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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 09:13

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Recherchés par les autorités autrichiennes, Maria et Rudolph Frankenstein ont élu domicile dans le sud des États-Unis, où le climat orageux convient parfaitement aux expérimentations de la scientifique qui a décidé, au grand dam de son frère, de perpétuer l'oeuvre de son grand-père. Tandis qu'elle espère trouver un sujet grand et fort afin de le transformer en créature vouée à satisfaire ses moindres désirs, elle croise la route du hors-la-loi Jesse James et de son compagnon Hank, une machine à muscles sur jambes.

 

Je vous résume tout cela grossièrement, mais bon en gros l'histoire repose à peu près là-dessus. Un mélange entre western et histoire de Frankenstein, avec un titre français plutôt trompeur. Je sais bien que Frankenstein ne désigne pas la créature, mais le docteur qui la crée. Cependant, il est assez fréquent que le nom Frankenstein, par abus et assimilation, soit utilisé pour caractériser la créature elle-même. Et je m'attendais donc sottement à un match fracassant entre une figure légendaire de l'Ouest et le « monstre » de Mary Shelley. Un beau nanar en perspective.

 

Au lieu de ça, on a juste droit à deux histoires qui finissent par se rejoindre : d'un côté, les expériences de madame Frankenstein, sorte de Marion-Maréchal Le Pen à l'autrichienne, ce qui n'est pas loin du pléonasme. Et de l'autre, les aventures de Jesse James et de son comparse Hank, qui joue à peu près aussi mal qu'il est bien foutu, ce qui n'est pas peu dire. Pas d'abominations, pas de chimères diaboliques, juste de la parlotte et un scénario qui se traîne dans un soporifisme aberrant, malgré toutes ses tentatives d'y incorporer des scènes d'action et des musiques hystériques.

 

Si le film fait sourire par moment – il suffit de voir la tronche du casque de Maria Frankenstein pour pouffer allègrement –, il est avant tout formidablement ennuyeux. Je me suis fait caguer devant ce truc comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps, et pourtant je partais sur un a-priori positif, espérant une vraie belle série Z à la Roger Corman. Mais c'est lent. Dieu que c'est lent. Et il ne se passe rien. Et quand il se passe quelque chose, on n'en a rien à foutre. Autant dire que, même dans l'espoir de rigoler, vous pouvez passer votre chemin : Jesse James contre Frankenstein n'est même pas un nanar, c'est juste un navet dénué de charme, et servi par une édition DVD dégueulasse. Normal, c'est du Bach.

 

Sur ce, je vous laisse.

  

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 02:36

godzilla-2014-poster.jpg

 

Vous avez aimé l'histoire de King Kong vs Godzilla ? Comment ils se sont battus, comment l'un des deux est (presque) mort ? Ça vous a plu, hein ? Vous en voulez encore ? Alors, voici l'histoire de Godzilla 2014 !

 

Parce que bon, moi, bêtement, je m'attendais à un Godzilla qui détruit tout sur son passage et manifeste à l'égard du monde entier un mépris souverain. Ce n'est pas que je sois un spécialiste de la série, je n'ai même pas encore vu le tout premier de 1954, mais dans mon idée il n'a jamais été question de présenter le gros lézard comme une sorte d'ami de la Terre. Ici, en l'occurrence, et sans trop en dire pour ne pas spoiler outrancièrement, c'est un peu beaucoup le cas, puisque Godzilla part en guerre contre un couple de mutos, parasites géants qui se nourrissent de radiations et ont toutes les qualités requises pour détruire la planète sans remuer les oreilles, comme dirait Desproges.

 

Évidemment, méchant ou pas, Godzila et ses ennemis ne manquent pas de semer derrière eux la désolation, un peu comme l'aviation israélienne quand elle confond une école de l'ONU avec un centre de commandement du Hamas. Le spectateur sera heureux d'assister à deux heures d'immeubles qui s'effondrent, d'avions qui s'abîment, de ponts et de voitures qui virevoltent, et autres cascades du même acabit qui nous manquent depuis que le 11 septembre est terminé. Film catastrophe s'il en est, cette édition 2014 de Godzilla remplit amplement son cahier des charges. On est même un petit peu dans la surenchère. À côté, des films très réussis et déjà bien pêchus comme Cloverfield ou The Host font penser à des Fassbinder...

 

Godzilla en fait un peu trop, tout simplement. Et nous fait aussi, encore une fois, le coup du héros solitaire qui parvient, presque à lui tout seul, à sauver l'humanité toute entière pendant que sa femme et son fils l'attendent quelque part, le coeur rongé d'angoisse. Comment ? Ça vous fait penser à 2012 ? Ça vous fait penser à World War Z ? C'est très probablement une coïncidence...

 

Je ne veux pas dire trop de mal non plus de ce film : son rythme soutenu maintient sans ennui le spectateur, et on ne peut pas lui enlever la qualité de sa réalisation ou de son environnement sonore. Certaines scènes sont même simplement magnifiques, à commencer naturellement par l'entrée dans San Francisco dévasté de parachutistes traversant un dense nuage de poussière, le tout sur le Requiem for Soprano de Ligeti, que les amoureux de 2001 L'Odyssée de l'Espace connaissent bien. Je cite celle-ci, elle est emblématique, mais ce n'est pas la seule. De vrais moments de poésie.

 

Pour autant, je ne peux m'empêcher de rester un peu perplexe devant le flou artistique au sein duquel nous maintient le scénario, auquel je ne suis pas certain d'avoir vraiment tout compris, ce qui est tout de même un comble pour un Godzilla. Il y a quelque chose d'un peu foiré dans l'exposition, et l'hisoire des mutants ou parasites ou je-ne-sais-quoi encore m'échappe légèrement. J'admets toutefois que l'heure tardive à laquelle j'ai regardé le film peut expliquer cette faiblesse passagère. Mais bon, je m'interroge vraiment sur la faculté de ce film à se raconter clairement. Que cela soit le bordel entre les immeubles qui s'effondrent façon Rampage 2014, soit. Mais pas quand trois blouses blanches devisent en prenant le thé. 


Bon, allez, je caricature et je fais du mauvais esprit, mais je n'ai pas détesté ce Godzilla. Il est meilleur que celui de 1998 (ce qui n'est pas difficile), il est plutôt beau, il offre des scènes franchement impressionnantes et s'appuie sur une réalisation solide. Ce n'est vraiment pas le film de l'année, et je ne peux m'empêcher d'être un peu déçu vu le tapage qui a été fait autour, mais c'est tout de même un bon film catastrophe qui peut s'apprécier tout seul, en famille ou entre amis. Pas dit cependant que j'en garde beaucoup de souvenirs d'ici un mois ou deux.


Sur ce, je vous laisse. Et quand j'évoque Rampage, je veux parler du jeu vidéo en borne d'arcade, pas du film, bande d'incultes vidéoludiques que je vous soupçonne d'être !

 

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 10:32

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D'un côté, deux drôles de bonshommes sont chargés par la société pharmaceutique pour laquelle ils travaillent d'aller chercher King Kong sur l'île où il est adulé par la population locale pour le ramener à Tokyo où il deviendra la mascotte publicitaire de l'entreprise. De l'autre, Godzilla se libère de l'iceberg radioactif dans lequel il était maintenu prisonnier et s'en prend violemment aux installations militaires américaines avant de nuire aux intérêts de la compagnie ferroviaire japonaise. Les deux monstres finissent pas se croiser, et ils ne s'aiment pas !

 

S'il y a quelque chose que l'on ne peut pas reprocher à ce film, c'est de ne pas vouloir en mettre plein les yeux de ses spectateurs. Entre la destruction d'un sous-marin nucléaire américain, les danses et chants frénétiques et sensuels d'une tribu sauvage, le combat sans retenue entre une pieuvre géante et King Kong, l'attaque d'une base américaine par Godzilla, suivie par celle d'un train dont on évacue à toute hâte les occupants, peu avant que King Kong ne grimpe en haut d'un immeuble en tenant dans sa main sa nouvelle égérie, sans oublier bien sûr les deux sessions du combat entre les deux créatures... Bon, bref, pas de temps mort dans King Kong vs Godzilla. On se croirait devant un Allemagne-Brésil.

 

Mais alors, que peut-on reprocher à ce film ? Ma foi, comme on peut s'y attendre, d'avoir aussi mal vieilli qu'un best-of de Michel Delpech. Depuis que j'ai vu Le Monde perdu (1925), la même question me revient toujours : est-ce que les gens avaient conscience alors que les effets spéciaux qu'ils voyaient étaient mal faits ? Même dans un contexte différent, même sans prendre en compte la fulgurante évolution des techniques graphiques, on se rend tout de même bien compte que l'on est face à deux figurines statiques qui mettent le feu à des modèles réduits filmés en gros plan, non ? Ou alors l'oeil y croyait parce que c'était simplement la première fois qu'il voyait cela. Je ne sais pas. Il doit exister une littérature là-dessus, j'irai me renseigner.

 

King Kong contre Godzilla est un formidable nanar qui a le mérite de parfaitement réussir la rencontre étonnante entre deux icônes du cinéma de monstres, tout en trouvant le moyen de rajouter d'autres scènes d'action tout aussi surréalistes, des personnages comiques (à commencer par une sorte de Groucho Marx version nippone) et une histoire d'amour. Difficile dès lors de choisir entre rester dubitatif et admiratif devant ce film, qui n'est objectivement pas bon mais que j'aurais détesté mourir sans l'avoir vu. Je précise que je parle ici de la version japonaise, la version américaine ayant rajouté des scènes et modifié considérablement le montage, visiblement pour donner au film une dimension auto-parodique. Je n'en vois personnellement pas l'intérêt.

 

Enfin, King Kong contre Godzilla a le mérite de nous rappeler que, même dans une production Z en couleurs moches du début des années 60, les japonaises restent les plus jolies femmes du monde.

 

Sur ce, je vous laisse !

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 20:33

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Organisé dans un cimetière abandonné et maudit, un combat télévisé de catch va voir s'affronter une vampire, une créature des marais, un zombie, le monstre de Frankenstein, un cyclope, une sorcière, une momie et un loup-garou.

 

A ce stade du texte, vous êtes en droit de penser : « WTF ? », mais promis je n'invente rien. Le film raconte vraiment ce que je viens de vous résumer. Et disons-le tout net, avec un postulat de départ aussi original, accompagné d'une introduction plutôt savoureuse, ça aurait vraiment pu donner quelque chose de bien. Un film délirant, dans la veine du nawak indescriptible, façon Rocky Horror à la sauce catch, bref un beau bordel hardcore violent et hilarant devant lequel faire des bonds en se tapant les genoux.

 

Au lieu de cela, mille fois hélas, le film se plante totalement. Au bout de vingt minutes, son humour devient lourdingue et son scénario lui-même ne tient pas les promesses qu'il annonçait. Les combats n'ont que peu de saveur, les commentaires n'en ont pas du tout, et l'on voit s'en aller tel ou tel monstre sans comprendre ne serait-ce que la logique du tournoi, dans lequel certaines créatures se battent sans aucun but précis puisqu'elles n'appartiennent pas à la catégorie leur permettant d'aller en finale. Quel intérêt, alors ? Et pourquoi le cyclope est-il dans la catégorie des poids plumes quand le zombie fait partie de la catégorie des poids-lourds ?

 

Oui, bon, je sais ce que vous allez me dire : chercher de la logique dans un film pareil, c'est idiot. Mais je ne suis pas d'accord. Le film décide de poser une logique, il s'inscrit dans un monde différent, il fixe des règles, mais ces règles n'ont de sens qu'à moitié, elles ne marchent pas, elles sont inopérantes, et c'est juste maladroit.

 

A la rigueur, si le déroulé de l'action et les quelques petits rebondissements avaient valu le coup, on aurait pu pardonner ce ratage, mais ce n'est pas le cas. Plus on progresse, plus on soupire et s'assoupit devant Monster Brawl. Les pitreries des uns et des autres ne parviennent plus à faire sourire, le délire s'évente. C'est un peu comme Mon curé chez les nudistes : on s'attend à une merveille de connerie et de mauvais goût, on aboutit à un machin relativement convenu. Et dans un cas comme dans l'autre, ça manque trop de nichons pour faire passer la pilule.

 

Un petit mot concernant la fin : on dirait qu'elle a été choisie aléatoirement. Vraiment. J'aime les fins abruptes, les fins innatendues, mais c'est la première fois que je vois une fin pareille, qui donne l'impression que le film s'arrête à ce moment-là en raison d'une panne d'électricité, ou d'un coup de fil du banquier spécifiant que les conneries c'est terminé. La petite séquence prévisible après le générique n'arrange rien, elle est juste nulle. Et l'on sort de ce film en regrettant d'être passé à côté de quelque chose qui, vraiment, aurait pu être bien. C'est ce qui arrive quand des gens ont une idée qui dépasse leur talent : ils n'en font rien de valable, et déçoivent tout le monde.

 

Sur ce, je vous laisse. Et vous invite à compter le nombre de deux-points dans cet article : je crois que, sans le faire exprès, je viens de battre un record !

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 21:47

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Ray et sa petite famille partent pêcher sur un lac gelé. Deux gonzes un peu lourds les rejoignent ensuite. Puis un monstre les attaque et les mange.

 

C'était donc le résumé d'Hypothermia, un film comme vous en avez vu des dizaines auparavant, et comme j'en verrai encore des dizaines dans le futur, si ma santé et ma patience me le permettent. Celui-ci compte tout de même parmi ses qualités une réalisation qui offre deux ou trois petits moments intéressants, et une gestion de son environnement sonore plutôt remarquable pour une production de si basse exploitation.

 

En-dehors de ces points positifs, on est en face d'une oeuvre dont la platitude narrative le dispute à l'absence totale d'originalité, nantie d'une fin tellement grotesque qu'on se demande si c'est une blague. Mais la palme – sans mauvais jeu de mots – revient sans conteste au monstre qui hante les profondeurs du lac, et qui consiste en un bonhomme vêtu d'un costume SM auquel on a rajouté des espèces de branchies et une mâchoire menaçante. Je vous jure que je n'exagère pas.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 22:43

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New-York sous attaque, la Statue de la Liberté décapitée, un Godzilla façon 2000 qui envoie valdinguer les hélicoptères et chie des drôles d'insectes géants dont la morsure a des propriétés décapantes, et au milieu du chaos ambiant un petit groupe de jeunes gens qui tente de survivre et d'aller sauver l'une des leurs.

 

Cloverfield est tellement connu et tellement commenté que j'ai sérieusement hésité à en faire un article et puis bon, après tout, tout de même, pourquoi pas, y a pas de raison, tralala, voili voilou. Ecrire des critiques de films d'horreur est toujours plus enrichissant que de klaxonner comme un con sur les boulevards parce que son équipe vient de gagner un match, ainsi que sont en train de le faire une ribambelle de crétins à proximité de mon immeuble...

 

Je crois savoir que le réalisateur du film s'est toujours défendu d'avoir fait un Godzilla. Mais franchement, soit c'est à prendre au second degré, soit c'est de la mauvaise foi. Ce n'est pas grave, on est tous de mauvaise foi de temps en temps et moi le premier, mais bon il faut bien admettre que oui, bien sûr que Cloverfield est une sorte de Godzilla, ça saute aux yeux et ça n'a rien d'infâmant ! — De fait,  lorsque l'un des personnages principaux du film était sur le point de s'envoler pour le Japon avant que les hostilités ne commencent et que l'un de ses camarades lui fait remarquer qu'il aurait mieux fait de partir un jour plus tôt, il est difficile de ne pas y voir un clin d'oeil ironique sur le fait qu'en général le genre de catastrophes présenté dans Cloverfied arrive plus souvent à Tokyo qu'à New-York. — Donc oui, mille fois oui, c'est un Godzilla. Et un très bon, qui plus est.

 

Cloverfield fait partie de ces films que j'aime de plus en plus à mesure que je les revois. La première fois je l'avais trouvé juste pas mal et ce soir, pour la troisième ou quatrième fois que je le regarde, je me rends compte que c'est une vraie réussite, rythmée, accrocheuse, intelligente et magnifiquement ficelée. Bien entendu, le film ne manque pas d'incohérences presque inhérente au style « caméra embarquée ». Cette obsession des personnages de filmer tout ce qui se passe autour d'eux alors que la logique voudrait surtout qu'ils prennent leurs jambes à leur cou sans se soucier de maintenir à hauteur de thorax leur camescope est franchement artificielle et interroge, mais pour peu que l'on admette que tout cela n'est que du cinéma et que l'on accepte de passer outre, ce qui n'est ni difficile ni outrageant, on se retrouve face à un merveilleux spectacle.

 

Multipliant les scènes-choc sans abrutir ou donner mal à la tête au spectateur, choisissant de laisser des pans entier de son univers dans le flou le plus complet et renforçant ainsi son caractère angoissant et déroutant, Cloverfield apparaît à la fois comme un film de monstres et comme un cauchemar de quatre-vingt-dix minutes, dans les deux cas du plus bel effet. Un film à voir, sans hésitation, même si l'article que je lui consacre est objectivement écrit avec les pieds. Mais c'est parce qu'avec la chaleur, j'ai les mains moites.


Sur ce, je vous laisse !

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 00:15

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Des cowboys spécialisés dans les rodeos et autres acrobaties découvrent un cheval minuscule qu'un paléontologue opportunément dans le coin définit comme un ancêtre préhistorique de la race chevaline. Partant à la recherche des origines de l'animal, la fine équipe aboutit dans la Vallée de Gwangi, appelée ainsi par les romanichels du coin, qui la considèrent maudites. La rencontre avec monsieur Gwangi en question leur donnera d'ailleurs tout à fait raison.

 

La Vallée de Gwangi est donc un film qui tente de mélanger deux genres bien distincts : le western et le film de dinosaures. Un pari sensiblement audacieux et qui n'est pas franchement couronné de succès. Même si l'on fait abstraction du caractère rudimentaire des effets spéciaux ou des emphases diverses et variées (effets de réalisation, musique héroïque), le film demeure tout de même plutôt raté.

 

Au niveau du scénario, on est en face d'une sorte de King Kong qui se déroulerait à l'époque des cowboys, avec un tyrannosaure pour jouer le rôle du gorille. On peut y ajouter l'habituelle histoire d'amour, les jalousies entre hommes virils et le personnage du jeune orphelin débrouillard pour la séquence émotion, bref rien que des éléments d'une originalité folle qui font de ce film une sorte de survivant attardé des années cinquante. Difficile de croire que des films comme La Planète des singes ou 2001 sont sortis sur les écrans un an plus tôt...

 

On s'amusera tout de même à assister au combat à mains nues entre un cowboy et un ptérodactyle, ou une scène déchirante de duel perdu d'avance entre un éléphant et un tyrannosaure. On applaudira volontiers la fin du film également, où le réalisateur prend le parti de nous montrer une église disparaître dans les flammes. Ça fait toujours du bien.

 

Pas grand chose à dire de La Vallée de Gwangi, au fond. C'est un film assez banal, malgré les apparences. Pas franchement un navet, pas vraiment un nanar. On sourit de temps en temps devant mais voilà, pas de quoi se retourner la rate non plus. C'est assez insipide.


Sur ce, je vous laisse !

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 22:10

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Jodie, jeune adolescente de quatorze ans, n'est pas spécialement ravie de passer les fêtes de Noël avec sa mère qui l'a plus ou moins abandonnée au profit de sa carrière quelques années plus tôt. Elle pète même carrément les plombs lorsqu'elle trouve sa progénitrice au lit avec un inconnu, et part faire la gueule chez la voisine d'en face. C'est à ce moment-là que des soldats décident de boucler toute la ville et d'enfermer les gens chez eux, sous peine de se faire descendre à bout portant. Beth, la maman susnommée, n'a donc plus que deux priorités : comprendre ce qui se passe exactement et récupérer sa fille, si possible en un seul morceau.


J'avais hâte de regarder ce dvd, le résumé au dos de la jaquette donnait vraiment envie. J'espérais une sorte de huis-clos à échelle d'une ville entière, avec un dénouement du feu de Dieu et des tas de rebondissements tout plein partout. Ce n'était pas la meilleure méthode pour éviter une déception, mais vivre dans un éternel pessimisme juste pour le plaisir d'en obtenir quelquefois de bonnes surprises, ce serait quelque peu déprimant. Alors bon, voilà, tant pis, je suis déçu par Salvage mais ce n'est pas la fin du monde.


Le problème avec ce film, c'est qu'il a quelque chose de terriblement brouillon. On ne comprend pas toujours ce qui se passe, et je ne suis pas certain que cela soit dû à une réelle volonté de la part de la réalisatrice. Certes, il y a des zones d'ombre dont on comprend aisément qu'elles sont volontaires, mais il y a aussi quelques machins bizarres qui traînent et ça, à mon avis, ça n'avais pas pour but de laisser le spectateur dans l'expectative.


Si vous avez l'intention de regarder Salvage, et si vous voulez garder intact tout effet de surprise, je vous déconseille de lire ce qui va suivre. Parce que pour bien me faire comprendre, il m'est nécessaire d'en dévoiler les éléments clés. A commencer par celui-ci : la raison pour laquelle l'armée boucle une ville entière, c'est qu'une sorte de gros monstre hideux et sanguinaire, évidemment issu d'expériences militaires ratées, a choisi d'y élire domicile et de massacrer tout le monde. Enfin, c'est du moins ce que l'on croit comprendre. La question est : pourquoi ces soldats, visiblement plus que compétents dans leur domaine, ont-ils la gâchette aussi facile ? Ils abattent les civils avec un tel empressement qu'on les croirait formés par l'armée Israëlienne... Mais le monstre, lui, demeure insaisissable. Et c'est finalement une mère de famille qui en viendra à bout en l'égorgeant avec un tisonnier, réussissant là où une bonne vingtaine de solides gaillards armés jusqu'aux dents ont échoué. C'est moyennement crédible, comme histoire...


Bon, évidemment, il faut voir dans ce film une critique acerbe et virulente de l'armée, représentée ici par une tripotée de soldats violents, menteurs, déshumanisés ou clairement sadiques. Mais la caricature n'est pas portée par un assez bon argument pour s'avérer efficace.


Bref, ça brouillonne, ça brouillonne même beaucoup, et c'est assez frustrant. Ce n'est pas tant le scénario en tant que tel qui m'a tenu éveillé devant Salvage, mais plutôt l'envie d'essayer de comprendre dans quelle direction il allait, pour finalement réaliser et admettre qu'il n'allait nulle part. C'est d'autant plus dommage que la réalisation se défend, usant d'un grain d'image bien crasseux qui plonge le spectateur dans une belle ambiance, et servant des acteurs sensiblement talentueux. C'est très bien. Ce n'est juste pas suffisant.


Sur ce je vous laisse, et si vous espérez une petite pirouette en guise de conclusion à cet article, je suis désolé de vous annoncer que vous n'en aurez pas, j'ai les intestins en vrac depuis deux jours et c'est le genre de choses qui nuisent clairement à l'imagination...

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 22:42

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Amusante coïncidence, si vraiment c'en est une : alors que je viens de commencer la lecture de l'archi-célébrissimo-connu Psychanalyse des contes de fée, l'envie m'est venu de regarder Les Contes de la nuit noire, que je n'avais pas revu depuis facilement dix ans. Pour autant, il convient de dire que les « contes » que proposent ce film sont loin de répondre aux modèles des frères Grimm ou d'Andersen. Dans Tales of the darksise, qui semble inspiré d'une série télévisée dont je n'ai hélas jamais eu l'occasion de voir le moindre épisode, on est bien plus dans la tradition des somptueux DC Comics, qui ont inspiré bon nombre de réalisateurs de films d'épouvante et sans qui une série comme Les Contes de la crypte n'aurait évidemment jamais existé.


Tales from the darkside est donc ce qu'il convient d'appeler un film « à sketches », un mode narratif pour lequel j'ai beaucoup d'affection et que je traque avec délice. Ils sont généralement l'occasion d'enchâssements de récits hardis et présentent l'avantage de proposer plusieurs histoires, ce qui limite les risques de trop s'ennuyer au cas où l'une d'entre-elles s'avèrerait faiblarde. Des films comme Le Club des monstres (oeuvre testament de la Hammer), Creepshow 1 et 2, Body bags ou le plus récent et moins connu Terror Tract sont autant de petites perles qui se dégustent avec un plaisir que l'on aurait tort de dissimuler. Il y en a d'autres évidemment, mais les titres m'échappent pour le coup, et puis je ne suis pas censé être une encyclopédie vivante donc coupons la crappe et rentrons dans le vif du sujet.


Je me dois d'ailleurs de relativiser ce que j'ai écrit dans mon petit prologue : certes, Tales from the darkside cadre mal avec les canons des contes de fée « classiques » mais cela ne les empêche pas de s'en inspirer. A commencer par l'histoire principale du film : un jeune garçon fait prisonnier par une bourgeoise cannibale qui s'apprête à le vider de ses entrailles avant de le mettre au four retarde le moment de son exécution en racontant des histoires à cette mégère pas franchement apprivoisée. Cela n'est pas sans rappeler Les Mille et une nuits. La conclusion de cette même histoire penche plus, pour sa part, du côté de Hansel et Gretel, mais là je vous en ai déjà trop dit...


Qu'en est-il des trois histoires que le jeune homme va raconter pour tenter de sauver sa peau ? La première, Lot 249, est un intéressant mais classique récit de vengeance se déroulant dans le monde étudiant par momie interposée. Il ne manque certainement pas de charme, et propose un duo Christian Slater / Steve Buscemi passionnant d'un point de vue cinématographique. Il se trouve que j'aime énormément ces deux acteurs pourtant si différents, c'était donc un plaisir que de les voir jouer ensemble. A noter que ce récit est une adaptation d'une nouvelle de Conan Doyle, ce qui en impose.


La seconde, Cat from hell, ravira tous les amateurs d'horreur féline. Signée Stephen King, elle nous raconte l'histoire torturée et torturante d'un tueur à gages embauché pour assassiner un vilain chat noir plutôt retors. Comme vous pouvez vous en douter, aussi professionnel soit-il, le meurtrier aura bien plus de mal qu'il ne s'y attendait à remplir son contrat. Sombre et violent, ce récit est nanti d'une réalisation merveilleusement hallucinée et d'un humour noir de toute beauté. Mon préféré, en somme. 


Enfin, la troisième histoire, Lover's vow, se présente comme une belle romance au-dessus de laquelle plâne le souvenir brûlant d'une gargouille sanguinaire. Pour le coup, c'est ce récit qui répond le plus aux codes du conte, avec notamment la notion de la promesse faite et non tenue, dont dépend une vie entière, et même plusieurs en l'occurence. Les thèmes de l'amour triomphant ou du bonheur familial rédempteur y prennent un sacré coup : les malédictions finissent toujours par vous retomber dessus, et le conte cesse dés lors d'en être un pour adopter une dimension foncièrement mythique, et pas des plus réjouissantes. « Y a plus de bon Dieu, y a plus que des fatalités » écrivait Audiard, et il avait bien raison. Toutefois, aussi beau et tragique soit ce récit, il souffre d'un inconvénient majeur : il est atrocement prévisible. On voit venir la fin au bout de cinq minutes, et forcément ça gache un peu la dégustation...


Bref, sans compter parmi les priorités absolues du genre, Les Contes de la nuit noire est un film à côté duquel il serait dommage de passer. Sanguinolent et distrayant à la fois, c'est le genre de réalisations parfaites pour s'accorder un peu de répit et de détente au milieu de ce monde de merde et de cette saleté de coupe du Monde dont je me bats joyeusement les bolloques, même si c'était marrant cet après-midi de voir la Suisse gagner l'Espagne 1 à 0...


Sur ce je vous laisse, j'ai un orage qui arrive et j'ai peur que cela fasse sauter les plombs, et si vous trouvez que l'expression « avoir un chat dans la gorge » est absurde, attendez de voir ce film et vous comprendrez exactement ce que cela veut dire !

 

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 22:43
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Madame et monsieur Davis constituent un couple heureux et équilibré qui se réjouit par avance de la naissance de leur second enfant, onze ans après le premier. Madame et monsieur Davis déchantent quelque peu lorsque le second enfant en question, à peine extirpé du ventre de sa mère à la suite d'un accouchement douloureux et difficile, égorge les cinq membres du personnel médical présents dans la salle d'accouchement avant de prendre la fuite par les toits. S'ensuit une chasse au monstre à travers la ville, parsemée de carnages divers et variés...

Au sein du cinéma d'épouvante américain des années 1970 se distinguent deux « tendances », qui ont toutes deux permis l'émergence de grandes oeuvres : la première, ce sont ces films produits par des grands studios, nantis de budgets conséquents et bénéficiant d'une distribution à grande échelle. La seconde, c'est tout un tas de petites productions, menées à bout de bras par des réalisateurs qui pallient leur manque de moyens financiers en sachant utiliser avec intelligence les quelques bouts de ficelles mis à leur disposition. Le Monstre est vivant appartient à cette deuxième catégorie et en constitue même une réussite indéniable, quoi qu'en disent les chagrineux.

Le titre original du film, It's alive, est évidemment plus percutant que sa traduction française. Difficile d'en vouloir aux traducteurs : retranscrire la neutralité du « it » dans la langue française est un éternel casse-tête. Peut-être que « La Chose est vivante » ou encore « C'est vivant » eût été plus proche de la réalité linguistique, mais ce n'est jamais que l'opinion d'un type qui a appris l'anglais avec le lycée, un peu, mais surtout avec les chansons des Beatles et les films des Monty Pythons... — Toujours est-il que le titre américain pose l'une des questions centrales du film : dans quelle mesure ce bébé difforme et sanguinaire est-il humain ? Je ne prétends pas que l'on assiste à un essai philosophique sur la question, mais la réflexion est bel et bien présente du début jusqu'à la fin, et sans cesse ravivée par de petits indices qui, tous, prennent leur importance une fois que l'on y repense et qu'on les compile.

De fait, Le Monstre est vivant fait preuve d'une grande intelligence en ne concentrant pas son scénario sur la fuite meurtière du bébé mangeur d'homme, mais sur la figure du père, devant assumer dans sa vie quotidienne comme dans son cerveau le fait d'avoir avec son épouse mis au monde une créature aussi parfaitement différente de l'idée que l'on se fait de l'espèce humaine. La psychologie de ce personnage est merveilleusement bien fouillée,  et l'on regrette qu'il n'ait pas été interprété par un acteur plus « performant ». Cependant, John Ryan s'en sort tout de même bien, adoptant un jeu désabusé et amorphe collant bien avec la situation. Il aurait gagné je pense à être plus expressif, mais cela ne suffit pas pour gacher sa performance.

On verra donc peu le fameux bébé monstrueux. Logique narrative de tout bon film d'épouvante qui se respecte : ne jamais tout montrer dés le début, mais laisser monter la pression et le suspens jusqu'à ce que le spectateur, rivé à son strapontin et les dents plantées dans l'accoudoir, menace de prendre le projectionniste en otage si on ne crache pas enfin le morceau. Généralement c'est une déception : la créature (qu'elle soit vampire, spectrale, alien, zombiesque, lycanthrope ou militante UMP) n'est jamais aussi bien fichue qu'on se l'imaginait. Pour ce qui concerne It's alive, ça passe plutôt bien. Le monstre est loin d'être raté, il a même quelque chose d'assez crédible, et surtout le film nous évite le classique grand-guignol qui tend à ruiner la fin de tant de ses congénères...

La réalisation est tout aussi intelligente que le propos du film : froide, et même chirurgicale, elle n'est pas sans rappeler les premières oeuvres de David Cronenberg, avec tout ce que cela peut comporter de déroutant. A noter que la musique composée par Bernard Herrmann ne manque pas d'originalité. Disons que, si elle se laisse volontiers aller à la banalité dans son utilisation des cuivres ou des percussions, elle fait en revanche preuve d'une vraie créativité avec les cordes. Et son intégration dans le champ narratif est une véritable réussite. En somme, le film peut se vanter de mettre en place un environnement sonore de belle qualité.

On ne rigole pas beaucoup dans Le Monstre est vivant, mais les amoureux d'humour noir et de cynisme en tout genre y dénicheront tout de même leur bonheur. Le bébé mangeur d'homme trouvant refuge dans la camionnette du livreur de bouteilles de lait, c'est tout de même très amusant. Surtout quand la marque du lait en question se nomme « Carnation ». Ça ne casse pas trois pattes à un canard, d'accord, mais moi ça me fait sourire tellement c'est sadique... — Disons qu'avec un sujet pareil le film aurait pu, malgré lui et à ses dépens,  apparaître beaucoup plus hilarant. Mais la réalisation et la malignité du scénario font qu'on ne se marre que lorsque le réalisateur en a décidé ainsi. Ce qui n'arrive pas spécialement souvent.

Bref, je suis moi-même surpris de me montrer aussi dithyrambique vis-à-vis de It's alive mais c'est comme ça : j'ai trouvé que c'était un très bon film d'horreur. Je ne lui reproche qu'une grosse faiblesse, c'est la facilité avec laquelle chacun accepte qu'une femme normalement constituée puisse mettre au monde une pareille abomination. Dans la vraie vie, on étudierait j'imagine un sacré nombre d'hypothèses avant que d'admettre un fait comme celui-ci. Là, non : en dix minutes, les médecins sont unanimes, le père et la mère aussi, et tout va pour le pire dans le meilleur des mondes possibles. D'un autre côté, cela évite des palabres interminables qui n'auraient fait que dévier le film de ses ambitions originelles. Alors admettons, après tout c'est du cinéma, non ?

It's alive est visiblement fort sous-estimé, et c'est dommage. Pour ma part, j'adhère et je le recommande. A vous de venir m'insulter dans les commentaires s'il s'avère que je vous ai fait acheter un film que vous trouvez en fin de compte merdique. Et si vous le téléchargez, alors ne venez rien me reprocher sinon je contacte Papa Hadopi qui viendra vertement vous punir. Comme dit le proverbe gouvernemental : « Fouette un internaute tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, lui il le sait. »

Sur ce, je vous laisse. Et si, mesdames et mesdemoiselles, vous mettez au monde prochainement un beau nourrisson, vérifiez tout de même l'état de ses canines et de ses incisives avant que de tenter de lui donner le sein. Et si par hasard il n'en veut pas, moi je suis preneur.
 

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