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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 20:22

couv_silver-bullet.jpg

 

 

Un gamin en fauteuil roulant par trop couvé par ses parents se retrouve, ainsi que sa soeur qu'il embarque bien malgré elle dans l'aventure, confronté au loup-garou qui s'amuse à semer le trouble et l'effroi dans la petite ville où tout ce joli monde habite.

 

Je l'ai déjà dit je crois, je le redis parce que je n'ai aucune imagination : les bons films de loups-garous sont rares. De fait, on est souvent amené à se montrer moins critique qu'avec des films de zombies ou de vampires qui, eux, ne manquent pas de chefs-d'oeuvre et alimentent fréquemment la production générale du cinéma d'épouvante. Aussi, même si Peur bleue n'a rien d'un miracle, je dois admettre qu'à ma grande et heureuse surprise j'ai passé un très bon moment devant.

 

Ce n'est pas sans déplaisir que l'on tombe sur cette oeuvre typiquement « kinguienne », avec une certaine faculté à mener une intrigue parfaitement commune en lui donnant un je-ne-sais-quoi de différent, suffisant pour que cela marche, agrémenté d'un humour tout particulier et de personnages hauts-en-couleur. On s'amuse volontiers de voir un loup-garou opter pour une batte de base-ball afin de massacrer l'une de ses victimes, et l'on s'intéresse beaucoup à ce personnage principal, jeune garçon en fauteuil roulant, que ses parents surcouvent pour mieux supporter leur sentiment de culpabilité à son égard et que seuls, au sein de sa famille, son oncle alcoolique et sa grande soeur un peu jalouse prennent la peine de traiter comme un enfant normal.

 

Le scénario n'a rien d'exceptionnel et se révèle même rapidement prévisible, mais ces petits éléments dont je viens de donner quelques exemples font toute la différence, ainsi tout de même qu'une réalisation nerveuse, sinon violente, qui maintient son rythme et ne s'égare pas dans les fioritures. Les effets spéciaux sont également plutôt réussis.

 

Bref, un film parmi d'autres, c'est vrai, mais cela n'a rien d'infâmant et n'empêche pas Peur bleue de compter parmi les films que tout amateur de loup-garou trouvera intérêt à regarder !


Sur ce, je vous laisse.

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 23:48

american_werewolf_in_london_poster_02.jpg

 

Le hasard, l'occasion et un plat de spaghetti bolognaise auront voulu que je revoie An American werewolf in London presque trente ans jour pour jour après sa sortie sur les écrans français, et il n'y a rien à faire : ce film demeure pour moi la référence absolue en matière de films de loups-garous. Mais ce n'est pas bien difficile il est vrai, tant le lycanthrope sur pellicule semble ne savoir donner quasiment que des navets atterrants ou des séries Z sans grand intérêt.

 

Vous me direz : il y a Hurlements de Joe Dante, sorti la même année que le film de John Landis et qui compte également parmi les classiques. C'est vrai, d'accord. Mais Hurlements, moi qui suis un amoureux du cinéma de Dante, je le trouve atrocement dénué de rythme et incrédible au possible en prime. Alors vous me direz : il y a The Wolf man, le premier, celui de 1941 avec Claude Rains. D'accord, c'est vrai. Mais The Wolf man, je le trouve poseur et fatigant et n'ai que peu de sympathie à son égard. Alors vous me direz : tu nous casses les ouettes, et Ginger Snaps alors ? Bon, vrai, c'est d'accord. Ginger Snaps n'est pas mal dans le genre et renouvelle le truc. Mais ça ne vaut tout de même pas An American werewolf in London, soyons sérieux.

 

Landis signe un film qui joue sur la corde de l'humour sans jamais pouvoir s'identifier comme une comédie, capable de faire bondir et rire à quelques secondes d'intervalle, et mélangeant les pires clichés avec des créations d'une originalité sans pareille. Il y a une énergie folle qui s'échappe de ce film, celle d'un jeune réalisateur de trente ans qui s'amuse avec les codes sans se soucier des petites cases dévolues au cinéma de genre, et signe ainsi sans peut-être le vouloir un monument du film d'horreur, et au passage un véritable réservoir à scènes cultes. Entre les démons nazis de cauchemar, la transformation, l'épisode du métro, le film porno absurde, le dialogue entre morts-vivants, le carambolage monstre sur Piccadilly Circus et j'en oublie encore, il n'y a vraiment qu'à se baisser pour en ramasser.

 

Bref, faire un article sur An American werewolf in London revient à se lancer dans une traduction de la Bible : cela a été fait et refait depuis des lustres, et par des gens bien plus qualifiés ou talentueux que moi. Simplement, et cela valait le coup d'être signalé, je suis comme tout le monde et je l'adore. Le film. Pas la Bible. 

 

Sur ce, je vous laisse !

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 23:25

The-Wolfman-Poster-Wolf.jpg

 

 

Moi j'aime beaucoup le mythe du loup-garou, bien plus que celui du vampire finalement. Il y a quelque chose de tellement cruel dans cette dualité imposée à un être humain, condamné les nuits de pleine lune à devenir une bête sauvage et le reste du temps à vivre avec ce secret douloureux. C'est évidemment toute la complexité de l'esprit humain que l'on retrouve en filigrane derrière cette légende, à la façon du Docteur Jekyll et Mister Hyde de Livingston, mais c'est également la notion même d'humanité qui s'y remet en cause et l'on y retrouve toute la part d'animalité qui constitue nos êtres et nos âmes, ainsi que le suggérait déjà en leur temps la plupart des créatures hybrides évoquées dans les mythologies polythéistes. — L'homme-animal, parfois considéré comme un dieu dans certaines cultures, ne peut être au regard d'un monde judéo-chrétien qu'une abomination diabolique, et cela encore plus lorsqu'il s'agit d'un homme-loup. Après tout, le loup c'est l'incarnation d'une somme de peurs phénoménales dans l'univers médiéval, celui-là même qui a forgé une grande part de l'imaginaire européen. C'est l'animal qui hante les bois et sur la meute duquel il ne fait pas bon de tomber. C'est le décimeur des troupeaux. C'est celui qui mange les grands-mères et envisage ensuite de violer les petits chaperons rouges. C'est le chien rebelle, celui que l'on n'a pas su domestiquer aux temps premiers, le cousin maléfique, le Zantafio des canidés. C'est tout cela dans l'imagination humaine, le loup. Alors mélangez-le avec l'homme, qui dans son style est capable du pire, et vous obtenez certainement l'une des plus belles saloperies qui puisse se concevoir sur la planète. Il y a de quoi être fasciné.

 

Hélas, mille fois hélas, les films de loups-garous sont loin d'être dignes d'un mythe aussi raffiné. Outre un certain nombre de séries B ou Z sans aucun intérêt, les classiques du genre eux-mêmes cassent rarement des barreaux de chaise, à l'exception notable de An American werewolf in London de John Landis qui se range sans discussion dans la catégorie des chefs-d'oeuvre. Mais je n'ai par exemple jamais été fanatique du Hurlements de Joe Dante, un réalisateur qui compte pourtant parmi mes préférés mais qui, en l'occurrence, signe un film quelque peu embrouillé et manquant singulièrement de rythme. Le Wolf de Mike Nichols est encore plus décevant : la prestation de Nicholson n'est guère convaincante et l'intrigue même du film est par trop faible et convenue pour captiver l'attention. Quant au Wolf man de 1941, dont cette réalisation de 2010 prétend être un remake, il ne m'a également jamais vraiment convaincu...

 

Aussi me suis-je lancé dans Wolfman avec une certaine appréhension. Etait-elle justifiée ? La réponse est oui. Joe Johnston a voulu signer un film gothique et brumeux, façon Dracula de Coppola ou Sleepy Hollow de Burton, qui se passe naturellement dans l'Angleterre de la fin du dix-neuvième siècle. Un film comme Twilight a récemment démontré que l'on pouvait tout à fait réaliser des films gothiques et brumeux se déroulant au vingt-et-unième siècle mais peu importe, ça a tellement plus de cachet quand cela se passe en ces temps reculés où l'on pratiquait encore les châtiments corporels dans les écoles et où le peuple britannique n'avait jamais entendu parler des Sex Pistols. Ça permet également de mélanger un peu tout, au petit bonheur la chance. Ainsi, on prend soin de nous signaler que le policier de Scotland Yard qui vient enquêter sur les meurtres commis par le monstre poilu est également celui qui enquêta sur les crimes de Jack L'Eventreur. Ça donne du cachet sans manger de pain. Enfin, c'est du moins ce que c'est censé faire...

 

Il est là, le souci : c'est beaucoup d'esbrouffe. Bien sûr, ça en jette de filmer toute une histoire dans cette éternelle ambiance de crépuscule, comme si l'on était dans un coin du monde où il ne fait simplement jamais soleil, mais faut pas déconner, même en Angleterre de temps en temps il arrive qu'il fasse jour, ou alors il n'y aurait simplement pas de végétation. Cette atmosphère flottante, avec son lot de personnages baignant dans le mystère, qui parlent lentement et toujours par sous-entendus comme s'il y avait des micros plantés dans les pots de fleurs, tout cela ça va bien une demi-heure mais au-delà, quand l'intrigue ne colle pas, ça devient foutrement soporifique !

 

Qu'est-ce que c'est que ce type qui tombe amoureux en l'espace de deux jours de la fiancée de son frère retrouvé déchiqueté il n'y a pas une semaine ? Ils ne sont pas dit plus de trois mots, elle ressemble à une tuberculeuse sous vallium, il est un comédien célèbre que toutes les jolies actrices londoniennes courtisent, mais voilà il s'en pâme subitement d'amour au point d'aller chasser le loup-garou dés que la nuit s'annonce. Et elle même ne manquera pas de lui rendre la pareille et de risquer sa vie pour lui venir en aide, entraînée dans une sorte de lubie pas possible. Je suis désolé, les histoires d'amour ça existe, les coups de foudre aussi, mais là ça nous est servi avec une telle désinvolture que ce n'est tout simplement pas crédible. On dirait que c'est torché façon : « bon c'est comme ça, faut une histoire d'amour alors faites avec celle-ci, c'est aussi bon qu'autre chose... » On admirera par ailleurs la magnifique scène de séduction où le héros enlace l'héroïne pour lui montrer comment faire des ricochets. C'est probablement le passage du film où l'inadéquation entre la forme et le fond s'avère la plus criarde...

 

Et puis bon, le personnage du père qu'on voit venir gros comme une maison, le camp tzigane qui déborde tellement de clichés qu'Hortefeux n'oserait pas le reconduire à la frontière de peur de passer pour un clown, cet asile psychiatrique avec ses infirmiers sadiques qui torturent littéralement les patients sous les conseils d'un médecin-chef abruti au fort accent autrichien, et ce semblant de réflexion avorté sur la multiplicité des personnalités mis en relation avec le travail du comédien qui endosse au cours de sa vie tant d'existences qui ne sont pas les siennes... Non vraiment ça ne tient pas la route. Le même scénario et les mêmes dialogues assumés par une réalisation conventionnelle révéleraient leur profonde vanité en moins de dix minutes. Là, il en faut trente. Mais la différence s'arrête là. 

 

Je suis sévère et ça m'énerve, je n'étais pas parti pour être aussi critique. Je m'apprêtais juste à dire que je n'avais pas plus aimé que cela et puis basta, mais à mesure que les mots me viennent les idées s'affinent, tout ce qui m'a déplu devient clair dans ma tête et la frustration prend le dessus. Je ne prends cependant pas spécialement de plaisir à dire du mal des films. J'aimerais même trouver quelques qualités à allouer à celui-ci, mais bon :

 

Est-il prenant ? Pas vraiment, j'ai failli m'endormir devant à un moment, et il est vraiment longuet vers la fin. — Est-ce que la musique est bien ? Pas vraiment, elle est surtout très banale et au bout d'un moment on ne l'entend même plus, comme du easy listening en quelque sorte. — Les acteurs sont-ils bons ? Ils ne sont pas mauvais, ils font même correctement leur travail, mais le meilleur acteur du monde ne saurait transformer l'eau plate en vin pétillant. — Est-ce qu'on y voit des jolies nanas ? Mouais, quelques unes mais pas des masses. En même temps c'est normal, ça se passe en Angleterre... — Est-ce que les effets spéciaux sont valables ? Plus ou moins. La scène traditionnelle de transformation n'a rien de révolutionnaire, mais les quelques effets gores qui émaillent le film ont le mérite de surprendre par leur crudité. C'est peu, mais après tout on va dire que c'est déjà ça. En revanche, les hommes-loups sont assez pitoyables. On a plus l'impression de voir un jamaïcain nanti d'une pilosité excessive et d'un caractère de cochon qu'un véritable loup-garou...

 

Non vraiment, ce n'est pas pour faire dans le mauvais esprit mais Wolfman ne m'a décidément pas convaincu. Il faudrait que je précise, pour être parfaitement honnête, que je ne suis généralement pas un grand amateur de ce genre de films crépusculaires. Mais je sais leur trouver des qualités quand ils en ont et ne refuse pas d'y voir de la profondeur quand ils savent en faire preuve. Là, en l'occurrence, on est juste à mon sens en face d'un film prétentieux.

 

Sur ce je vous laisse, et si vous vous demandez pourquoi je donne l'impression de me sentir coupable quand je livre une critique négative d'un film,sachez que c'est parce que je suis un gentil garçon, sensible et tout et tout, et que je n'aime pas casser ainsi le travail de gens qui ne m'ont rien fait de mal. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il m'apparut un jour inutile de tenter de faire carrière dans le monde de la presse.

 

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