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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 22:55

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C'est bientôt Nowel et vive le vent d'hiver, et dans une Sorority basée sur un quelconque campus américain de jeunes et charmantes étudiantes ainsi que leur vieille alcoolique de gouvernante s'apprête à prendre leurs vacances de fin d'année, un heureux départ qui sera malheureusement terni par les appels obscènes et angoissants d'un maniaque qui s'amuse à les harceler au téléphone, ainsi que par les meurtres abominables dont ces charmantes demoiselles vont devenir les victimes.

 

Je ne sais pas si vous connaissez Bob Clark, mais pour ce qui me concerne, et après n'avoir vu que deux films de ce réalisateur, je suis sous le charme et bluffé. Son Mort-vivant (Dead of night) était une merveille, superbe satire de la guerre du Viet-Nam et du retour des soldats sur le sol américain passé au prisme d'une histoire de zombie, et son Black Christmas est captivant, sinon capiteux.Il semblerait que Clark ait ensuite quelque peu déserté le cinéma d'épouvante pour se consacrer à des réalisations familiales qui n'ont pas l'air spécialement enthousiasmantes, mais rien que pour ces deux films son nom mérite de figurer au Panthéon des grands réalisateurs du genre. Car notre ami nous a quitté, hélas, voici quelques années, victime (ainsi que son fils) d'un chauffard bourré qui roulait à contre-sens.

 

Ce qui surprend le plus dans Black Christmas, c'est son caractère précurseur. Si Halloween est souvent considéré comme le premier Slasher « officiel » de l'histoire du cinéma d'épouvante, force est de reconnaître que certains films pourraient aisément prétendre à ce même titre, et cela n'est pas faire injure au grand John Carpenter que de le signaler. Naturellement, on retrouve les principes du slasher dans le giallo, et de fait Six femmes pour l'assassin de Mario Bava – dont je devrais vous causer prochainement un peu plus longuement, il est prévu dans ma liste des films à revoir – est incontestablement annonciateur du genre, tout comme l'est de manière assez criante Black Christmas.

 

Cependant, je ne tiens pas à m'attarder outre-mesure sur des données purement historiques. D'accord, la mise en scène des meurtres, la personnalité du tueur, la nature des victimes, la cadence même du film relèvent clairement du slasher avant l'heure, mais ce n'est pas cela qui fait le seul intérêt du film, loin s'en faut. J'ai même envie de dire que ce sont les éléments qui font que Black Christmas n'est pas encore tout à fait un slasher qui lui confèrent une qualité surprenante. Le fait, par exemple, de voir le film s'attarder sur les personnages avec un certain sens de la densité, leur donnant un fond à la fois tragique et ironique qui souligne avec d'autant plus de force le caractère violent, sadique, honteux des crimes dont ils sont victimes. Alors que les slashers, bien souvent, ne verront dans leurs personnages que des machines à se faire trucider bien pratiques pour faire avancer l'intrigue jusqu'à sa durée syndicale d'une heure et trente minutes. Ici le meurtre est humanisé : ses conséquences et ses répercussions directes nous apparaissent, notamment dans la quête pour le moins tragique de ce père à la recherche de sa fille dont il ignore, contrairement au spectateur, qu'elle a été assassinée.

 

Car c'est là encore un élément fort intéressant de Black Christmas : il parvient à entremêler les intrigues secondaires sans, à aucun moment, devenir confus. Chaque pièce du scénario complète l'ensemble à merveille, et pourtant ce scénario est largement morcelé, très complexe en réalité, et nous fait naviguer de personnages en personnages, de personnalités en personnalités, alternant angoisse et comédie, tout en demeurant entier, parfaitement complet.

 

On admettra volontiers – enfin moi j'admettrai, vous faites ce que vous voulez – que le film n'est pas totalement exempt d'incohérences, dans l'attitude des policiers par exemple à qui l'idée de fouiller à fond une maison dans laquelle des gens disparaissent à tour de bras ne semble jamais venir, mais pris dans le tourbillon de la narration on ne s'y attarde finalement pas trop. En revanche, on se fait totalement capter par le tueur, personnage à la fois principal et invisible qui ne s'exprime qu'à travers ses crimes ou ses coups de téléphone dont la teneur devient de plus en plus cauchemardesque et fascinante à mesure que progresse l'action.

 

Bref, vous l'aurez compris j'espère malgré le fichoir monumental de cet article, Black Christmas m'a tapé dans l'oeil. Encore une belle production des années soixante-dix, riche en chef-d'oeuvre tant issus des grands studios que des structures plus indépendantes ou underground. Esthétiquement très beau, soufflant le chaud et le froid, violent et malsain mais non dénué d'une certaine poésie macabre, je recommande et j'approuve !

 

Et sur ce, je vous laisse.

 

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 00:04

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Et bien voilà, j’avais dit que j’allais le faire et donc je le fais : je vais oser rédiger un article sur Halloween de John Carpenter. Remarquez que ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que j’ose m’attaquer ainsi à un classique aussi remarquable. Après tout, essayer de rédiger quelque chose sur Les Oiseaux, ce n’était pas mal non plus dans le genre. Mais le principe de ce blog est immuable : je rédige des critiques sur les films que je vois ou revois, et j’ai revu Halloween, et donc je rédige une critique sur Halloween.

 

Mais déjà je sens que quelques cinéphiles ayant le sens du mélodrame vont s’écrier « Quoi ? Vous osez comparer Halloween aux Oiseaux ? Carpenter à Hitchcock ? Michael Myers à la Mouette Rieuse ? » Oui, j’ose !

 

Ça m’a toujours fait chier, si vous me permettez une parenthèse, ces personnes qui considèrent qu’il faut toujours tout hiérarchiser tout le temps et ne jamais comparer quoi que ce soit. Et qui s’offusquent avec leurs « Tu oses ». « Tu oses comparer Thomas Fersen à Charles Trénet ? Tu oses comparer Coline Serreau à François Truffaut ? Tu oses comparer Pincemi à Pincemoi ? » et j’en passe et des meilleures. A force, tout de même, c’est gonflant. Si on les écoutait, il faudrait pratiquer une sorte d’autarcie culturelle et ne jamais comparer les choses qu’à elles-mêmes.

 

Halloween, évidemment, c’est un chef-d’œuvre. Troisième film de John Carpenter, et le voici d’ores et déjà parmi les plus grands. Ce n’est pas seulement qu’il a réalisé un grand film, c’est qu’il a tout simplement donné naissance au genre du slasher. Sans Carpenter et sans Halloween, nous n’aurions jamais connu cette vague de films à tueurs masqués qui ont investi les écrans durant les années quatre-vingt, et même si ce n’est pas forcément mon genre de prédilection, et même si cette mode s’est – comme toutes les modes – imposée aux dépens d’autres pistes originales ou créatives, ça aurait tout de même été dommage de s’en passer.

 

Une chose est certaine : peu de réalisateurs peuvent se vanter d’avoir donné naissance à un genre, et pas seulement au sein du cinéma d’horreur. Romero a créé le zombie moderne, qui a mis quarante ans pour devenir une référence absolue et (sur)exploitée dans le registre de l’épouvante, et John Carpenter a créé le slasher, libre adaptation américaine du giallo, avec ses codes et ses cahiers des charges, son tueur au masque personnalisé, ses adolescents idiots qui se font massacrer dés qu’ils font l’amour, sa vierge que l’on épargne en fin de compte et d’autres signes distinctifs dont Scream, si mes souvenirs sont bons, fit une liste relativement exhaustive.  

 

Oh bien sûr il y avait des prémices. Massacre à la tronçonneuse est-il un slasher ? On peut se poser la question, cela va de soi. J’aimerais d’ailleurs qu’on évite de me la poser parce qu’elle a tendance à me mettre dans l’embarras. Mais oui, j’imagine que l’on peut considérer le film de Tobe Hooper comme un pré-slasher. Ce ne serait pas le seul, d’ailleurs…

 

 

Mais qu’est-ce qui fait, ou qu’est-ce qui a fait, de Halloween une œuvre aussi marquante. Pour commencer, le simple fait qu’elle se déroule durant Halloween. A la base le film n’était pas censé se dérouler à cette période, l’idée de situer l’action le 31 octobre est de Carpenter lui-même qui avait saisi l’intérêt de focaliser l’attention narrative sur une date particulière, et d’autant plus marquante dans le cas de la fête d’Halloween. Cela se retrouvera fréquemment par la suite. Comme les Nuls le firent remarquer, Vendredi 13 n’est plus très intéressant le Samedi 14...

 

La chose amusante, c’est qu’en 1978 cette fête anglo-saxonne n’était pas connue du tout en France, ce qui explique cet étrange titre, La Nuit des masques, et ces constantes références à la « veille de la Toussaint » en guise de périphrase pour désigner Halloween. Ce qui nous rappelle d’ailleurs que la Toussaint n’est qu’une adaptation chrétienne de la fête des morts que célébrait nos lointains ancêtres païens. Ce n’est pas nouveau, et puis c’est comme Noël qui n’était jamais que la célébration du solstice d’hiver. Franchement, s’amuser à décorer un arbre, vous trouvez vraiment que c’est très catholique ? Je vous le dis comme je le pense : ça sent le druide à plein nez…

 

Essayons de revenir à Halloween est d’en égrener les qualités. D’abord, son générique. Vous avez le droit de trouver que la musique de Carpenter exécutée par ses soins sur son clavier Bontempi est risible, elle fait pourtant son petit effet et, collée sur l’image d’un Jack-o-lantern luisant dans le noir d’une manière sinistre, donne à voir ce qui est pour moi l’un des plus beaux génériques de toute l’histoire du cinéma d’épouvante. Un visage inhumain au sourire sardonique, une flamme rouge qui brûle en son sein sans le consumer, c’est le Mal vu par Carpenter et c’est la plus belle allégorie qu’on en puisse imaginer.

 

Ne vous étonnez pas si je sombre comme cela dans des délires de groupies : je ne me revendique d’aucune forme d’objectivité quand il s’agit de parler de John Carpenter. Je suis même prêt à défendre Les Aventures d’un homme invisible s’il le faut vraiment.

 

Plus sérieusement, je ne parle pas de visage inhumain par hasard. L’un des thèmes récurrents du cinéma de Carpenter est la déshumanisation. C’est même plus qu’un thème récurrent, c’est une obsession de son cinéma. Déjà, Assaut nous présentait des malfrats tellement dénués de conscience qu’ils en devenaient des monstres insoucieux de la vie ou de la mort, y-compris de la leur. The Thing ou Le Village des damnés s’intéressaient à des entités extraterrestres se substituant à l’humanité. L’Antre de la folie ou La Fin absolue du monde, deux de ses plus grands chefs-d’œuvres, abordent le thème de la désincarnation par l’art et la fiction prenant le contrôle de la réalité. Et Halloween, donc, nous présente Michael Myers, l’humain qui a cessé de l’être, le Mal dans toute sa logique destructrice, le croque-mitaine, le monstre, l’ogre.

 

L’un des plus jolis plans du film se situe peut-être dans la scène d’introduction, où l’on suit en caméra subjective le jeune Myers alors qu’il commet son tout premier meurtre, celui qui lui vaudra de passer quinze ans dans un asile psychiatrique. Tandis qu’il poignarde sa sœur Judith, nous voyons son regard quitter le corps meurtri de sa victime pour regarder son propre bras donner des coups de couteau. Ici se contient Michael Myers : un assassin mécanique qui se regarde tuer plus encore qu’il ne tue. On le retrouve quinze ans plus tard dodelinant de la tête comme une poupée face au corps qu’il vient d’embrocher contre une porte. C’est le même. Sans conscience, sans compréhension, peut-être en quête de sens face à son propre instinct destructeur.

 

Dans son remake assez médiocre, Rob Zombie a cherché a creuser encore plus la psychologie de Myers, insistant sur la notion du masque, sur les motivations du personnage. Une entreprise à la fois louable et finalement inutile. Carpenter livre dans son film une foule d’indice permettant à chacun de se faire une idée, ou plusieurs, de la mentalité de ce personnage. Il laisse la porte ouverte à de nombreuses interprétations, lorsque Zombie sombre finalement dans de l’analyse de comptoir plutôt fouillis, sinon merdeuse.

 

Myers est-il humain ? Est-il mortel, plus simplement ? Est-il intelligent ou, au contraire, totalement demeuré mental ? Est-il un enfant meurtrier dans un corps d’adulte, ou un adulte meurtrier qui s’incarna dans le corps d’un enfant ? Est-il innocent ? Est-il vivant ? Est-il réel ?

 

Toutes ces questions, et plus encore, on peut se les poser durant l’heure et demie que dure le film. Et l’on peut également se demander qui est Laurie Strode. Le rythme volontairement lent du film insiste énormément sur ce personnage et sur sa rencontre à venir avec Myers, qui apparaît comme son destin. Si les suites ont étoffé l’étrange relation qui les unit tous les deux, il est bon de noter que Carpenter laisse là encore planer le doute et permet à chacun de se faire sa propre opinion, sa propre interprétation.

 

Mais je vais arrêter de vous faire chier avec toutes ces considérations éthérées et dire quelques mots tout bête sur les qualités intrinsèques du film : son rythme que je viens d’évoquer, et qui crée une tension allant crescendo, un cauchemar prenant ses aises et surgissant enfin dans un déferlement de violence frôlant le surréalisme. Son ambiance, mettant en contraste la vie paisible d’une banlieue paisible et la cruauté qui vient prendre possession des lieux et révèle ses habitants dans leur vraie nature, celle de gens qui ferment leurs portes à clé quand une jeune fille en pleurs demande de l’aide. Et ses acteurs, Donald Pleasance et Jamie Lee Curtis en tête, sans qui le film n’aurait pu avoir une telle force, ni une telle présence.

 

Il se fait tard, j’ai envie d’aller regarder un documentaire sur le Ku Klux Klan puis me coucher ensuite, donc je vais conclure de manière un peu abrupte pour vous dire, en un mot, que Halloween fait partie de ces films que je regarde pour la centième fois sans parvenir à me départir d’un sourire sur mon visage. Un grand film, efficace, profond, subtil et dense. Du Carpenter, en somme. Dans toute sa splendeur.


Sur ce, je vous laisse !

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 06:11

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Donc bon, c'est l'histoire d'un lycée dans lequel a eu lieu un massacre dont le responsable, qui s'était amusé à découper ses victimes en petits morceaux, n'a jamais été découvert. Plus tard, une équipe de cinéma investit ce même établissement scolaire en vue d'y réaliser un film relatant le massacre en question et, quelle surprise, devient à son tour la proie de ce même tueur fou et de ses délires sadiques.

 

Return to Horror High est l'exemple typique du film qui essaye de se montrer créatif mais ne parvient au final qu'à se montrer mauvais. On saluera pourtant la volonté de mener une narration sur trois temps différents : celui de l'enquête policière suite au massacre de l'équipe de cinéma, celui du tournage du film d'horreur dans les murs du lycée, et celui du tout premier massacre. Ces trois instances se mélangent allègrement et ça aurait pu donner quelque chose de sympathique mais ça rend surtout l'intrigue un peu confuse pour pas grand-chose.

 

On saluera également une certaine envie de faire de l'humour, des petites pointes d'absurde itératives relativement amusantes, comme ce personnage de fliquette qui ne cesse tout au long du film d'échancrer sa chemise d'uniforme pour attirer le regard de son supérieur, ou cet auteur de cinéma qui se voit contraint d'écrire et de réécrire des scènes dont personne ne semble jamais vouloir. Pour autant, tout cela se noie dans un environnement peu propice aux éclats de rire hystériques et tend donc surtout à tomber à plat, ne parvenant pas à dépasser le stade de l'intention.

 

Et puis on pourrait saluer la mise en abyme quasiment constante qu'offre Return to Horror High, film d'horreur racontant le tournage d'un film d'horreur, avec ses emmerdes de fric, avec les ambitions artistiques du réalisateur et le pragmatisme économique du producteur qui réclame plus de sang et plus de sexe sans se soucier des implications philosophiques de son sujet. Un navet qui raconte la réalisation d'un navet, c'est toujours bon à prendre pour qui apprécie les sciences de l'autodérision. Mais cela ne suffit pas à rendre le film aimable.

 

On pourra, enfin, saluer le twist final qui, sans faire tout sauter autour de lui, présente tout de même quelques aspects intéressants. Il est sensiblement peu crédible et pose même quelques questions fatales vis-à-vis du scénario mais bon, c'est le genre de détails dont on se soucie bien peu dans ce type de réalisations.

 

Bref, plein de choses à saluer mais au final rien de bien intéressant. On s'ennuie plus qu'on ne sourit devant ce film, qui manque cruellement de rythme et ne parvient jamais vraiment à décoller. Les minutes s'égrènent lentement devant, et la version française, la seule disponible dans l'édition dvd du film, ne rend pas les choses plus agréables. On notera la présence d'un tout jeune George Clooney au générique, qui se fait tuer au bout de dix minutes. Pas de chance, c'était encore l'un des éléments les plus intéressants de cette production.

 

Marrant mais sans plus, navet-nanar pas forcément classique mais sans reliefs exceptionnels, Return to Horror High fait partie de ces milliers de films que l'on regarde sans trop savoir pourquoi et que l'on oublie rapidement après les avoir vus. Rien de plus à dire, en fait.


Sur ce, je vous laisse !

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 22:47

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On a parfois de drôles d'envies qui nous prennent. Cet après-midi je suis allé faire un tour dans l'une des boutiques de vente d'occasion où je me rends de temps en temps  pour me fournir en dvds, et je tombe sur celui-ci, avec sa pochette flashy au possible qui n'est pas sans rappeller celles des films de la Trauma. Et j'ai eu envie de l'acheter. J'ai beau eu me dire que ça devait être un slasher profondément médiocre, qu'en plus c'était idiot parce que c'est le troisième volet d'une série et que je n'ai même pas vu les deux premiers, rien à faire : une force irrésistible m'a fait acquérir ce dvd, au moment précis où je passais en caisse avec un autre film en main. Il fallait que je fasse demi-tour et que je le prenne également. C'était écrit. 

 

Bon alors, sommes-nous effectivement en face d'un slasher médiocre ? Bien sûr que oui. Cependant, je mentirais en vous disant que je n'ai pas passé un bon moment devant. Là encore, je n'ai pas d'explications qui me viennent en tête : je suis persuadé que si j'avais regardé ce film un autre soir, je l'aurais détesté, mais là, juste là, comme cela, dans cette ambiance précise, en cette soirée du 25 septembre 2010, avec mon nez bouché et ma gorge qui siffle à cause d'une saloperie de rhume, j'ai plutôt apprécié ce film.

 

A part cela, on est en présence d'une série Z ultra-classique. Le scénario est ultra convenu, même si son twist final est pour le coup vraiment intéressant. Les dialogues sont d'un niveau déplorable et les comédiens qui les portent n'ont pas franchement assez de talent ou de motivation pour les sublimer. La réalisation, sans être minable, n'a rien de bien folichonne et les effets spéciaux gores se démarquent par leur singulière incohérence.

 

Bref, comme je me tue à le dire, il m'est beaucoup plus aisé d'identifier ce que je n'ai PAS aimé dans ce film que les raisons pour lesquelles, dans le fond, j'ai apprécié de le visionner. Peut-être ai-je tout simplement été sensible au charme évident qui émane bien souvent de ces petites réalisations et à la poésie morbido-adolescente qui les imprègne. En fait, j'ai peut-être aimé ce film tout simplement parce que j'aime les films d'horreur. Que j'aime le genre. Que j'aime les univers qu'il propose, et puis voilà...

 

Une chose est certaine : ce n'est pas une oeuvre que je recommande. A chacun de voir s'il veut s'y tenter ou non, mais il est évident que des centaines de films sont à voir avant celui-ci. Cependant, je m'en voudrais de ne pas préciser qu'on peut y admirer la fort jolie Tara Platt toute mimi et (surtout) toute topless sur la plage, et que rien que cela fait que je n'ai pas la sensation d'avoir perdu mon temps. Parce qu'au milieu de toutes ces blondasses siliconées, elle rayonne avec une ardeur émouvante cette jolie jeune fille-là...

 

Sur ce je vous laisse, et si vous trouvez que les films d'horreur tendent à représenter les étudiants plus cons qu'ils ne le sont en réalité, c'est que vous n'avez jamais participé à une soirée en compagnie de premières et deuxièmes années de médecine... !

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 01:14

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Des étudiants qui vont squatter une énorme piscine municipale pour fêter la fin de leurs hautes études, un tueur malade et masqué qui les pourchasse et les poignarde les uns après les autres, une réalisation minable, des dialogues ridicules, une réalisation sans relief ni talent, un slasher de merde.

 

Sur ce je vous laisse, et si comme moi vous avez parfois du temps à perdre le soir, essayez tout de même de le consacrer à autre chose qu'à regarder des films pareils...

 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 23:25
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Au début, les filles avaient dit : « pas de mecs ». Elles voulaient se faire une soirée juste entre nanas. Et puis vous savez ce que c'est, il y a celle qui insiste pour faire venir son copain, et puis il y a les deux voyeurs puceaux du coin qui viennent s'incruster, et puis pour finir il y a le tueur psychopathe en cavale qui s'invite à son tour, et à l'arrivée on se retrouve avec cinq cadavres sur les bras et du sang plein les chips. Franchement, c'est pas cool !

Bon, trève de plaisanteries, nous voici en présence d'un slasher typique. Plus typique que The Slumber party massacre, y a pas. La principale originalité du film réside probablement dans le fait qu'il a été réalisé par une femme, ce qui est rare, autant dans le monde du cinéma d'horreur que dans l'univers du septième art en général. Pour autant, ça ne fait pas une grande différence...

Slasher typique donc, avec ses plans opportunistes sur les seins ou les fesses de ses actrices, notamment durant la scène de la douche commune dans les vestiaires du gymnase : la caméra insiste tellement sur la nudité (charmante) des donzelles qu'on se demande si ce n'est pas du second degré.

Slasher typique encore, avec ses personnages d'ados écervelés et plus ou moins obsédés sexuels. Filles ou garçons, ils ne pensent qu'à ça et ne parlent que de ça, ce qui nous donne des dialogues se voulant truculents mais bien trop caricaturaux pour fonctionner réellement. Au moins, on se marre volontiers. Par les temps qui courent, c'est toujours bon à prendre.

Slasher typique enfin, avec ses effets trampoline malheureusement trop prévisibles pour être efficaces, et sa mise en scène directement pompée aux films fondateurs du genre que furent Halloween (évidemment) ou Vendredi 13. Il y a bien quelques petites « trouvailles » par ci par là, mais la réalisation en abuse tellement qu'elles perdent rapidement de leur charme.

Une petite exception peut-être : le personnage du tueur. Dans les slashers, ils sont généralement masqués, ou au moins auréolés de mystère. Ici, pas du tout : c'est juste le killer-next-door absolu, dont on voit le visage tout de suite, dont on connaît le nom dès les premières secondes du film, et dont les motivations restent floues. Disons que durant la petite tirade qu'il débite vers la fin du film, le seul moment où il ouvre la bouche d'ailleurs, on comprend juste qu'il est cinglé. Mais ça on s'en doutait un peu. On saisit aussi qu'il a des comptes à régler avec les femmes, ou avec les hommes qui chassent l'escargot.

Son arme de prédilection : une sorte de perceuse électrice version king size. Le plan où une jeune femme parvient à couper une partie de la mèche à l'aide d'un couteau, suivi du regard incrédule de l'assassin sur son outil soudainement tronqué, relève peut-être de la métaphore phallique et, en l'occurrence, castratrice... Ce serait à mettre au crédit de la psychologie du psychopathe. Mais comme j'ai tendance à voir des zizis partout, je vous invite à prendre cette interprétation avec tout le recul qu'elle mérite...

L'absence de personnalité du tueur est sans doute le point le plus négatif du film. Souvent, dans les slashers, même dans les plus banals, c'est ce personnage qui sauve le film. Sans la création de Jason pour son second volet, Vendredi 13 n'aurait sans doute jamais donné naissance à la longue saga que l'on connaît. Et ici, il est bien terne, ce massacreur de nénettes. Et comme ce ne sont pas ses victimes qui relèvent le niveau, on a bien du mal à se sentir concerné.

N'allez cependant pas penser que j'ai détesté The Slumber party massacre. J'espérais un slasher exemplaire, et c'est précisément ce qu'il m'a été donné de voir. Avec sa collection de meurtres absurdes, avec sa musique minimaliste exécutée au synthétiseur, avec ses personnages aux réactions totalement irréelles, avec son ambiance cradingue et sa sirène de flics qu'on entend se profiler au loin une fois que tout est terminé... Pour qui aime le genre, et même si ce n'est pas mon préféré je ne crache pas dessus, c'est un plaisir de s'immerger dans de bonnes grosses années 80 et de se mater ça. On n'en sort pas grandi, on en retire même une certaine frustration, mais on savait à quoi s'attendre dés le début, alors pourquoi bouder son plaisir ? 

Mention spéciale pour la VF (aucune VO n'est disponible sur le dvd édité en France) qui fleure bon la bat-les-couilles de cette époque, et pour la scène où l'une des minettes, qui présentait tous les symptômes de la terreur deux minutes auparavant, se met à manger avec désinvolture de la pizza en utilisant le cadavre du livreur comme table improvisée... J'adore !

Sur ce, je vous laisse, et si vous vous demandez pourquoi les teenagers américaines changent de station dés que le speaker annonce qu'on fou dangereux s'est échappé de prison et rôde près de chez elles, dîtes-vous qu'elles ne sont jamais qu'une représentation de la jeunesse de l'époque, qui préférait aller regarder ce genre de films dans les drive-in plutôt que de s'inquiéter des décisions politiques de Ronald Reagan !
 

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