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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 18:46

affiche-L-Autre-enfer-L-Altro-inferno-1981-2.jpg

Des bonnes soeurs qui meurent, c'est plutôt bien, non ? Je veux dire, ça ne peut décemment pas faire un film totalement pourri ? Hé bien si. Les Italiens ne respectent rien.

 

C'est de ma faute aussi : quand j'ai vu le nom de Bruno Mattei sur la pochette du dvd – que je mets en illustration faute d'avoir pu trouver une affiche ou un poster original du film –, j'aurais du savoir que je n'allais pas regarder un bon film, ni même un mauvais film, mais un film à chier. Mon optimisme et ma foi en l'humanité me perdra.

 

D'ailleurs, à peu de choses près, en cultivant les symboles ésotériques et en pratiquant le flou artistique le plus complet en ce qui concerne la tenue, ou simplement l'écriture, de son scénario, L'Autre Enfer aurait pu être un film intéressant. Quelque chose de malsain et de surréaliste, délicieusement profanateur, du Rimbaud, du Antonin Artaud. Mais bon, Bruno Mattei n'étant pas Pasolini, au final c'est juste de la merde.

 

D'abord parce que c'est filmé avec les pieds, ensuite parce que les actrices jouent mal (mais alors, vraiment vraiment vraiment très très très mal), et puis parce que les dialogues sentent le croupion, qu'on ne comprend rien à ce qui se passe et qu'on assiste pendant une heure vingt à du nawak en costume. Décapiter un poulet en gros plan ou exhiber le cadavre dépecé d'un chat – car Bruno Mattei était une ordure – n'arrange rien au tableau.

Sinon, la musique des Goblin est pas mal, mais faut aimer les Goblin. 

 

Tout ça pour dire que j'en ai un peu marre de bouffer des mauvais films et que j'espère mieux tomber la prochaine fois. Si j'avais commencé le cinéma d'épouvante avec ce genre de trucs, je serais probablement devenu fanatique de teen-movies américains. Ah merde, j'oubliais : je suis AUSSI fanatique de teen-movies américains. Je suis donc bel et bien un cas désespéré.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 23:07

sturgessonesheet.jpg

 

Jamie est un jeune homme dont une grande partie du corps et du visage est recouverte d'un vaste angiome, ou « tache de vin » si vous préférez. Il se sent rejeté de la compagnie des humains, et cela d'autant plus qu'il réside dans un quartier où des espèces de démons nantis de capuche s'amusent à jeter des cocktails Molotov sur les gens innocents. Après que ces étranges crocodiliens s'en soient pris à sa mère, Jamie va faire la rencontre d'un singulier personnage qui se dit en mesure, en échange d'un peu de chaos supplémentaire dans le monde, de réaliser son voeu le plus cher.

 

Heartless est l'exemple typique du film qui veut dire beaucoup de choses mais se paume totalement dans son propos. Réflexion sur la violence urbaine et le chaos qui conditionne le sort de l'humanité, grandes considérations ontologiques ou poétiques, discours sur la beauté et le sens de celle-ci, bref plein de choses très profondes mais qui ne sont qu'effleurées les unes après les autres, ou les unes sur les autres, à l'aune d'un scénario qui part dans tous les sens sans donner la moindre impression de tenue narrative.

 

De fait, Heartless n'est pas totalement inintéressant : on est en face d'un film dont on ne sait jamais où l'on en est. On ne voit venir ni la fin, ni le début. On ne sait pas quand cela a commencé, et je n'ai même pas d'idée précise de combien de temps il dure. Pour un long-métrage qui prétend parler du chaos, c'est cohérent, y a de la matière. L'ennui c'est que l'on en sort sans avoir grand-chose à se mettre sous la dent.

 

Je salue tout de même la fin, qui n'est qu'à moitié prévisible et remet à leur place ce que j'avais perçu en premier lieu comme des invraisemblances ou des facilités de scénaristes sans imagination. Il en demeure quelques-unes tout de même, mais rien de dramatique. Je salue aussi la réalisation et plus généralement son approche graphique, qui offre des moments de sincère beauté macabre, mais ne nous épargne pas aussi quelques mièvreries sans grande saveur. Un truc bizarre, en somme. Qui ravit plutôt au début et déçoit pas mal à la fin.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:24

it-waits.jpg

 

C'est l'histoire d'un petit groupe d'étudiants amerindiens qui s'amusent à dynamiter l'entrée d'une caverne pour y découvrir de magnifiques peintures rupestres. « Ne touchez à rien ! » prévient le chef désigné de la petite expédition, visiblement soucieux à ce que l'on ne porte pas atteinte à l'intégrité des lieux. Cependant, cela ne lui pose visiblement aucun souci que ses camarades mitraillent les peintures en question à grands coups de flashes qui, on le sait, sont particulièrement recommandés dans de pareilles circonstances. Toujours est-il qu'ils seront bien punis, puisqu'ils se feront massacrer par le démon qui habitait les lieux, et va ensuite hanter la forêt et s'amuser tout particulièrement avec une garde-chasse nantie, c'est un détail qu'il convient de souligner, d'une poitrine fort avantageuse.

 

Bon. Pour une fois, j'ai fait un peu comme long comme résumé, mais c'est aussi une manière de tirer à la ligne parce que je n'ai pas spécialement l'intention de m'étendre sur ce film et que je commence à me sentir un peu coupable de ne faire en ce moment que des articles pour le moins laconiques. Mais sérieusement, dans le cas présent, il n'y a vraiment pas moyen de s'appesantir. On est devant un téléfilm façon série Z, dont le grain de l'image fait penser aux productions des studios AB, et dont le titre français est une merveille du genre. Parce que franchement,  Terreur en milieu hostile, il fallait oser...

 

Ce qui est assez amusant avec ce film, et c'est souvent le cas de ce genre de productions, c'est son absence totale de rationalité. Les personnages se comportent juste n'importe comment, et ils font absolument n'importe quoi. Bien entendu, traqué par un démon échappé des Enfers, je ne nie pas que je m'affolerais un peu, sinon beaucoup, et que ma façon d'agir ne relèverait pas de la plus stricte des disciplines. Mais il y a de la marge entre se planter un peu et faire simplement n'importe nawak juste parce qu'il faut que le film puisse tenir plus d'une heure. Même le démon est ridicule : un coup il met au point des mises en scène macabre à la manière d'un psychopate de slasher, un coup c'est une sorte de créature mystique et grotesque à peine capable de tenir sur ses jambes. Et pas la peine de s'attarder sur le personnage du prof en mythologie amerindienne qui surgit de nulle part et se retrouve empalé au milieu de la route dix minutes après. Il est juste l'illustration parfaite d'un film qui court après son scénario, et donne l'impression d'une espèce de « work in progress » totalement inepte.

Le seul suspense véritable que l'on ressent en visionnant It waits repose dans la question de savoir si, oui ou non, on finira par voir les gros nichons de l'actrice principale. Je vous jure que je n'écris pas cela par plaisir d'être misogyne, mais c'est vraiment à peu près la seule chose intéressant du film. Et je suis désolé, je vais spoiler à mort, mais la réponse est non. Et l'on sort de ce truc en se disant que, décidément, aimer les films d'horreur est un sacerdoce.

 
Sur ce, je vous laisse.

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 01:20

The-Devil-Inside-Movie-Poster.jpg

 

 

Une jeune américaine exagérément belle part en Italie dans l'espoir de retrouver sa mère qui, durant un exorcisme presque vingt ans auparavant, a sauvagement massacré trois membres du clergé. Celle-ci est depuis internée dans un hôpital psychiatrique, où les symptômes de sa possession ne se sont guère atténués. Accompagnée d'un documentariste, la jeune femme fait la connaissance de prêtes exorcistes qui vont tenter de l'aider dans son entreprise en venant en aide à sa génitrice.

 

Encore un film en found-footage, et plus précisément encore un film d'exorcisme en found-footage. Rassurez-vous : ce n'est pas le dernier, il m'en reste au moins deux sur le grill. Celui-ci propose-t-il quelque chose de différent des autres ? Rassurez-vous encore : non.

 

Dans la rubrique du bon, on notera une vraie qualité de la mise en scène et des effets graphiques. L'introduction du film, nous présentant les vidéos faites par la police après le meurtre des trois gens d'église, est particulièrement efficace dans le domaine du macabre et pose franchement son ambiance. Le reste du film est du même acabit : ça fonctionne vraiment. Dans la forme, du moins.

 

Parce que, dans le fond, on est plus dans la rubrique du mauvais. Passons sur le fait que le film prétend s'inspirer de faits réels et précise que le Vatican n'est pas impliqué dans sa réalisation. Je n'ai que peu d'affection pour le Vatican, en fait je n'en ai aucune sinon celle de lui vouer une sincère détestation, mais j'admets avec réalisme qu'il a probablement mieux que ça à foutre.

 

Ce qui chiffonne, c'est cette histoire assez bizarre d'américaine transférée dans un hôpital psychiatrique en Italie, sans que personne ne sache exactement pourquoi. C'est ce Vatican où l'on peut promener une caméra partout, même dans un amphithéâtre où se dispensent des cours théoriques d'exorcisme. C'est cette Italie où tout le monde parle anglais d'office. Et puis c'est ce scénario qui va à cent à l'heure, essayant d'en montrer le plus possible en une heure vingt de film avant de se conclure en queue de poisson.

 

Un film qui laisse à la fois un arrière-goût de déjà-vu et de frustration, c'est un peu paradoxal mais c'est bien ce qui ressort de The Devil Inside. On aurait aimé en déjà-voir un peu plus. Mais on peut se consoler en se disant qu'après tout, le film est tellement prévisible qu'il n'est pas difficile d'imaginer la fin que le réalisateur aurait filmée s'il avait disposé de vingt minutes supplémentaires.

 

Si vous aimez les films d'exorcisme, celui-ci vaut le détour au moins pour la qualité de ses effets visuels et le fort joli minois de Fernanda Andrade. Mais ne vous attendez pas au film du siècle, de la décennie ou de l'année. Je risque fort d'en avoir tout oublié dans moins de soixante-douze heures.


Sur ce, je vous laisse !

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 23:32

house_of_the_devil_10.jpg

 

Samantha est une jeune étudiante qui vient tout juste de trouver un appartement et a grand besoin de pouvoir en payer la caution. C'est pourquoi elle a tellement envie d'obtenir ce poste de babysitter que des affichettes collées un peu partout sur le campus proposent. C'est aussi pour cela qu'elle acceptera le job, même si la famille qu'elle rencontre a de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête. Et quand elle décidera de changer d'avis, il sera comme d'habitude un peu trop tard...

 

Est-ce que le scénario de The House of the Devil a une grande importance ? Pas vraiment. Du moins, ce n'est pas l'élément qui retient le plus l'attention durant le visionnage de ce film, ce qui ne signifie pas qu'il soit raté ou inopérant. Il est plutôt prétexte. Prétexte à réaliser un film qui, quoi que datant de 2009, ressemble à s'y méprendre à une oeuvre des années 70-80, façon film d'épouvante de grand studio, juste avant que le slasher ou la série B soient à la mode et envahissent les salles de cinéma.

 

Pour aboutir à ce résultat, Ti West a réalisé son film avec les outils techniques dévolus aux cinéastes de ces années prolixes, ce qui explique que l'ont ait à l'écran le grain d'image et les couleurs si typiques des seventies. Mais le réalisateur a surtout reproduit avec une minutie impressionnante la grammaire stylistique du cinéma de cette époque : plans larges à la manière de tableaux offrant une grande profondeur et des effets de perspective radicaux, légers travellings en ouverture de chaque nouvelle scène, effets de caméra « décentrée », etc. Autant de procédés de réalisation qui semblent parfaitement naturels quand on regarde un film des années 70, mais reprennent ici toute leur dimension de choix artistiques purs, rappelant ainsi qu'en matière de création, rien n'appartient jamais au hasard...

 

De ce point de vue, le travail de Ti West est réellement admirable. On pourrait presque lui reprocher de mélanger un peu trop les genres (le générique frôle la blacksploitation quand le déroulé du film tend plus vers Rosemary's baby ou The Omen) mais la volonté du film étant de couvrir le champ du cinéma de genre de cette époque, la critique ne serait qu'à moitié légitime...

 

Outre la forme, le fond répond là aussi parfaitement au cahier des charges : les dialogues comme les personnages (et le jeu des acteurs qui les incarnent) est très fidèle à l'ambiance de ces années, de même que le déroulé du scénario, les thèmes qu'il aborde et son écriture. Et comme le film se déroule au début des années 80, les décors et les vêtements achèvent de créer l'illusion. Rien à faire : en regardant The House of the Devil, on a peine à croire que le film a moins de cinq ans. Seuls les passages un peu violents ou gores, relativement rares, rappellent plus volontiers notre cinéma contemporain. Et encore : le sang est rouge, dans ce film. Un vrai rouge sang. Pas l'espèce de bouillie noirâtre que l'on nous propose aujourd'hui. Tarantino en a parlé quelque part, de l'évolution de la couleur du sang au cinéma. Je ne sais plus où, mais si vous retrouvez le texte, lisez-le : il est très instructif.

 

Alors bon d'accord, Ti West (qui avait déjà démontré dans The Roots, nettement plus médiocre, qu'il ne souhaite pas aborder le cinéma comme tout le monde) réussit une prouesse technique et artistique. Un exercice de style tout à fait admirable. Mais ensuite ? C'est là que les choses se compliquent : on regarde le film en étant constamment à l'affût de tout ce qui crée l'illusion des années 70-80, au détriment de ce qu'il raconte, de ce qu'il est censé dire, pour peu qu'il soit censé dire quelque chose. On oscille entre intérêt pour l'intrigue et prise de recul par rapport à cet objet filmique non-identifié. C'est un film que l'on observe autant qu'on le regarde.

 

J'ai presque envie de faire un parallèle – audacieux – entre ce film et Super 8. On est un peu dans le même registre : un réalisateur adopte une posture stylistique qui n'est pas la sienne propre. Dans le cas du film de J.J. Abrams, c'était la grammaire Spielberg qui était sollicitée. Mais Super 8 est directement dans l'hommage, son parti-pris a quelque chose d'évident et son scénario est tellement mouvementé et envahissant que l'esthétique s'efface au profit de l'histoire qu'elle sert, exactement comme chez Spielberg, génie invisible par excellence...

 

Toutefois, soyons clair : je ne vais certainement pas dire que The House of the Devil n'est pas intéressant. Au-delà de son pur aspect technique et de la gageure qu'il représentait, j'ai tout de même fini par rentrer dedans et me laisser happer par l'intrigue, aussi ténue et prétexte soit-elle. Et dans tous les cas, j'ai passé un excellent moment devant. Je suis juste un peu dubitatif quant à la finalité de la chose, ne sachant pas exactement sur quel pied danser face à ce film qui, paradoxalement, ne ressemble à aucun autre. La démarche est incroyablement originale. Tellement qu'elle déroute un peu. Et c'est en rédigeant ce texte que je me rends compte que le revoir me sera nécessaire pour arriver à mieux fixer mes impressions


Une chose est certaine : même s'il me laisse perplexe, et peut-être justement parce qu'il me laisse perplexe, The House of the Devil est un film à voir. Je ne peux que le recommander, aux amoureux du cinéma des années 70 comme aux autres.


Sur ce je vous laisse, non sans préciser que oui, je sais, Rosemary's Baby date de 1968, mais puisque les siècles s'obstinent à ne jamais commencer à l'heure, pourquoi n'en irait-il pas de même avec les décennies ? 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 23:26

jennifers_body_ver2.jpg

 

Jennifer et Needy sont amies depuis toujours, les meilleures amies du monde : l'une est une petite blonde que d'aucuns jugeraient banale, l'autre est une bombe brune qui fait tourner la tête de tous les garçons du petit bled dans lequel le duo réside. Et cet équilibre semble devoir perdurer à jamais jusqu'à ce qu'un concert de rock dans un bouge miteux ne vienne transformer les choses en un cauchemar peuplé de corps déchiquetés et de vomi tout noir.

 

Combinaison assez classique entre teen movie et film d'horreur, Jennifer's body s'inscrit résolument dans la veine « dramatique », à la manière de All the boys love Mandy Lane, sorti trois ans plus tôt. Si le film sait faire preuve d'humour, celui-ci n'a que peu de rapport avec les plaisanteries potaches (et drôles, par ailleurs) que proposent les American Pie et consorts. Ici, le rire est violent, sardonique et cruel. Sans être oppressant, Jennifer's Body est une oeuvre où la forme et le fond s'épousent à merveille, dont l'ambiance jamais ne se défait de son carcan morbide. C'est là l'une de ses plus grandes qualités.

 

A noter également que le film est trompeur, son titre (comme son affiche) portent à faux : Si Megan Fox apparaît comme la vedette à mettre en avant, le personnage principal du film est bel et bien interprété par Amanda Seyfried, magnifique dans son rôle de faire-valoir docile qui se révèle dans la violence et le désir de vengeance. A travers elle, le film parle de l'amitié, des liens complexes qui peuvent unir deux êtres, du jeu de soumission que ce sentiment peut entraîner, de la tension sensuelle, sinon sexuelle, aussi qui l'habite aussi quelquefois. Un thème rare au sein du cinéma, et pas seulement d'horreur.

 

Alors, que faut-il reprocher à Jennifer's body ? Dans le fond, pas grand-chose. Simplement, si le film est objectivement une réussite, il lui manque un petit je-ne-sais-quoi pour apparaître réellement enthousiasmant. Là où All the boys love Mandy Lane m'avait laissé la bouche ouverte d'hébétitude et d'admiration, Jennifer's body m'a simplement ravi l'âme pendant une heure quarante et me l'a rendu ensuite dans l'état où il l'avait trouvé. Disons que, dans son ensemble, l'un n'arrive pas à égaler la subtilité de l'autre. C'est souvent cela qui fait toute la différence. 

 

Il n'en demeure pas moins que nous sommes en présence d'un vrai bon film, nanti d'une bande-son assez convenue mais toutefois intéressante, bien interprété et offrant des petits moments de réelle grâce, des images fortes et de fort belles métaphores. Une réalisation à voir, sans aucun doute.


Sur ce, je vous laisse !

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 02:05

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Donc en gros c'est l'histoire d'une ancienne pasteur qui a vu son mari et sa petite fille se faire sacrifier au Soudan et qui a perdu la foi et qui consacre sa vie depuis à expliquer scientifiquement les miracles et qui se voit demander d'aller jeter un oeil dans les bayous où des tas de fléaux bibliques arrivent et elle y va et là elle découvre qu'en fait Dieu existe et que les fléaux sont pour de vrai et les miracles aussi, qui l'eut cru ?

 

C'est une règle établie : quand vous avez, dans un film américain, un personnage qui se revendique clairement athée, vous pouvez être certain qu'il trouvera ou retrouvera la foi à la fin de l'histoire. Pour les américains, l'athéisme est une sorte de maladie. Un défaut. Il est absolument scandaleux, dans leur étrange conception de la laïcité, qu'on puisse ne pas croire en Dieu ou ne pas faire la promotion de la croyance religieuse. Une jolie tendance qui nous revient d'ailleurs dans une Europe en crise où il convient de se regrouper en communautés, parfois ethniques, mais avant tout religieuses. Bref.

 

Certes, on peut faire des films magnifiques sur la question de la foi. C'est un sujet passionnant, qui va bien au-delà de la question de l'existence ou non d'un Dieu. L'Exorciste l'a démontré. Mais là ce n'est simplement pas le cas. Il est juste question de caricature : la bonne femme voit sa foi revenir et s'en aller comme si elle était montée sur ressort. A cause de ces vilains nègres qui ont massacré sa famille elle s'était éloignée de Dieu, mais une gentille fille blonde aux yeux bleus va la ramener dans le droit chemin...

 

Le film est d'autant plus amusant qu'il ne sait pas vraiment de quoi il parle. Les personnes qui s'occupent d'expliciter scientifiquement les prétendus miracles ne le font pas dans le but de démontrer que Dieu n'existe pas. Il est parfaitement impossible de démontrer que quelque chose n'existe pas, par ailleurs. On ne saurait affirmer qu'il n'y a pas de monstre dans le Loch Ness. On peut juste dire que personne n'en a jamais vu un. Et pour être tout à fait clair, les théories supposant la présence d'un monstre dans le Loch Ness sont nettement plus rationnelles que celles tendant à démontrer l'existence d'un Dieu...

 

Bon, bref, je donne sans doute l'impression de parler de tout sauf de mon sujet mais le coeur du film est pourtant contenu là-dedans : d'accord il y a de gros effets spéciaux, des effets de suspense, des effets de surprise, des twists et tout le tralala, mais il y a surtout une bonne grosse propagande vous expliquant que ne pas croire en Dieu c'est MAL. Adorer Satan aussi, d'ailleurs, mais bon ça on était déjà au courant.

 

Bref, il convient donc de rappeler quelques faits objectifs : Dieu n'existe pas. C'est un fait. La religion est porteuse de haine et de destructions. Encore un fait. Les propagandistes religieux sont des gens intolérants qui considèrent que tout le monde devrait penser comme eux. Un autre fait. Et The Reaping est un film sans grand intérêt, sauf pour les culs-bénits et les amateurs de mysticisme bon marché. Un dernier fait.


Sur ce, je vous laisse. Ite missa est.

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 22:15

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Quand ça ne va pas top, quand les gens vous désespèrent avec leur connerie, quand vous avez dans le creux de la gorge comme des envies de meurtre sinon de suicide, rien n'est plus distrayant que de regarder un film qui parle de la mort. C'est pourquoi j'ai jugé bon de me mettre Destination finale dans mon lecteur dvd, dont je gardais un bon souvenir, quoique lointain.

 

Je ne sais pas si cela vaut vraiment la peine de résumer le film, tout le monde connaît plus ou moins l'histoire. Une histoire par ailleurs créative et originale, dans laquelle la mort remplace le personnage habituel du tueur masqué ou du serial-killer généralement en vogue dans ce genre de slashers rythmés et couillus.

 

Destination finale, il faut le dire, est un excellent film. Non seulement il tient son spectateur en haleine, non seulement il nous propose une réalisation de qualité et des acteurs compétents, non seulement son scénario est bien construit et ne laisse que peu de place aux temps morts, mais en plus c'est un film intelligent, un film qui se pose sincèrement la question de la mort, à travers somme toute la théorie du chaos ramenée à sa dimension la plus intime : « comment savoir si, en buvant un café ici ou en respirant cet air, nous n'avons pas déclenché les évènements qui mèneront à notre mort dans quarante ans, ou dans dix ans, ou bien demain ? »...

 

La mort comme ombre fugace, personnifiée un temps avec ironie en la personne de Tony Todd, l'inoubliable interprète de Candyman, mais par le biais d'une allégorie, sinon d'un étrange cauchemar. La mort et son plan logique et complexe, qui traque des survivants indus pour leur asséner le sort qui devait être le leur. La mort impitoyable qui cherche par tous les moyens à exercer son art, mais si possible par le biais de circonvolutions et d'acrobaties qui forcent l'admiration. La mort est somme toute LE personnage principal de Destination finale. Celui dont on peut être certain qu'il ne mourra pas à la fin.

 

Certes, la mort est toujours fréquente dans les films d'horreur, mais jamais encore, du moins à ma connaissance, un film ne l'avait-il abordé sous cet angle : non pas seulement comme une résultante ou une fin en soi, mais comme un processus. La manière dont elle hante le film, à chaque plan ou presque, à chaque minute, captive et engloutit.

 

Bref, vous l'aurez compris, je suis fan. Destination finale vient de me faire un bien fou, à tel point que je n'ai même pas envie de m'appesantir sur ses quelques défauts ou faiblesses. De toute manière, il faut le voir, quitte à ne pas l'aimer ensuite. C'est le genre de films à côté duquel on ne peut décemment pas passer. Ce ne serait pas bien.

 

Sur ce, je vous laisse !

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 21:53

Djinns.jpg

 

 

Durant la guerre d'Algérie, des soldats français chargés de récupérer une étrange mallette d'un accident d'avion survenu dans le désert se retrouvent perdus au milieu de celui-ci et deviennent les proies des Djinns, habitants des sables qui torturent mentalement leurs victimes jusqu'à leur faire perdre la raison.

 

Les Djinns chez moi, ça m'inspirait et m'inspire toujours ce long poème de Victor Hugo, avec son rythme syllabique croissant et décroissant, dont un de mes professeurs de fac nous avait parlé non sans une certaine émotion dans le gosier et ailleurs, tant ce genre de prouesses ont de quoi fasciner un spécialiste des sciences poétiques. A part ça je savais en gros que ce sont des créatures qui hantent le désert autant que ses mythologies, et comme je n'aime pas les déserts de sable parce qu'il y fait trop chaud le jour et trop froid la nuit, je n'ai jamais cherché à enrichir quelque peu mes connaissances dans ce domaine.

 

Est-ce que Djinns m'a permis d'en apprendre un peu plus ? Pas vraiment, mais je ne pense pas non plus que c'était là le but du film. J'ignore dans quelle mesure Hugues et Sandra Martin ont cherché à rester fidèles au mythe originel des Djinns, mais on ne peut que les féliciter de la manière dont ils ont traité leur sujet. Il aurait été très facile de nous pondre des fantômes vaguement méharistes sur les bords, tranchant des têtes à grands coups de sabres incurvés en scandant des imprécations arabisées et pittoresques. Au lieu de cela, nous sommes en présence de créatures aux contours flous, que l'on voit peu et que l'on ne verra guère mieux, qui puisent dans les remords, les phobies ou les obsessions de ses proies la force pour les faire s'entretuer. Ce n'est pas révolutionnaire comme concept, mais c'est tout de même nettement plus courageux.

 

Courageux aussi, les choix esthétiques du film en font la grande qualité. Si le scénario général se suit sans déplaisir et si le traitement des personnages ne manque pas d'intérêt, malgré un petit air de déjà-vu pour certains, c'est vraiment dans la réalisation que le spectateur se retrouve par moments littéralement happé à l'intérieur de ce film sombre et pesant. Une ambiance onirique, voire cauchemardesque, qui s'impose petit à petit et semble dévorer l'histoire même qu'elle est censée supporter. A tel point que le dénouement final, un petit peu prévisible par ailleurs, n'est pas ce que l'on retient le plus dans tout cela.

 

Djinns est un beau film, vraiment. Qui se permet de dériver aussi, qui offre de jolies séquences à son public, celle où le soldat-cinéaste se met à diriger l'espace d'un instant ses supérieurs, par exemple. Des petits écarts narratifs typiquement français, du cinéma façon Truffaut qu'il est plaisant de retrouver dans l'âme et l'esprit des réalisateurs d'aujourd'hui. Et puis l'on saluera ce mélange entre film de guerre et film d'épouvante, qui s'avérait déjà fort émouvant dans La Tranchée (2002) et se confirme ici comme une jolie manière d'aborder le genre, même si elle semble ne pas être exempte de limites.

 

Bon, les amoureux de films d'horreur purs et durs risquent de se faire chier devant ce film, mais c'est une oeuvre pleine de charme que l'on aurait tort de mésestimer. Ecrite et réalisée par un couple qui plus est, une rareté qui, à elle seule, vaut probablement qu'on le regarde ! — Donc, si vous aimez les paysages grandiloquents du désert algérien, les fantômes zarbis , les sorcières tatouées, et qu'en plus vous n'aimez pas la guerre, alors Djinns est fait pour vous.

 

Sur ce je vous laisse, et ne vous demandez plus pourquoi Juppé exclut d'envoyer des troupes au sol en Libye, il est à peu près évident que les démons de là-bas ont une dent après les roumis...

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 01:45

Troll_poster1.jpg

 

 

Des fois on tombe sur des films vraiment pas comme les autres. C'est assez courant dans le monde du cinéma de genre, évidemment, mais là je veux parler des films pas comme les autres parmi les films pas comme les autres. Les vraies étrangetés. Les trucs qui frôlent l'anomalie. Ils n'ont pas besoin d'être spécialement violents ou gore, de jouer la provocation à fond la caisse ou d'être filmés avec les oreilles, ce n'est même pas tellement cela qui fait la différence. C'est le propos en général, l'intention, l'argument, l'ambiance, je ne sais pas trop. Ça ne signifie pas que ces films sont meilleurs que les autres, c'est juste qu'on en sort en se disant que là, pour le coup, on a vraiment regardé quelque chose qui n'arrive pas souvent. La dernière fois que j'ai eu cette sensation, c'était avec Incident au Loch Ness, ce drôle de faux documentaire dans lequel Werner Herzog jouait son propre rôle de réalisateur. Et puis cela vient de me le faire avec The Troll hunter.

 

L'histoire, en gros, nous raconte trois étudiants qui, au hasard d'un film d'étude, se retrouvent à suivre les aventures d'un chasseur de trolls professionnel. On y découvre ainsi que la Norvège compte une notable population de trolls, dont certains mesurent jusqu'à cent mètres de hauteur, et que les gouvernements norvégiens font tout ce qu'ils peuvent depuis toujours pour dissimuler ce fait à l'opinion publique. Attaques d'ours, tornades, tremblements de terre, tout est bon pour expliquer de manière officielle les dégâts en réalité fréquemment commis par ces abominables créatures patibulaires.


Le film use donc de la méthode, maintenant entrée dans les moeurs, de la caméra embarquée et se présente comme un documentaire inachevé dont les différentes bandes ont été diffusées de manière anonyme. — On notera d'ailleurs une parfaite adéquation entre la technique du film et ses ambitions : non seulement le jeu des acteurs est très naturel, mais surtout la qualité des effets spéciaux assure une impression bluffante de réalisme et permet une réelle et durable immersion du spectateur dans cet univers pourtant barré au-delà du raisonnable.

 

Après, évidemment, il est question de trolls. C'est-à-dire d'une mythologie que nous sommes loin de connaître en France, et qui se réfère à des contes dont je n'ai, pour ce qui me concerne, jamais entendu parler. Il n'y a pas si longtemps, je déplorais que cette mythologie ne soit pas plus souvent exploitée au sein du cinéma d'horreur : The Troll hunter l'exploite, l'exploite très bien même, et ne manque donc pas de me mettre en face de mes lacunes culturelles dans ce domaine. Bien fait pour ma gueule, la prochaine fois je la fermerai.

 

J'ignorais que les trolls reniflaient le sang des chrétiens mieux que les autres, ou que la lumière du jour pouvait les pétrifier, voire les faire exploser quand l'animal est encore jeune... Autant de petites choses qui me font regretter de ne pas mieux connaître les légendes du folklore norvégien, ou scandinave en général. Ici, on est face à un très beau mythe en tout cas, mythe des forêts d'une part et des montagnes de l'autre, car il existe deux espèces distinctes de trolls.

 

Si l'on sourit au début en découvrant le troll, avec son visage grotesque et son intelligence au ras des racines des paquerettes, on se marre nettement moins une fois que le potentiel destructeur de la créature est avéré. Bien sûr, on est en présence d'une sérieuse dose de second degré, et je peux comprendre que d'aucuns se soient contentés de trouver le film amusant, mais c'est aussi passer à côté des moments de tension très forts qu'il propose avec une incontestable virtuosité, et c'est très dommage. 

 

Prenant et surprenant, The Troll hunter est une oeuvre à part, très marquée culturellement sans se montrer absconse, pleine de vigueur et de créativité. Elle a ses faiblesses, naturellement. Des petites longueurs, des grosses incohérences (qu'elle a d'ailleurs du mal à dissimuler), mais cela n'entache pas le résultat final outre-mesure. On demeure en présence d'un film OVNI très dense, de très bonne qualité, dans lequel on entre avec plaisir et dont on ressort le sourire aux lèvres. Une petite féérie des fjords, ça ne se refuse pas.

 

Sur ce, je vous laisse. Farvel alle !

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