. On marche moins. On se retrouve face aux limites de l'imagination même de l'auteur et l'on débusque aisément le caractère fictionnel des anecdotes qui nous sont relatées. Certaines de ces « histoires » pourraient cependant donner naissance à des films passionnants, comme ces hommes de la légion étrangère qui durent subir un siège de zombies durant trois longues années, reclus dans un fort isolé au sein du désert algérien... 

Tout fanatique des films de zombies, que l'ouvrage brocadre volontiers en dénonçant leur caractère trop hollywoodien et pas assez réaliste, se doit de lire ce livre. J'en suis convaincu. Mais au-delà de l'aspect horrifique de la chose, on ne manquera pas d'y voir une jolie petite satire de la société occidentale (en général) et américaine (en particulier), ainsi qu'une évocation de la paranoïa sociétale, conspirationniste ou non, qui se développe et prend des formes diverses et variées depuis le début du vingtième siècle, et redouble d'ardeur depuis les évènements du 11 septembre. Derrière cette peur du zombie, et la volonté des gouvernements de dissimuler leur existence, on retrouve en analogie les mythes du complot Juif ou maçonnique, de l'invasion extra-terrestre, de l'entrisme communiste, des virus fabriqués en laboratoire (le SIDA, le H1N1), de la manipulation politico-médiatique (négation des crimes nazis, remise en cause de la nature des attentats du World Trade Center) et bien d'autres encore, l'imagination humaine n'ayant pas de limites, quelle que soit l'idéologie qui en use...

C'est la vision du Grand Méchant Monde que fustige Brooks à travers cet ouvrage, et qu'il résume d'une formule sans appel : « Bien sûr, la paranoïa vous guette et vous croirez voir un zombie dans chaque bosquet, mais est-ce vraiment si problématique ? En l'occurrence, non. Vous croyez que le monde entier vous en veut ? Vous avez raison. »

Seul bémol d'importance concernant ce Guide de survie en territoire zombie : à de nombreuses reprises, le terme « goule » est utilisé comme synonyme de « zombie » ou de « mort-vivant ». J'ignore s'il s'agit d'une problème de traduction, mais il convient de rappeler que la goule, dont le nom provient d'un mot arabe signifiant « démon », désigne avant toute chose le vampire femelle. Certes, ce monstre est devenu dans l'imaginaire moderne ou dans la mythologie des films d'épouvante très variable dans ses formes et ses comportements, mais le ranger ainsi dans la catégorie des zombies n'en demeure pas moins parfaitement inapproprié, quoi qu'en disent les créateurs de Warcraft...

Sur ce, je vous laisse, et si vous appréciez les joies de la pêche sous-marine, prenez vos précautions : les fonds des mers et des océans sont probablement infestés de zombies qui ne demande pas mieux que d'avaler goulument quelques cuisses d'hommes-grenouille ! 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 21:48
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Mon premier article ayant subi les foudres d'un bug inattendu et de différentes erreurs de manipulation, me voici donc contraint de répéter tout ce que j'avais dit dedans. Ne m'en veuillez pas si je résume grossièrement, ce n'est jamais très agréable de radoter quand on n'a que trente-trois ans...

Ce livre est le premier ouvrage consacré à Lucio Fulci à sortir en France, du moins à ma connaissance. C'est assez étrange quand on sait le culte que vouent certains cinéphiles à ce réalisateur, un culte que je juge d'ailleurs très exagéré, même si jamais je n'irais nier les qualités ou le talent de monsieur Fulci. Il est sans aucun doute bien plus doué que ses congénères contemporains de l'époque (Umberto Lenzi, Bruno Mattei, Joe d'Amato et j'en passe) et a pondu des films réellement originaux qui en font un personnage inévitable quand on parle du cinéma d'épouvante des années 80. Pour autant, ses films sont très inégaux, valsant de plans de toute beauté à des effets stylistiques parfaitement navrants, et sa direction d'acteur laisse clairement à désirer. Quant à la musique qui accompagne ses films, bon... Fabio Frizzi à ses fanatiques, d'accord, mais je ne m'inclue pas dedans...

Fulci est resté dans les mémoires avant tout pour ses films extrèmes dans un traitement poétique et onirique du gore. Il n'en a pas fait tant que cela d'ailleurs : Frayeurs, L'Au-delà, La Maison près du cimetière et, dans un genre différent, L'Eventreur de New-York et Cat in the brain. Son Zombi 2 (en français, L'Enfer des zombies) ne manque pas de séquences sanglantes, mais ce n'est rien comparé au festival qu'offrent les cinq films que je viens de citer. En règle générale, les films de Fulci insistent volontiers sur la violence graphique, même quand il signe des oeuvres destinées à la jeunesse comme ses deux Croc-Blanc, ce qui est quelque peu paradoxal tout de même...

Je vais être franc avec vous : je n'ai pas vu tant de films de Fulci que cela. D'abord, même si je suis un amoureux de films d'horreur, je ne suis pas spécialement amateur du gore. J'ai ma petite sensibilité à préserver, figurez-vous, et je connais mes limites. Sans doute tenterai-je un jour, après une bonne préparation psychologique, de regarder sa trilogie morbide sus-nommée, mais je sais par avance que je ne risque pas de me frotter à L'Eventreur ou Cat in the brain. Visiblement, je ne perds pas grand-chose de toute manière...

De fait, lire un bouquin consacré à Fulci était d'autant plus intéressant. Et le livre n'est pas mal fait du tout. D'abord ce n'est pas une biographie, ce qui est très bien : l'oeuvre d'un artiste compte bien plus que sa vie, et si ce n'est pas le cas, alors c'est que l'oeuvre en question ne vaut pas grand chose... Il s'agit en fait d'un ouvrage collectif collectant différents textes de nature plutôt analytiques ou anthologiques. Certains se répètent (sans que cela soit dommageable) ou se contredisent, mais c'est le jeu d'une oeuvre collective, et c'est plutôt positif : la critique cinématographique n'étant pas une science exacte, il aurait été ridicule d'adopter une posture unique autour de laquelle chaque rédacteur aurait dû se soumettre.

Le reproche que je pourrais adresser à ce livre est la suivante : il est, à l'image des films de Fulci, très inégal. Certains chapitres sont captivants (celui consacré aux westerns de Fulci, par exemple) quand d'autres, sans être insipides ou inutiles, se lisent sans grande conviction (l'étude de l'érotisme dans l'oeuvre du réalisateur, toujours par exemple)...

La (longue) étude historique des comédies de Fulci est également assez déroutante. Elle vaut surtout par le fait qu'elle nous permet de découvrir quelques grands noms de comiques italiens inconnus en France (Toto, Franco et Ciccio) mais autrement elle n'a rien de fascinant. De toute évidence, ces comédies avec lesquelles Fulci a mis le pied dans le cinéma n'avaient rien de bien personnelles, ni de représentatives du réalisateur qu'il allait devenir avec le temps.

Quant au choix des films analysés, il laisse un peu perplexe. Alors que le bouquin fait l'impasse, de manière surprenante, sur Zombi 2, le film qui lança la carrière de Fulci dans le monde de l'épouvante et sur lequel il y a beaucoup de choses à dire, il consacre en revanche des chapitres à des oeuvres aussi anodines que Perversion Story ou On a demandé la main de ma soeur... Des films qui, en prime, sont absolument introuvables en France. La nécessité de livrer des analyses approfondies d'oeuvres que l'on n'aura peut-être jamais l'occasion de voir et qui relèvent plus de l'anecdote qu'autre chose me semble contestable...

Et que dire de ce chapitre de plusieurs pages consacré à Zombi 3, uniquement pour rappeler que ce film a bien plus été réalisé par Mattei que par Fulci, et qu'il est certainement le plus volumineux ratage à apparaître dans sa filmographie ? A côté de cela, Les Quatre de l'apocalypse ne bénéficient eux que de quelques mentions éparpillées de ci de là...

En revanche, la critique analytique de La longue nuit de l'exorcisme est passionnante et fait vraiment regretter que le film n'ait pas encore été édité pour la France. Espérons que Neo Publishing se chargera un jour de réparer cette lacune... Quant aux textes consacrés à Beatrice Cenci, Frayeurs ou L'Au-delà, ils sont honnêtes sans être mirobolants. Cela dit, je ne fais que livrer une opinion de lecteur. Je ne prétends pas que j'aurais fait mieux...

Donc voilà : un ouvrage très intéressant par moment, un peu laborieux quelquefois, mais jamais emmerdant. Selon les sujets traités, selon aussi la plume de tel ou tel rédacteur, on voit son attention naviguer entre concentration et relâchement, mais on n'a jamais envie de laisser tomber le bouquin par lassitude ou agacement. Ce n'est pas toujours le cas de ce genre de livres, il est donc bon de le signaler !

L'environnement graphique de l'ensemble est assez réussi. Deux reproches : certaines introductions de chapitre, incrustées directement dans l'illustration, sont un peu pénibles à lire. Et on peut s'étonner du choix des photographies extraites des films, terriblement sage comparé à la nature de la plupart des films dont il est question. Quasiment aucune image gore dans un livre consacré à Fulci, il fallait le faire !

Il y a de tout là-dedans, à boire et à manger, mais au final on apprend beaucoup de choses et l'on approche de plus près la nature d'un Fulci pessimiste et misanthrope, n'aimant guère la vie et imprégnant son cinéma de ses obsessions toutes personnelles, qui lui donne ce cachet si singulier et si créatif. L'homme oscillait entre le médiocre et le génie, rien d'étonnant à ce que ses films fassent de même...

Ça vient de sortir, ce n'est pas donné (vingt euros) mais c'est assez bien fichu, pas trop bourré de fautes d'orthographe et plutôt bien présenté. Et c'est l'occasion de découvrir cette belle collection qu'est Cinexploitation. Quel dommage d'ailleurs d'apprendre sur le site de l'éditeur que la sortie de l'ouvrage qu'elle devait consacrer à Roger Corman est reporté à une date indéfinie...

Sur ce, je vous laisse, et si vous croyez déjà avoir vomi tripes et boyaux, regardez Frayeurs et vous saurez alors ce que cette expression signifie réellement !
 

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