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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 22:38

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Un Yakuza, un Mexicain membre d'un cartel de la drogue, une jolie soldat de l'armée israëlienne, un serial killer blanc et quelques autres clichés raciaux sont parachutés sur une planète far away from la notre pour servir de gibier à des Predators en mal de sensations fortes.

 

J'ai déjà eu l'occasion de chroniquer Predators voilà environ quatre ans, et en règle générale je ne fais pas deux articles sur un même film même si je le revois, mais là j'ai envie. D'une part, parce que cela me permet de conclure ma petite trilogie Predator initiée voici quelques jours. D'autre part parce que je suis curieux, une fois cet article sera terminé, d'aller relire le premier et voir si mon opinion a changé avec un second visionnage.

 

Je gardais un bon souvenir de Predators, suffisamment bon pour que je me fende d'acheter le DVD. Je crois me souvenir que j'étais heureux de voir ce personnage, ou plutôt cette espèce de personnages, revenir sur le devant de la scène autrement que dans un nouvel et ridicule Alien vs Predator, qui est aux films d'action-SF ce que le vomi est au bon goût des réceptions de l'ambassadeur.

 

Et puis au final, avec du recul ? Disons que je suis moins convaincu. Les différents personnages sont d'horribles clichés, de même qu'un sacré paquet de dialogues. Et si quelques-uns nous réservent des surprises, il ne faut pas non plus s'attendre à rebondir de joie sur son canapé. En même temps, soyons honnêtes : est-ce que ça n'est pas dans l'ADN des films Predator que d'aligner des personnages clichés ? Le premier comme le deuxième font exactement la même chose, et je pense que je suis plus tolérant avec eux en raison de leur grand âge. « Il est toujours joli, le temps passé », chantait Michel Sardou en duo avec Yvette Horner. Il avait bien raison.

 

Dans le fond, Predators s'inscrit directement dans la lignée de ses prédécesseurs, tout en ajoutant une petite touche de nouveauté consistant à faire se dérouler l'action sur une autre planète. Une bonne excuse pour retourner dans la jungle sans se faire accuser de redondance. À part ça, on reste fidèle aux personnages bien couillus qui redoublent d'ingéniosité et d'intrépidité pour faire la peau d'extraterrestres plus grands, plus armés et mieux préparés qu'eux.

 

L'héritage est tellement assumé qu'il aboutit à quelques citations que le fanatique appréciera, en particulier le Long Tall Sally de Little Richards venant conclure le film. Aucun doute que le réalisateur n'avait pas l'ambition de révolutionner le genre du film de Predator, et c'est certainement mieux ainsi parce que bon, tout chauvinisme mis à part, il était quand même un peu tripé mauvais l'Alien 4 de Jeunet...

 

Predators vaut finalement pour cela, mais le film en soi n'est pas toujours aussi bien rythmé que les deux premiers. Pour le coup, on s'ennuie presque durant certaines séquences, et l'on met sur pause pour aller faire pipi sans grand regret. Ce n'est pas franchement le spectacle du siècle, d'autant que l'on se sent frustré de voir un film censé se dérouler sur une autre planète et ne pas nous proposer autre chose qu'une jungle somme toute assez lambda, les gigantesques montres à tronche de vagin vénéneux que sont les Predators exceptés. Ah oui, on découvre aussi leurs animaux de compagnie. Ils ont l'air gentils.

 

Je croyais également me souvenir que ce troisième volume donnait quelques indices supplémentaires sur le fonctionnement social des Predators, et j'ai été plutôt déçu. Certes, on découvre une société dans laquelle existe des différences entre les castes, mais cela ne va guère plus loin et même le combat fratricide que se livre deux Predators laisse perplexe. Bien sûr, il convient de ne jamais trop en dire. Mais là c'est tout de même franchement radin.

 

Au final, et presque malgré moi, je livre un portrait assez négatif du film. Il n'a pourtant rien d'un navet, il se laisse regarder et peut permettre de passer une agréable soirée, mais il n'est pas aussi punchy que les deux premiers et ne remplit pas non plus le cahier des charges qu'il s'était lui-même fixé. Espérons que ce n'est pas avec ce film que se termine la saga Predator au cinéma. Aussi fallacieux soit bien souvent le recours à la tétralogie, je pense qu'il est ici plus que nécessaire.


Sur ce, je vous laisse. Cave canem.

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 23:43

PREDATOR-2-copie-1.jpg


Dix ans après avoir fait des siennes en Amérique Centrale, le Predator refait parler de lui, cette fois-ci au beau milieu de la jungle urbaine qu'est devenue Los Angeles en 1997, embourbée dans de sanglantes guerres des gangs qui transforme la ville en champ de guerre permanent, malgré les efforts du Lieutenant Mike Harrigan et de son équipe de superflics qui, naturellement, vont rapidement devenir la cible du chasseur de trophées humains.

 

Adieu la jungle suffocante, bonjour L.A. en pleine canicule. Réalisé trois ans après le premier Predator, ce second opus est donc censé se dérouler dix ans après celui-ci. Un choix plutôt surprenant dans le fond, auquel je ne trouve qu'une seule explication : en 1990, Los Angeles n'était pas le chaos urbain décrit dans le film, mais les scenaristes jugeaient que cela n'allait pas tarder. Il faut dire que George Bush père venait tout juste d'être élu président. Ceci explique peut-être cela.

 

Predator 2 n'a pas bonne presse, il est même à cent lieues d'être aussi populaire que son prédecesseur, et c'est relativement injuste. Je ne dis pas qu'il est aussi bon que le Predator de McTiernan, mais il n'en demeure pas moins un film bourré de qualités. La première d'entre-elles est de filmer une ville évoluant dans un climat de violence déchaînée absolument ahurissant, qui prend en fin de compte des allures de comics. On se dit presque que le Tim Burton de Batman aurait été parfait pour réaliser ce film, tant son potentiel grotesque – dans le bon sens du terme – n'est pas assez exploité.


La seconde d'entre-elles (les qualités, au cas où vous auriez déjà cessé de suivre), c'est de s'attarder un peu plus sur le personnage du Predator, sur son passé, son passif comme sa technologie. La fin du film permet même de se faire une idée sur le schéma social qui détermine sa civilisation, et de constater que le Predator, aussi impitoyable soit-il, est un être doué de raison, d'intelligence et d'une certaine forme d'honnêteté intellectuelle. Bref, on supputait son intelligence dans le premier volet, le second vient la confirmer avec une relative subtilité. Le personnage n'évolue pas : il demeure le même mais se dévoile un peu mieux. Tout en gardant la dose de mystère nécessaire pour que cela soit agréable.

 

En-dehors de ces éléments, le schéma narratif reste globalement le même. L'équipe de super-soldats a été remplacée par une équipe de méga-flics qui se font bousiller les uns après les autres jusqu'à ce que leur chef vienne défier le Predator en combat singulier. On s'attardera peu sur l'intrigue secondaire, à savoir les soldats chargés de capturer le chasseur pour étudier sa technologie : elle fait surtout l'effet d'un pétard mouillé et n'apporte pas forcément grand-chose à l'intrigue. On constatera surtout que le film met résolument l'accent sur l'action, au détriment de la dimension survival du premier. Predator 2 est avant tout un film de science-fiction couillu bien comme il faut.

 

En jouant la surenchère – sans tomber dans l'outrance que l'on était en droit de craindre –, le film est évidemment moins bien ficelé, moins bien rythmé aussi que celui de McTiernan. La scène du métro, plutôt confuse, n'est pas vraiment des plus réussie, et celle de l'abattoir est tout de même un peu longuette. On ne s'ennuie pas, mais il s'en faut de peu. Heureusement, la course-poursuite finale, totalement délirante, relance le tout avec allégresse et s'autorise même des dérapages humoristiques assez inattendus sans pour autant décontenancer le spectateur.

 

Predator 2 demeure une réussite. On lui préférera sans doute son prédecesseur, plus roots, plus hardcore, plus intègre aussi, mais on ne boudera pas son plaisir devant un spectacle qui demeure de grande qualité et n'a pas trop vieilli, même si ses personnages de méchants rastas ou de chicanos cocaïnomanes fera tout de même sourire un brin.

 

Sur ce, je vous laisse.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 23:00

purge_anarchy.jpg

 

Tous les ans, « the purge » autorise les citoyens américains à commettre tous les délits qu'ils désirent, meurtres y compris, durant douze heures. L'occasion pour beaucoup de libérer leurs instincts les plus bestiaux, tandis que les autres se terrent chez eux et tentent de survivre. L'occasion également de purger la société de ses éléments les plus indésirables, autrement dit les pauvres et les faibles. Une descente aux enfers dont sera témoin un petit groupe de survivant, prisonnier du chaos environnant, et escorté par une bonne âme surentraînée. 

 

Le premier opus de The Purge – et non, je ne reviendrai pas sur ce titre français débile de « American Nightmare » dont tout le monde se gausse à juste titre – prenait le parti du quasi huis-clos, en racontant cette famille de nanti confrontée à la violence de la purge. Il en profitait pour livrer une satire, pas spécialement subtile mais relativement intéressante, de la bonne société américaine, cachant sous des dehors de civilité une formidable propension à la barbarie.

 

Le deuxième opus s'inscrit directement dans cette lignée, tout en déplaçant l'action dans les rues de la ville où les massacres se déroulent, l'occasion de montrer d'une manière sensiblement crue la réalité de la purge. Sur l'air de : « on vous montre la violence pour mieux la dénoncer » (rappelez-vous Tueurs nés), The Purge Anarchy offre un festival de gens hurlants, calcinés, découpés, et tout le tralala conventionnel. Et en rajoute parfois dans le grand-guignol, mais sans vraiment tomber dans le ridicule, ce qui est tout de même un bon point.

 

C'est surtout dans son aspect critique, voire politique, que le film s'enlise nettement. En mettant ses gros souliers pour marcher sur les oeufs, James DeMonaco nous sort une fable tellement outrancière, tellement caricaturale, qu'on a du mal à être sensible au message qu'elle colporte. Les riches sont tous méchants, le Malcom X de service est très gentil, et voilà, c'est plié. À ce titre, la scène du dîner mondain dans un restaurant luxueux où les grandes fortunes achètent aux enchères le droit d'aller chasser du pauvre est parfaitement ridicule. Elle fait même monstrueusement tache au sein d'un film qui, autrement, se tient plutôt bien.

 

Car malgré toutes mes réserves légitimes, et vous saurez que mes réserves sont toujours légitimes d'abord, je ne vais certainement pas bouder mon plaisir : The Purge Anarchy est bien agencé, rythmé et nerveux, et maintient son spectateur dans un état de tension totalement maîtrisé, tant et si bien que les défauts et les clichés de son scénario parviennent à s'effacer devant les qualités de sa réalisation. Certes, on évolue dans l'imaginaire d'un gamin de quinze ans biberonné aux films de Verhoeven, mais ça bouge comme il faut et ça remplit son oeuvre.

 

Pour autant, celui qui voudra voir un film intelligent sur la question de la violence au sein de la société américaine se tournera plutôt vers un Punishment Park, par exemple. Sachant que je ne rajoute ce paragraphe que pour faire mon intéressant. 

 

Sur ce, je vous laisse !

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 23:44

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1998, les états ont les moyens de se fabriquer une guerre nucléaire qui a bousillé le monde, mais les ordinateurs tournent encore avec des floppy disks que l'on n'utilisait même plus lorsque le film a été réalisé. Afin d'échapper aux pluies acides, un groupe de déserteurs trouve refuge dans un local abandonné de l'armée où un monstre moche ne tarde pas à les attaquer pour leur apprendre à mal jouer à ce point. 

 

C'est peu dire que Creepozoids est un mauvais film. Évidemment, il convient d'être indulgent, c'est de la série Z, du petit budget, de l'underground, mais alors ? Est-ce que cela justifie de pomper sur Alien (et sur It's Alive à la fin), de mal diriger ses acteurs, de leur écrire des dialogues immondes et de ne pas savoir poser une caméra ou faire un montage valable ?

 

Cet après-midi, j'ai regardé 2012 de Roland Emmerich. 2 heures et 45 minutes. J'ai trouvé ça long. Mais j'ai trouvé ça moins long que la pauvre heure et dix minutes que dure Creepozoids. Seule l'introduction vaut le détour, tant elle est hilarante. Et le rat géant empaillé, à la rigueur. C'est maigre, comme bilan. Ah oui, il y a les gros seins de la blonde aussi.

 

À noter que l'édition dvd du film est une VHS Rip de mauvaise qualité, avec l'image qui saute et tout et tout. Tout pour plaire, en somme.

 

Sur ce, je vous laisse. Une pensée et une larme pour Robin Williams. La mort, des fois, c'est juste nul. 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 20:21

SP-Poster-2.jpg

 

Afin de remédier au réchauffement climatique, quelques bonnes âmes ont la brillante idée d'envoyer dans le ciel de grosses boules réfrigérantes. Quelques décennies plus tard, la Terre n'est plus qu'un vaste frigidaire impropre à la vie, sauf à l'intérieur du Transperceneige, immense train circulant indéfiniment parmi les glaces, dont chaque wagon est dédié à une classe sociale, depuis les opprimés en queue jusqu'au grand chef aux commandes.

Le postulat de départ de Snowpiercer, adapté d'un manga si j'ai bien compris Google Images, est assez enthousiasmant. Ça nous change des machins de SF façon « dans un monde déshumanisé, trois héros luttent pour leur survie » et tout le tralala. Baser l'action d'un film dans un train, ce n'est pas si courant. Vous me direz qu'il y a Le Crime de l'Orient-Express. Je vous répondrai que oui, que c'est un excellent film, mais que ce n'est pas si courant tout de même puisque vous n'avez pas été fichus de penser à un autre. Na.

 

Après, forcément, avec un postulat de départ pareil, aussi enthousiasmant soit-il, on prend le risque de se retrouver en face d'un film légèrement linéaire. La révolte des plus démunis contre la classe bourgeoise et décadente se déroulant wagon par wagon, ça s'apparente plus à un jeu vidéo (et pas des plus récents) qu'à une oeuvre de cinéma. Et si cela donne quelquefois de véritables moments d'anthologie, ça laisse également perplexe à d'autres occasions.


Heureusement, une galerie de personnages totalement déjantés et magnifiquement bien écrits ainsi que de nombreuses audaces scénaristiques relancent amplement ce fameux postulat de départ dont au sujet du propos duquel je n'arrête pas de vous emmerder avec depuis maintenant trois paragraphes. De la matone aux bonnes manières à la prof sirupeuse, du papa et fifille défoncés au vieux sage estropié et manchot, on se promène dans une belle galerie. Dommage que le personnage principal soit, lui, si caricatural, encore que cette posture trouve également sa légitimité à la fin.

 

Donc, ne boudons pas notre plaisir : si Snowpiercer présente quelquefois ce qui s'apparente à des longueurs, on ne décroche jamais vraiment non plus et le film parvient toujours à réveiller l'intérêt, tout en offrant de jolis moments d'humour ainsi que de poésie. On est très loin du film d'action lambda : il y a une vraie écriture à l'intérieur de cette réalisation.


Sur ce, je vous laisse. Tchou Tchou.

 

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 23:05

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Nostalgique d'un passé qu'il fantasme et idéalise totalement, Gary King arrive à convaincre ses anciens amis de lycée de retenter la tournée des douze pubs de leur ville natale, ainsi qu'ils s'y essayèrent sans succès durant leurs années de jeunesse. Une nuit de beuverie en perspective, menée par un improbable loser, qui ne va pas se dérouler exactement comme prévu dès lors que des extraterrestres choisissent de s'en mêler.

 

Alors pour commencer, et encore une fois, le titre français de ce film est nul à chier du miel. Pourquoi avoir affublé d'une traduction à rallonge un titre aussi simple que The World's End ? La réponse à cette question serait passionnante et l'on pourrait en débattre longuement, mais pour le coup je demandais juste de manière rhétorique. Il y a certaines choses que je préfère ne même pas chercher à comprendre. Question d'hygiène mentale, vous comprenez. 

 

Dernier volet de la trilogie « blood and ice cream » initiée par Simon Pegg, Nick Frost et Edgar Wright, The World's End marche donc sur les traces du glorieux Shaun of the Dead et du non moins glorieux Hot Fuzz. Ici, c'est la science-fiction que revisitent nos joyeux drilles, et si j'ai envie d'écrire comme un journaliste de Télé Poche en utilisant des formules telles que « nos joyeux drilles », c'est mon droit le plus strict. La science-fiction que Pegg et Frost avait déjà cotoyé dans Paul, et qu'ils retrouvent ici en lorgnant sur L'Invasion des profanateurs de sépultures (ou Body Snatchers en version originale, se référer au deuxième paragraphe pour ce qui concerne la traduction française de ce titre).

 

Évidemment, au bout du troisième film, la surprise s'émousse un peu. Le film est réussi, les dialogues font mouche, le personnage campé par Simon Pegg est un modèle du genre tête-à-claques pathétique, et Nick Frost a l'occasion de faire la démonstration de tout son talent d'acteur. La réalisation est magnifique : les scènes de combat, pour ne citer que cela, sont très stylisées, magnifiques dans leurs chorégraphies, esthétiquement impeccables. Certes le scénario ne tient la distance que si l'on choisit de faire preuve de mansuétude et de passer outre les incohérences, et la fin du film a quelque chose de déroutant qui laisse volontiers perplexe, mais ces points un peu sombres ont aussi un côté étrangement jouissifs, qui fait que l'on marche sans trop se faire prier.

 

Mais The World's End n'a toutefois pas l'énergie des deux premiers volumes de la trilogie : le film n'est pas mauvais du tout, il est même franchement bon, délirant comme il faut, absurde et bien senti, mais il ne captive pas autant que les réalisations précédentes du trio de choc (Télé Poche, je sais, je vous dis zut) et apparaît même particulièrement convenu quand on connaît le potentiel de nos compères (oui, oui, Télé Poche, parfaitement), tel qu'il s'exprimait depuis le premier épisode de la série Spaced.

 

Peut-être est-ce le sujet qui bride un peu l'exhubérance, peut-être est-ce moi qui devient trop exigeant, peut-être est-ce à cause d'encombrements gastriques ou parce que je commence à avoir mes règles, mais The World's End ne m'a pas totalement convaincu. Pour autant, je ne saurais déconseiller ce film : même avec des défauts, même moins énergiques, moins créatifs ou que sais-je encore que Shaun ou Hot Fuzz, il demeure une oeuvre à regarder et à savourer pleinement. 


Sur ce, je vous laisse. WTF ?

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 22:39

war.of.the.worlds-1953.jpg

Après s'être livré à un rapide récapitulatif de toutes les planètes du système solaire, les Martiens en arrivent à la conclusion que seule la Terre est en mesure de remplacer la leur, en train de mourir à petit feu. Ils nous envoient donc des machins plein la figure sans même prendre la peine de faire semblant d'essayer de négocier. De quoi rendre jaloux Vladimir Poutine, en somme.

 

Il est de bon ton de vanter tout ce qui date, par nostalgie et respect instinctif des « classiques ». Ainsi, face à la Guerre des Mondes de Spielberg, nantie d'une fin catastrophique et d'un Tom Cruise aussi crédible comme acteur que je le suis comme chippendale, certains ne manqueront pas de brandir en étendard du bon goût cinématographique la première adaptation au cinéma du roman de Wells, celle de Byron Haskin en 1953. À juste titre ? Franchement non.

 

Si le roman de Wells est une merveille, cette adaptation est une belle fumisterie. Outre les défauts récurrents des films de cette époque, à commencer par une mise en scène pesante comme une enclume et des dialogues à faire se plier Shakespeare en deux, ce film sombre dans une étrange bondieuserie parfaitement grotesque et terriblement capillotractée. Ainsi que tout le monde le sait, mais si vous ne le savez pas alors ne lisez pas la suite de cette phrase, le plan d'invasion des Martiens échoue grâce aux virus, contre lesquels les extraterrestres n'étaient pas immunisés. Le film ne manque donc pas de remercier Dieu d'avoir créé, dans son infinie bonté, ces petites bestioles. Oui, merci mon Dieu pour le sida, l'ébola et la grippe espagnole ! Merci d'avoir créé d'horribles maladies en prévision du jour où des êtres venus d'une autre planète viendront nous faire la guerre !

 

Bon, je sais bien que c'est facile de faire de l'ironie mais franchement, c'est difficile de se retenir devant un film pareil. Je ne sais pas ce que je préfère : le fait que le film ne compte que deux personnages féminins, dont l'une est juste là pour pleurer dans les bras du héros et servir du café aux hommes qui, eux, sont là pour prendre les vraies décisions, ou le fait que les extraterrestres gèrent une équipement technologique formidablement en avance sur le notre tout en se révélant être de petits gnomes grotesques et malhabiles, nantis de bras démesurés sur lesquels ils semblent n'avoir aucun contrôle et qui partent dans tous les sens. Dans les deux cas, je l'avoue sans pudeur : j'ai ri.

 

Tout n'est pas à jeter dans ce film, il se regarde même sans trop soupirer, d'autant qu'il a le bon goût de ne pas durer trop longtemps, mais on n'en retient tout de même pas grand-chose. Je garde en mémoire la scène du champignon atomique, qui se déroule derrière un décor peint à la façon des méandres nuageuses et crépusculaires d'un Munch, ce qui est assez beau et profond dans le genre. Un petit émoi esthétique, mais pas de quoi se taper le cul par terre en chantant des louanges au Seigneur.


Bref, un classique c'est toujours une leçon d'histoire du cinéma, donc évidemment ce film vaut d'être vu dans la mesure où il a marqué son époque et le genre qu'il représente, auquel il lèguera probablement beaucoup. Mais quand un film « culte » vieillit aussi mal, c'est bien que, dès l'origine, il n'était pas aussi bon que certains le prétendent aujourd'hui.


Sur ce, je vous laisse. Amen.

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 23:41

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Comment les festivités du 4 juillet d'une petite ville côtière des États-Unis ont donné lieu à un indescriptible chaos se soldant par la mort horrible d'environ sept cents citoyens ? C'est la question à laquelle une série de documents audios et vidéos compilés les uns aux autres essaye de répondre, malgré la pression des autorités pour qu'aucune information ne puisse fuiter dans la presse américaine.

 

Il y a deux jours, je me regardais pour une énième fois non identifiée Good Morning Vietnam, film de Barry Levinson qui a bercé ma jeunesse. Le film, pas Barry Levinson. Typique des années 80 comme film, très bon au demeurant, mais je ne sais pas si quelqu'un pourrait encore aborder la guerre du Vietnam de cette manière-là. Quoiqu'il en soit, Levinson étant surtout connu pour ce film ou encore pour Rain Man, j'étais quelque peu curieux de savoir quel genre de film d'horreur allait bien pouvoir nous pondre ce grand monsieur du cinéma américain.

 

Je m'attendais surtout à du grand classique. The Bay, comme titre, ça fait penser à La Baie sanglante de Bava, et puis l'affiche est pour le coup totalement dans la lignée d'un Insidious ou d'un Esther, bref je me figurais une succession de meurtres dans une baie sinistre, avec des éléments surnaturels par dessus le tout pour plaire à tout le monde. Au lieu de cela, je me suis retrouvé en face d'une fable plus ou moins écolo, où des gens se font manger de l'intérieur par des isopodes mutants. Ça change, et ce n'est pas désagréable.

 

Sans vouloir exagérer le discours politique du film, on notera tout de même qu'il pose clairement la question de l'environnement dans son argument, pas seulement de manière générale mais en pointant du doigt de réels problèmes. Les fuites radioactives « mineures » dont on évite de nous parler pour ne pas nous inquiéter bêtement, le rejet dans les océans de produits qui flinguent un écosystème pour en instaurer d'autres peu recommandables, et surtout la question des élevages intensifs qui pourrissent et la terre et l'eau via la quantité de déjections qu'ils génèrent. Et là, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la Bretagne, pays souillé du lisier-roi.

 

Pour autant, le film ne cherche pas à développer une thèse. Il utilise ses éléments pour servir son scénario, qui nous est proposé sous la forme d'un mélange de différents documents, à la manière found-footage évidemment, puisque c'est la mode. Ce qui ne va pas sans poser les habituelles questions de crédibilité inhérentes au genre lorsque celui-ci est mal fichu. Pourquoi est-ce que Machin s'obstine à filmer quand la logique voudrait qu'il prenne ses jambes à son cou ? Pourquoi Bidule ne filme t-il pas LE truc devant lequel tout le monde s'extasie, sauf le caméraman qui trouve naturel de filmer les gens qui regardent plutôt que ce qu'ils regardent ? Et puis cette manie de tout filmer, tout le temps, à la moindre seconde, même quand grand-mère fait ses mots croisés ou que Robert coule un bronze aux toilettes... Le found-footage fonctionne dans plein de cas, dans d'autres il devient juste un gimmick indéfendable scénaristiquement. Avec The Bay, on est entre les deux. Ça ne suffit pas à pourrir le film, mais ça peut faire grincer des dents de temps en temps.

 

Il faut bien reconnaître qu'au moins, Barry Levinson a parfaitement saisi toutes les opportunités que cette technique de narration offre pour un montage efficace, et l'histoire que nous raconte son film serait probablement moins intéressante si son récit était purement linéaire. On passe de documents en documents, tel point de vue enrichissant tel autre, et l'angoisse monte lentement et s'impose avec beaucoup de naturel, malgré quelques intrigues secondaires qui laissent plutôt froid et, de temps en temps, un caractère un peu brouillon voire franchement confus.

 

Le film peut se révéler prenant ou poignant (la bande audio des deux policiers dans la maison, ou l'arrivée dans une ville morte d'un couple ignorant tout de la situation) et l'instant d'après laisser perplexe ou cesser de fonctionner quelques instants, en particulier dans ses effets de flash-back qui tendent à nous rappeler ce qu'on nous a dit cinq minutes auparavant, au cas où le spectateur aurait une mémoire de poisson rouge. Mais chaque séquence du film est trop courte pour gâcher l'ensemble. The Bay offre donc peu de temps mort, et se révèle vraiment efficace, malgré un début pouvant laisser craindre le contraire.

 

Un film bien dosé, bien équilibé, qui suggère plus qu'il ne montre, ce qui lui évite certes de tomber dans le grand-guignol mais apparaît également quelquefois comme de la timidité mal placée. Attention, certains passages sont assez dégueulasses, surtout si vous n'aimez pas le vomi, et en général les gens n'aiment pas le vomi, mais l'horreur dépeinte dans le scénario aurait certainement mérité un peu plus d'audace au niveau du graphisme. En somme, et venant de moi c'est un comble, le film n'aurait pas souffert d'être un tout petit peu plus gore.

 

Donc bon voilà, mitigé je suis, agréablement intrigué plus que surpris, face à ce film un peu comme les autres mais pas tout à fait, au montage et à la réalisation parfois audacieux et parfois timorés, qui essaye des choses sans aller toujours jusqu'au bout et qui critique sans trop se mouiller mais qui, au final, vaut tout de même le coup d'oeil !


Sur ce, je vous laisse.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 20:10

Deadly-Spawn.jpg

 

Une météorite qui tombe du ciel dans la nuit, ooooh disent les campeurs, on va aller voir de plus près, ah mon Dieu on nous attaque, du sang partout, oh mon Dieu oh mon Dieu, et maintenant la chose est dans la maison, oh mon Dieu elle tue papa, du sang partout, et puis maman, du sang partout aussi, elle lui arrache le visage, et puis l'électricien, et puis la tante et l'oncle, et le gamin, et l'autre gamin plus grand, et sa copine itou, et la tête, et la tete, alouette !

 

Ce bref résumé de l'action de Deadly Spawn vous permettra peut-être de comprendre que ce n'est pas pour ses qualités scénaristiques, ni même pour la valeur de ses dialogues, que l'on pourra recommander de regarder ce film. Mais pour quoi donc doudou alors ? Oui, tiens, en effet, bonne question.

 

The Deadly Spawn est un film qui, m'a t-on dit, bénéficie d'une bonne réputation dans le domaine de la série Z, précisément parce que c'est le prototype de la série Z absolue. Mais attention : pas la série Z des années 50 façon Ed Wood qui s'obstinait, malgré une évidente médiocrité, à se prendre au sérieux. Je parle ici de la série Z des années 80, où le nawak avait droit de cité et où les réalisateurs mettaient toute leur ardeur et leur talent (quand ils en avaient) à réaliser des films avec les moyens du bord. Ça a donné des merveilles comme Evil Dead, et des choses plus morphologiquement indéterminés comme The Deadly Spawn.

 

Mais s'il faut parler de passion, alors disons-le tout net : voilà une oeuvre qui n'en manque pas. Le film pue l'amour du cinéma comme un stand de fromages en plein air sent bon l'orteil de France. Est-ce que cela suffit à faire un bon film, ou même un film regardable ? Non pas ! ainsi qu'en témoigne une réalisation comme The Dead Hate the Living, bourrée de passion, très attendrissante, mais insupportable.

 

Ici, on sourit de temps en temps, on s'amuse des effets spéciaux certes malins mais aussi terriblement kitsch, on a de l'affection pour la grosse créature moche qui tue les gens et rappelle en version trashouille Audrey dans La Petite boutique des horreurs, mais l'inanité du scénario, qui se planque dans une unité de lieu totalement artificielle et aligne ses personnages d'une manière qui ressemble fort à de l'improvisation, empêche de vraiment trouver ça sympathoche.

 

Cependant, si vous êtes un fana des séries B ou Z, ce qui n'est pas toujours mon cas parce que cela demande quand même une sacrée patience, alors The Deadly Spawn est fait pour vous. Aucun doute : le film est mauvais, mais n'en demeure pas moins étrangement respectable.

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:49

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Après vingt ans sans retrouvailles et quelques vieux comptes à régler les uns avec les autres, un groupe d'anciens amis du lycée se retrouvent dans une maison de campagne pour passer quelques jours ensemble. Au cours d'un simulacre de nuit de Saint-Jean, une étrange lueur dans le ciel annonce des phénomènes étranges : plus aucun appareil électrique ou mécanique ne fonctionne, et les gens alentours sont aux abonnés absents...

 

Forcément, avec les films espagnols, on s'attend à une histoire de fantômes ou quelque chose dans ce genre-là, mais Jorge Torregrosa va beaucoup plus chercher du côté du Monde, la chair et le diable que de [REC] dans ce film singulier qui a le chic pour nous amener là où ne s'y attend pas.

 

La force The End réside dans sa faculté de jouer avec les clichés pour mieux dérouter le spectateur. Le coup classique du groupe d'amis qui partage un lourd secret a fait les beaux jours des slashers et mériterait quasiment sa propre dénomination générique, mais il ne trouve ici aucun écho prévisible, aucune de ses répercussions habituelles, bref sa fonction première semble presque résider dans la volonté de diriger le public vers une fausse piste.

 

Évidemment, trop en dire serait spoiler horriblement et ce n'est pas le genre de la maison. L'ennui, c'est qu'il est difficile de parler de ce film sans spoiler. Difficile de ne pas évoquer ces disparitions fugaces qui jalonnent son déroulement et apparaissent d'un désarmant naturel. Ces animaux qui investissent le monde des humains, figures prophétiques d'un paisible chaos. Cette sérénité, cette lenteur, d'un monde qui bascule sous les yeux de ses derniers occupants. Et cette ombre d'enfant qui se volatilise...

 

The End est un film qui pose beaucoup de questions et donne peu, très peu de réponses. Un film poétique, à la fois complexe et accessible, dont on ne sait pas vraiment de quoi il parle, ou s'il a l'ambition de parler de quoi que ce soit. Mais qui maintient le spectateur rivé devant son écran, sans jamais faire dans le suspens forcé ou la surenchère. L'aurore d'une fin du monde, tout simplement. Une réussite exemplaire.


Sur ce, je vous laisse.

 

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