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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 18:14

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Le docteur Henry West et son équipe de chercheurs de l'Institut Atticus sont les protagonistes de ce documenteur racontant la manière dont ils ont travaillé dans les années 70 sur l'étude des cas de télékinésie, télépathie et autres phénomènes ayant trait aux pouvoirs psychiques humains, et comment leurs vies ont basculé en faisant la rencontre de Judith Winstead, un cas tellement doué qu'il s'avèrera bien vite qu'elle est en réalité possédée par un démon dont l'armée tentera de prendre le contrôle. Et pendant ce temps, il y en a qui s'habillait comme des clochards et fumait des pétards dans les rues de San Francisco. C'est ça aussi, le choc des civilisations.

 

Documenteur, ça veut dire quoi ? Ça veut dire faux documentaire, autrement dit, je vous le donne dans le mille : found footage. The Atticus Institute se veut la reconstitution de la vie du labo secret et de son leader Henry West à travers des témoignages et des images d'archive, issues de caméras de surveillance ou de captations vidéos réalisées par l'équipe elle-même. On aura même droit à des prises audios, et même vidéo, des séances du docteur Henry West chez son psy. Parce que dans les films d'horreur, on emmerde le secret médical.

 

Évidemment, ça fait un peu bizarre de voir le film nous sortir une chiée de documents et s'autoriser, de temps en temps, à faire dire à ses personnages qu'ils ne sont pas en mesure de donner certaines informations. Le secret-défense, en général, c'est un peu plus cloisonné que ça. Et l'armée vous donne rarement le code de la bombe tout en refusant de vous dire combien elle pèse.

 

Ce n'est pas la seule incohérence que propose The Atticus Institute. On ne peut s'empêcher de s'amuser en voyant l'armée se battre corps et âme avec un cas désespéré. Moins leur sujette possédée répond favorablement aux tests, plus ils insistent. Pas besoin d'avoir fait West Point pour se rendre compte qu'il est parfaitement contre-productif d'essayer de mater le démon qui la possède. Mais eux sont convaincus qu'ils vont finir par y arriver, quand bien même leurs troupes devront toutes y passer les unes après les autres. Je veux bien que la foi soulève des montagnes, mais là...

 

À part ces subtilités de scénario un peu bancaux tout de même (et je sais qu'on dit bancals et pas bancaux mais je fais ce que je veux parce que c'est mon blog à moi tout seul), Le Projet Atticus se distingue par son manque cruel d'originalité. Les mêmes effets, les mêmes ressorts dramatiques, le même dénouement que d'habtiude. Ce n'est pas que c'est mauvais, c'est même plutôt efficace, mais ça n'apporte franchement pas grand chose de nouveau. Le film est intéressant à la rigueur lorsqu'il prend le temps de s'installer, lorsqu'il s'attarde sur un premier cas de supercherie, mais tout s'accélère ensuite vitesse grand V et la fin vous prend presque de court. Si encore nous étions dans les années 90, j'aurais émis l'hypothèse que le réalisateur n'avait plus de bobines, mais là c'est du numérique...

 

Donc ça se regarde. Oui, vraiment, ce n'est pas désagréable, ça se visionne en bouffant un paquet de chips tout en assumant plus ou moins la culpabilité de faire une entorse à son régime, mais au final on n'en retire que quelques images sympathiques – le film est objectivement bien fichu esthétiquement – et le sentiment d'avoir déjà vu ça mille fois depuis Paranormal Activity.

 

Sur ce je vous laisse, alors inutile de monter sur vos grands chevals.

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 16:31

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Amelia est veuve. Son mari est mort dans un accident de voiture alors qu'il l'emmenait à la clinique pour qu'elle accouche. L'anniversaire de l'enfant d'Amelia est donc le même que celui de la mort de son mari. Sept ans plus tard, l'enfant en question est un garçon à moitié psychopathe qui se fait renvoyer de l'école tous les jeudis. La belle famille d'Amelia les déteste tous les deux. Amelia travaille comme infirmière dans un hospice pour les vieux. Elle est sexuellement frustrée. Sa voisine a la maladie de Parkinson. Et quand un monstre décide de venir les tourmenter elle et son fils, Amelia se sent en droit de considérer qu'elle a vraiment une vie de merde.


Babadook a été écrit et réalisé par une femme, et c'est encore suffisamment rare pour être signalé. C'est d'ailleurs loin d'être anecdotique : je ne sais pas si un homme aurait osé parler de la maternité sous un angle aussi violent, repoussant les tabous et les limites jusqu'à laisser flotter dans l'air un étrange parfum équivoque de pulsions sexuelles incestueuses d'une mère envers son petit garçon. Rien d'explicite non plus, mais c'est tout de même assez gros, à moins que cela ne vienne de mon cerveau terriblement malade.

 

Une chose est certaine : le lien établi entre sexualité et possession est évident. Est-ce la raison pour laquelle cette dernière est filmée d'une manière aussi chirurgicale, aussi crue et nue ? Probablement. On pense forcément à L'Emprise et ses scènes de viol, où là encore le phénomène de hantise était relaté et dépeint d'une façon profondément « réaliste », pour peu que le mot ait un sens dans ce contexte particulier.

 

Ici, la montée en puissance est sensible, tangible même, et le film s'amuse à renverser quelques codes. Alors que l'on pensait voir venir la menace du petit garçon, c'est finalement la mère qui se déshumanise jusqu'à la plus paroxystique des violences. Absolument terrifiante, campée par une actrice remarquable, elle passe d'un personnage dépressif façon Lars Von Trier à une espèce de Jack Torrance au féminin, les pitreries de Nicholson en moins. Obscure figurante de téléfilm, Essie Davis livre ici une prestation à faire tomber les murs, au sens propre du terme. Elle explose littéralement l'écran. 

 

C'est moins le cas du gamin qui n'est pas toujours des plus convaincants, mais qui a une tête et des expressions faciales tellement improbables qu'il se fond dans son rôle sans aucune difficulté. On aboutit ainsi à un duo où la tension se maintient de bout en bout, au service d'une ambiance captivante et franchement malsaine qui force l'admiration.

 

Il faut d'ailleurs bien reconnaître qu'en-dehors de ces éminentes qualités, The Babadook n'est pas le film le plus original de sa décennie. Son personnage de croque-mitaine façon Baron Samedi fait plutôt redite, et on ne nous épargnera pas les poncifs du genre que sont les invasions de cafards, les vomissures de sang noir ou le lit qui valdingue comme dans L'Exorciste, assorti d'une explicite citation pour bien faire. On est dans la droite ligne des productions de ces dernières années, trademark Oren Peli et James Wan, qui ont salutairement sonné le glas de la mode des torture-porn, ce en quoi je ne les remercierai jamais assez.

 

Mais The Badabook tire merveilleusement bien son épingle du jeu. Bien moins grand-guignol qu'un Sinister, par exemple, il sait tenir son propos du début jusqu'à la fin sans vulgarité et réserve même un dénouement clairement inattendu, qui fera le bonheur des psychanalystes nostalgiques d'Hitchcock. Un environnement sonore impeccable, d'une efficacité redoutable, finit de donner au film son cachet singulier. Ajoutons à cela un bel hommage rendu à Méliès, enfin clairement présenté comme un créateur de films d'épouvante, et mon coeur ne pouvait que chavirer.

 

Vraiment, The Badabook est une très belle découverte, que je recommande avec les pieds, les mains, les genoux et les gencives, mais pas les oreilles parce que je garde tout de même quelques réserves. Quiconque a envie de voir une bonne femme tordre le cou à un chien avant de s'arracher une dent à mains nues doit voir ce film. Les autres ont le droit aussi. C'était juste pour dire.


Sur ce, je vous laisse.

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 23:09

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Un groupe de riches pétasses et de riches péteux se retrouve dans une immense propriété isolée d'Écosse pour s'y souler au whisky douze ans d'âge et se faire trucider par le fantôme d'un indépendantiste du dix-huitième siècle. La prochaine fois, ils iront à Ibiza, comme tout le monde.

 

L'argument premier du film, c'est que Paris Hilton joue dedans. Enfin, « jouer » est un grand mot, mais disons que son nom apparaît au générique, et qu'on la voit en effet essayer de débiter ses répliques et dandiner du cul devant la caméra. Pour être franc avec vous, si je connaissais le nom et la renommée de Paris Hilton, je n'avais aucune idée de ce à quoi elle pouvait bien ressembler. Je m'attendais tout de même à une jolie nana, façon blondasse californienne de base, mais pas à cette tronche de chaussette fripée avec des seins comme des oeufs au plat qui n'a que son pognon et son bronzage aux UV à faire valoir. Oui je sais, je suis d'accord, attaquer le physique ça ne se fait pas, surtout venant d'un type qui n'a pas de quoi faire le fier avec son gros bide et ses malformations génitales tenues secrètes, mais dans la mesure où le seul talent que l'on trouve à Paris Hilton repose dans son physique, la moindre des choses serait qu'elle soit un tantinet à la hauteur de sa réputation.

 

Pour le reste ? Disons que Nine Lives est effectivement un massacre, dans tous les sens du terme. Pour être clair, c'est l'un des plus mauvais films qui m'ait été donné de voir ces dernières années. Les acteurs sont TOUS mauvais, sans aucune exception d'aucune sorte : incapables de donner à leurs visages plus de deux expressions différentes, ils naviguent dans leur médiocrité en y mettant du coeur, ce qui est presque pire que tout. À leur décharge, ils ne devaient pas jouir d'une direction d'acteur phénoménale, si l'on en juge par la qualité générale de la réalisation qui ne parvient même pas à articuler des clichés éculés du slasher de façon correcte.


Mais surtout, c'est le scénario et les dialogues de ce film qui lui confèrent sa nullité désastreuse. Si le film durait une demi-heure de moins, je vous le recommanderais juste pour les crises de fou rire qu'il a provoqué en moi. Voir des types courir après un téléphone qui marche, en trouver un, le faire tomber sous le lit, soulever le lit pour le récupérer et finalement laisser retomber maladroitement le pied du lit dessus pour le détruire en petits morceaux, c'est à la fois epic et priceless. Voir des gonzes courir un petit trot tranquille quand ils entendent leur copine hurler à la mort à l'autre bout du couloir, c'est magnifique. Observer les conclusions totalement irrationnelles que les personnages passent leur temps à élaborer, sorties de nulle part et ne tenant sur aucun raisonnement valide, c'est déroutant. Entendre les dialogues creux, vides, inutiles, uniquement placés là pour bouffer quelques minutes et assurer au film une longueur suffisante, c'est hilarant. Nine Lives est une sorte d'hybride entre Shining et un épisode de Derrick

 

Mais il est trop long et finit par devenir agaçant. Je vous dirais volontiers qu'il est prévisible mais ce n'est même pas le cas : pour être prévisible, encore faut-il qu'on ait envie de prévoir quelque chose. Là, non. On est juste dans le désintérêt le plus total. On s'en fout que machin meurt ou que machine survive. On ne rentre jamais dans l'histoire. On regarde ça comme un documentaire sur l'histoire de la stupidité dans le cinéma d'épouvante des années 2000. À ce titre, il faudrait inclure les commentaires du réalisateur dans le dvd. C'est peut-être la seule chose qui pourrait le rendre intéressant.

 

Sur ce, je vous laisse. Mort aux riches !

 

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 01:33

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Alors qu'il se livre à des expériences photographiques et pré-cinématographiques, un aristocrate éclairé de la société anglaise du dix-neuvième siècle parvient à identifier « l'Asphyx », l'esprit de la mort qui survient au moment où l'on passe de vie à trépas, et invente par la même occasion un moyen d'emprisonner cet Asphyx et de devenir ainsi immortel.

 

Précursur de Ghostbusters autant que de L'Expérience interdite, The Asphyx est pourtant un pur produit de la tradition du cinéma d'épouvante britannique. Ce n'est pas une production Hammer mais cela pourrait en être une, avec son cadre délicieusement chatelain, son atmosphère gothico-baroque et ses personnages en proie aux pires affres de la souffrance ou de la folie. Pas le genre des Anglais de faire dans la touriste écervelée qui tombe sur un mangeur de foetus ou la cheerleader délurée qui se fait découper par son cousin trisomique. On n'est pas au pays de Shakespeare et de Byron pour rien.

 

De fait, le spectateur habitué ne sera pas forcément subjugué par l'ambiance « malsaine » (je cite le dvd) de ce film « singulier » (je cite encore) qui jouit d'une « réputation culte » (cito cito derechef). C'est quoi, au fait, une « réputation culte » ? Ça veut dire que le film est moins connu que sa réputation ? — Bref, j'arrête de digresser et j'en viens donc au point central de ma critique, qui peut se résumer en quelques mots : c'est pas mal, ça se défend, mais ce n'est pas non plus le film du siècle, ni le record Guiness Book de l'année pour l'originalité. 

 

Malgré un argument initial quelque peu naïf, et un esprit de la mort qui fait un peu pitié quand il hurle comme un cochon qu'on égorge en Irak, le film s'articule sur  un personnage principal plutôt intéressant et une petite réflexion sur la question de l'immortalité qui trouve surtout son achèvement dans les dernières secondes du film, par ailleurs très réussies. On lui pardonnera du coup son côté cheap qu'il a bien du mal à dissimuler, la prestation parfois moyennes de quelques uns de ses acteurs, ainsi que ses légères incohérences inhérentes au genre : rien de catastrophique, et ça en vaut tout de même la peine.

 

À défaut de tomber de leur chaise de surprise, les amateurs du genre sauront donc certainement trouver leur plaisir avec cette réalisation, à condition de ne pas être en quète d'un truc qui explose de partout et rebondit contre chaque mur en lançant des poignards. Là, on est dans la tradition lente, façon Cronenberg première période avec l'accent british.

 

Sur ce, je vous laisse !

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 22:01

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Jill est une bombe et une peintre, et son petit copain choisit de combiner ces deux éléments pour se lancer dans la réalisation d'un film qui va rapidement prendre des allures de sex-tape, jusqu'à ce que la visite impromptue d'un hôpital désaffecté vienne considérablement changer la donne et quelque peu refroidir l'atmosphère.

 

Donc, Sxtape est encore un film en found-footage, ou caméra subjective si vous préférez, en tout cas moi je préfère. Chacun pourra constater en regardant l'affiche du film que les producteurs courent après Paranormal Activity avec autant de passion que moi après le bus quand il est question de rentrer à la maison après une journée de boulot de merde. Mais honnêtement, quel film en found-footage ne court pas après Paranormal Activity ? Ceux qui répondront [REC], Diary of the dead ou Cloverfield seront privés de dessert.

 

En réalité, en nous promenant dans chaque recoin évidemment sombre et effrayant d'un vieil hôpital abandonné, Sxtape fait surtout penser à Grave Encounters. L'ennui, c'est qu'on se lasse vite de cette ambiance de couloirs devenue tellement banale, de ces apparitions subites et cauchemardesques qui bondissent devant la caméra, des cris qui retentissent au loin et de l'image de la caméra qui va dans tous les sens parce que le con qui est derrière n'envisagera jamais de l'arrêter, même s'il est question de sauver la vie de sa bien-aimée. Sxtape remplit son cachier des charges en matière de glauque et de morbide, mais il n'apporte rien d'original à se mettre sous la dent. Sauf peut-être dans sa toute dernière scène, mais là c'est juste pour le plaisir du calembour, vous comprendrez si vous la voyez. Et encore, même ça, Porn of the dead l'a déjà fait avant.

 

Le seul petit truc qui peut différencer Sxtape de ses nombreux congénères, c'est qu'il est plus cochon que la moyenne. Ses vingt premières minutes nous offrent l'opportunité d'apprécier le caractère déluré autant que la charmante plastique ou le vocabulaire fleuri de l'héroïne, par ailleurs servie par une actrice qui soigne fort bien sa partition et se révèle très talentueuse au milieu d'un casting plutôt médiocre. Mais si le cul fait vendre, il ne suffit pas à faire un bon film. Et l'on aurait cru pouvoir espérer que le réalisateur de l'excellent Candyman en aurait conscience.

 

Ni mauvais, ni bon, juste relativement insipide et peu enclin à surprendre l'habitué du genre, Sxtape joue sur un registre un peu pute pour maintenir son auditoire attentif, ce qui s'avère un pari risqué à l'heure d'Internet où les vraies sex-tapes, nettement plus explicites d'ailleurs, se trouvent un peu partout avec une déconcertante facilité. Ça se regarde quand on aime le genre, mais les néophytes auront tout intérêt à jeter un oeil du côté de Grave Encounters avant de se lancer dans celui-ci.


Sur ce, je vous laisse.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 21:38

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Jeune athlète douée mais renfermée sur elle-même, Marie doit reposer sa jambe après une méchante blessure et emménage provisoirement dans l'appartement de son nouveau petit ami, dans un immeuble cossu du quartier cossu de la rive gauche, où règne une atmosphère étrange sinon malsaine qui finit par donner à la jeune femme de violentes nausées, de sinistres cauchemars, et d'autres choses bien plus désagréables encore.

 

Primo, Left Bank est en flamand. Ça surprend. Deuxio, Left Bank est à part, et pas seulement parce qu'il est en flamand. On navigue avec ce film dans une atmosphère proche de certains Polanski, la comparaison est d'ailleurs fréquente, mais on pense également à des films comme Carnival of Souls ou L'Échelle de Jacob. Bref vous l'aurez compris – ou alors y a de quoi se flinguer –, Left Bank cultive l'étrange et le malaise.

 

En laissant dériver son intrigue avec lenteur, en mêlant la banalité d'une vie au quotidien avec des délires oniriques et des situations douteuses ou des symptômes inquiétants, le tout reposant sur une caméra froide qui ne tombe jamais dans l'excès esthétisant, à la Cronenberg première période pour le coup, Left Bank maintient son spectateur dans le trouble et ne lui permet jamais de savoir où il veut en venir, quelle est son sens ou sa finalité.

 

On reste perplexe du début jusqu'à la fin et c'est très bien. Le film n'explicite pas plus qu'il n'est nécessaire, choisit de ne pas prendre son public pour un imbécile ni de tomber dans les grand-guignolades coutumières de son genre, et déplie sa poésie macabre en se refusant aux concessions d'usage. Sans parler de chef-d'oeuvre, on obtient en tout cas un film singulier, profondément intègre et très réussi, tant dans le fond que dans la forme.


Sur ce, je vous laisse. Zonder liefde, warme liefde, waait de wind, de stomme wind.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 19:01

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Heureux, très heureux, trop heureux sans doute, ce jeune couple avec ce gentil bébé dans la belle et grande maison qu'ils repeignent le sourire aux lèvres en s'extasiant sur leur bonheur qui n'en finit pas de les rendre heureux. Mais quand un fantôme apparaît sur le moniteur télé chargé de permettre la surveillance de bébé pendant son sommeil, le bonheur conjugal en prend un sacré coup dans les gencives.

 

Vous allez me dire que je suis chiant de ne pas être foutu de faire des résumés de films normaux, qu'il faut toujours que je cabotine et que j'en fasse des tonnes pour essayer sans succès d'être drôle, et je vous répondrai que vous avez raison mais que c'est ça qui fait mon charme. Sinon, à part ça, La Chambre du fils ?

Hé bien, malgré son format téléfilm où l'on sent que le réalisateur n'a pas les moyens d'aller jusqu'au bout de ce qu'il souhaitait faire, La Chambre du fils est une excellente réalisation, qui réserve ses moments de mystère, de poésie et de douce flippe. Alex de la Iglesia gère sa caméra de main de maître et dirige des acteurs convaincants.


Et si l'histoire n'est pas au top de l'originalité, avec un scénario contraint quelquefois d'opérer des raccourcis pour le moins bizarre, il n'en demeure pas moins servi par un angle d'approche intéressant qui tend à se renouveler et à partir dans des directions inattendues.


Donc voilà, si vous avez envie de regarder un bon film, La Chambre du fils est faite pour vous. Sinon, le Welcome to New-York de Ferrara devrait vous satisfaire.


Sur ce, je vous laisse.
 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 22:09

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Je vais vous dire : je suis un être veule. Il n'y a pas si longtemps, je me désespérais d'un vilaine fuite d'eau à mon plafond qui plongeait mon être tout entier dans des affres redoutables. Pendant ce temps, enfin quarante années plus tôt, la famille Perron se tapait un démon qui fait claquer les portes des armoires, ravage les photos de famille et tente de posséder à peu près tout ce qui respire sous son toit. Tout de suite, la fuite d'eau, on relativise... 

 

Nouvelle réalisation de James Wan, dont j'ai entendu dire qu'il allait laisser tomber le cinéma d'épouvante, The Conjuring est à l'image de la plupart des films produits par Oren Peli ces dernières années, sauf que ce n'est pas le cas de celui-ci et que c'est surprenant tant on retrouve la patte déjà classique du nouveau pape du film d'horreur. On aura donc droit à toutes les recettes habituelles : les poupées qui font peur, les petites filles qui parlent avec des amis imaginaires, les portes qui claquent, les oiseaux qui meurent, les fantômes, les possédées qui lévitent et le tout est évidemment inspiré d'une histoire vraie.

 

Bien sûr, d'aucuns penseront que ça commence à devenir lassant, cette vague de films basés sur le frisson démoniaque, mais personnellement je préfère mille fois cela à la mode des torture porn. D'autant que The Conjuring est un bon, un très bon James Wan. Si le film ne révolutionne pas le genre dans son propos, il n'en demeure pas moins très bien réalisé, très bien interprété aussi, extrèmement efficace et au final prenant du début à la fin. Il colle son ambiance sans faillir, maintient son propos avec brio et ne s'égare pas dans le grand-guignol pour finir.

 

On est finalement, pour rester dans le même registre, à mi-chemin entre Dead Silence, qui demeurait trop timide pour se révéler vraiment captivant, et Sinister, qui en rajoutait de telles louches dans le sordide que ça en devenait juste risible. En matière de maîtrise et d'équilibre du sujet, on est en somme beaucoup plus au niveau de Insidious, qui demeure à mes yeux, je le répète pour la centième fois, le chef-d'oeuvre incontestable de James Wan.  

 

The Conjuring est donc une réussite, avec de vrais moments de flippe intégrale et des minutes aussi de pure poésie macabre. Un bel esprit du cinéma d'épouvante des années soixante-dix, quand on ne craignait pas de mêler l'esthétique à l'angoisse. Il y a du Friedkin chez James Wan, peut-être même un peu trop diront certains, mais dans le registre du plagiat j'ai vu pire, et même bien pire, que dans ce film.

Sur ce, je vous laisse !

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 05:25

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Une mère de famille dont la fille souffre d'intenses et violents cauchemars découvre et fait la lecture d'un journal datant de deux siècles dans lequel est raconté dans le détail un cas de hantise tourmentant une jeune femme et de toute sa famille.

 

American Haunting est donc un film réalisé en found-footage... Ah non, pardon, pas celui-ci. Excusez-moi, à force on attrape des réflexes... American Haunting n'est donc PAS un film réalisé en found-footage, mais s'il avait été produit aux alentours de 2010 il l'aurait probablement été, et peu importe de savoir qu'on trouvait peu de caméras en bon état de fonctionnement dans l'Amérique profonde des années 1800.

 

Le film interroge au début : quelques minutes sur la jeune ado qui fait des cauchemars, une histoire de journal et de poupée retrouvés dans un grenier, une voix-off qui se met en place à la manière des pires téléfilms et nous voilà transposé deux siècles plus tôt, dans une histoire qui mélange fantômes, démons et sorcellerie. Le tout dans le contexte social de l'Amérique rurale d'alors, quand l'église faisait la loi (au sens littéral du terme) et qu'il était parfaitement naturel d'avoir des esclaves. Hélas, cet aspect historique n'est pas tant exploité que cela dans le film, mais il a le mérite d'exister.

 

Le film laisse perplexe ensuite : c'est plutôt bien réalisé sans pour autant révolutionner les canons esthétiques du genre, ça fait même plutôt dans le classieux banal, avec des effets déjà vus auparavant mais efficaces, une ambiance musicale réussie par moment, et quelques scènes ou quelques plans objectivement très beaux. Le scénario est assez habile, on en suspecte le dénouement sans qu'il soit atrocement prévisible, et le tout compte peu de temps morts. Les dialogues se débrouillent bien aussi, et les acteurs font leur travail tout à fait honnêtement. À part la conclusion générale qui laisse un petit peu perplexe, il n'y a rien à dire.

 

En fait, c'est un peu ça le souci : c'est un « bon » film en cela qu'il n'a rien de mauvais, mais ça ne laisse pas en fin de compte une impression fantastique. On reste devant sans aucun déplaisir, on en sort également sans regret. C'est un peu agaçant ces films qui font penser à des produits de grande consommation, aussi agréables que dispensables. Ça manque d'originalité, et même un petit peu d'âme.

 

Pour autant, je ne peux décemment pas le déconseiller, dans la forme comme dans une fond c'est un film réussi. Mais il ne suscitera pas l'enthousiasme des foules en délire...

Sur ce, je vous laisse.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 09:17

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Fasciné par le film Grave Encounters, dont il a découvert qu'il n'était pas une oeuvre de fiction mais un document bel et bien réel, un jeune étudiant en cinéma et critique occasionnel via sa chaîne Youtube se rend avec des amis dans l'ancien asile psychiatrique où le film a été tourné. Évidemment, une fois encore, le piège va se refermer sur ces jeunes imbéciles qui n'avaient qu'à rester chez eux.

 

Les suites, en général, ça craint. Il y a des exceptions, mais les statistiques sont formelles : soixante-dix pour cent des suites de films sont parfaitement inutiles, selon les calculs du Caligari Institut of Somewhere Else. Et je vous épargne les résultats de son étude sur les remakes, ça vous donnerait envie d'arrêter d'aimer le cinéma et de vous mettre au curling.

 

Concernant Grave Encounters 2, on était en droit de redouter le pire. Et le début du film rassure immédiatement : tout comme la suite de Blair Witch, la suite de Grave Encounters place son film sur un angle différent, et choisit de revenir directement sur l'oeuvre qui l'a inspirée. En se payant au passage la tête de tous les critiques de film auto-proclamés qui oeuvrent sur Internet, et dont je fais partie, merci j'avais remarqué.

 

Difficile d'ailleurs de ne pas rire de bon coeur devant ce personnage de cinéaste amateur qui critique à tout-va le reste du monde et proclame son ambition de transformer le visage du cinéma d'horreur, mais travaille en réalité sur un nanar ridicule flanqué d'un scénario minable et d'acteurs grotesques.

 

Mais la deuxième partie du film, elle, est moins convaincante. Pas mauvaise, même pas moins bonne que le premier Grave Encounters, juste pareille. On a l'impression de revoir à peu de choses près le même film, avec les mêmes caméras placées au même endroit, avec les mêmes effets spéciaux, et quelques ajouts scénaristiques qui ne changent franchement pas la face du monde.

Certains passages sont intéressants, de par la poésie macabre qui en ressort, et l'on reste devant le film du début jusqu'à la fin sans franchement s'ennuyer, mais cette sensation de revoir Grave Encounters demeure tout de même et c'est bien dommage. En prime, tout comme dans le premier, on se demande si le found-footage était vraiment aussi nécessaire que cela. Ça frustre.

Si vous avez aimé Grave Encounters, pourquoi ne pas regarder cette suite, bien entendu. Mais sans vous attendre à grand-chose de nouveau. Le film n'en demeure pas moins sympathique et n'a rien d'inutile, mais avec le début qu'il propose, on était en droit de s'attendre à quelque chose de nettement plus original.

Sur ce, je vous laisse.

 

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