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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 23:00

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Parce que Suzy ne supporte plus la petite ville dans laquelle elle se sent à l'étroit et rêve d'aller vivre à Chicago, la voici qui part vers cette grande aventure en compagnie de ses amis dans la remorque d'un camion dont le chauffeur a gentiment accepté de les prendre après les avoir trouvés malencontreusement en panne au bord de la route. Et comme nous sommes dans un film d'horreur, le périple qui se devait être une jolie virée décadente entre jeunes va se transformer en effroyable tuerie sanguinolente.

 

Prowl est ce qu'il convient d'appeler un film en dents de scie : d'abord on a droit au traditionnel prologue un peu longuet, puis une séquence claustrophobique plutôt réussie relance l'intérêt du film, puis on tombe dans le convenu avant d'avoir droit au twist classique et sans grande saveur, et cela jusqu'au dénouement prévisible de rigueur qui nous mène à une conclusion qui, elle, ne manque pas de beauté ni d'originalité.

 

On regrette même que le film n'ait pas choisi de développer tout ce qui se dit dans ses cinq dernières minutes plutôt que de nous raconter une histoire qui, sans manquer de mordant, ne casse tout de même pas non plus des barreaux de chaise. Une réalisation haletante, souvent réussie mais qui parfois se fourvoie dans des effets faciles, aide à donner au film un rythme agréable, mais le scénario, ses astuces et ses rebondissements, tombent trop souvent dans le cliché et la simplicité pour se révéler vraiment crédibles.

 

On peut toutefois saluer le fait que, pour un film nanti de toute évidence d'un budget très modeste, Prowl est nettement plus réussi et efficace que nombre de ses congénères et n'apparaît pas comme une énième série Z dénuée de talent ou de potentiel. Pour autant, on trouvera aisément dans le même registre bien plus urgent à regarder.


Sur ce, je vous laisse.

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 16:56

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Pour quelles raisons les traducteurs français du premier Fright night, celui de 1985, ont-ils cru nécessaire de rebaptiser le film Vampire, vous avez dit vampire ?, nul ne saurait sans doute le dire excepté quelque spécialiste en sciences occultes. C'est assez révélateur en tout cas de la manière dont les films d'horreur étaient alors traités. Et vingt-six ans plus tard, voilà que le remake du film de Tom Holland sort sur les écrans avec son titre original, Fright Night. C'est assez révélateur de la manière dont la langue française est maintenant traitée.

 

Bon je chipote et je fais mon vieux con, je sais, mais amusez-vous à rédiger des introductions pour chaque film d'horreur que vous regardez et on en reparlera...

 

Bref, l'histoire de ce remake prend de très larges libertés avec le scénario original, ce que je ne lui reproche en aucune manière, mais l'argument principal demeure à peu près le même : Charley Brewster vient d'hériter d'un vampire comme voisin et cherche une manière de s'en débarrasser, se tournant notamment vers Peter Vincent, un homme de spectacle censé être un spécialiste dans la lutte contre les vampires mais se révélant surtout être un fabuleux poltron.

 

Il faut vous dire que j'ai un gros attachement vis-à-vis de Vampire, vous avez dit vampire ?, pour la bonne raison que c'est le premier film d'horreur que j'ai vu de ma vie. Là, logiquement;, je devrais me lancer dans un long récit bardé de nostalgie pour vous raconter les circonstances de cette découverte merveilleuse et de la passion qui s'ensuivit mais en fait j'ai la flemme et je suis à peu près certain que vous n'en avez stricement rien à foutre, alors on va faire dans l'ellipse et tout le monde sera content. — Donc, même si le film de Tom Holland n'a pas franchement bien vieilli et fait montre d'un sacré paquet de faiblesse, y-compris dans sa réalisation parfois maladroite, je continue à le porter dans mon coeur et à le regarder fréquemment, ne serait-ce que pour la personnalité des personnages et le scénario qui ne manque pas de truculence.

 

Inutile donc de vous dire que je craignais le pire en abordant ce remake. D'autant que les remakes, cela fait quelques années qu'ils me cassent les ouètes en petits morceaux. Le cinéma d'épouvante américain bégaye et se répète, refaisant des films en moins bien dans l'espoir de capter un nouveau public en utilisant de vieilles recettes. Il en ressort des produits insipides comme le remake de Amityville, voire totalement indigeste comme celui de Day of the dead. Et puis tout de même, de temps en temps, quelques réussites. Le Dawn of the dead en fait partie par exemple, précisément parce qu'il est tout sauf un remake, tout au plus une variation sur le même thème qui, en ne cherchant pas à copier bêtement Romero, aboutit à une création originale et de grand talent.

 

Est-ce le cas de ce Fright night ? Oui et non, à vrai dire. Disons qu'à mon grand soulagement, le réalisateur et les scénaristes prennent très vite leurs distances vis-à-vis du film de Tom Holland. Si la situation générale ainsi que les noms des personnages restent les mêmes, l'agencement même de la narration, ses enjeux, ses tenants et ses aboutissants prennent eux des directions totalement différentes. On n'a donc pas du tout l'impression de regarder une stupide imitation et c'est un très bon point, surtout quand on connaît le film par coeur...

 

A côté de cela, le film ne se démarque pas spécialement des autres productions du moment. Je suis actuellement en train de regarder la série Teen wolf et j'ai été frappé par les convergences esthétiques, sinon diégétiques, entre ces deux avatars de la culture horror-teen très en vogue depuis quelques années. Twilight, gentiment moqué dans Fright night, n'y est pas étranger. On retrouve cette ambiance brumeuse et crépusculaire, cette étrange indolence qui, semble t-il, exprime le sentiment de toute une jeunesse bourgeoise américaine dont on se dit qu'elle doit bien s'emmerder dans la vie, la pauvre...

 

De présentateur de télévision grisonnant, le personnage de Peter Vincent est devenu un performer artistique très rock'n roll de Las Vegas. On aurait tout aussi bien pu changer son nom, Peter Vincent (références à deux monstres sacrés de la Hammer, Peter Cushing et Vincent Price) ne collant pas vraiment avec ce mélange hétéroclite entre Marilyn Manson et David Copperfield. La petite amie de Charley Brewster est nettement plus délurée et demandeuse que ne l'était son équivalent des années 80, la maman de Charley Brewster ne cache pas non plus ses hormones qui la travaillent, et le Charley Brewster lui-même a perdu de son côté naïf des origines pour devenir un adolescent ayant trouvé le bonheur en reniant sa nature. Quand on a trente-cinq ans et qu'on a grandi avec Les Années collège, on se sent forcément un peu largué...

 

Bon là je m'égare et je dis un peu n'importe quoi, mais voilà : le défaut principal de Fright Night est de faire dans le teen-movie qui ne cherche surtout pas à prendre de risques, bien adapté à une tranche d'âge fixée à l'avance par les producteurs, un rien démagogique et pas toujours des plus intelligents.

 

A côté de cela, le film ne manque pas de rythme, il est même plus nerveux que celui de Tom Holland, et réserve son lot de scènes choc qui sont loin d'être détestables. Il offre aussi une scène qui, à elle seule, vaut que le film soit regardé : un combat assez hallucinant contre un vampire tout neuf et particulièrement amoché qui relève franchement du pathétique. Les acteurs ne sont pas mauvais, la musique fait franchement penser à Dany Elfmann mais n'est pas vilaine, la réalisation est d'un calibre correct, bref Fright Night peut amplement se regarder pour peu que l'on ait épuisé son intégrale de Buffy, auquel on pense tout de même beaucoup tout le long.

 

Mais Buffy restera probablement dans les mémoires un sacré bout de temps tandis que Fright Night, à mon humble avis, n'aura qu'une durée de vie limitée au sein des annales.

 

Sur ce, je vous laisse !

 

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:33

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Stake Land, c'est l'histoire d'un tout jeune homme qui parcourt les Etats-Unis en compagnie d'un homme quelque peu bourru qui se fait appeler Mister et qui traque le vampire, ce qui n'est pas bien difficile tant le territoire américain en est infesté depuis une qu'une étrange épidémie a frappé le monde et transformé les honnêtes pères de famille en brutes suceuses de sang.

 

Certes j'ai résumé très grossièrement mais chacun pourra constater, même en lisant un descriptif plus approfondi de l'intrigue de base de Stake Land, que celle-ci ne brille pas par son originalité. Il y a un peu de tout dans ce film, du post-apocalyptique, du vampirisme bestial, de la satire religieuse, du western, du road-movie, des sentiments gentils et d'autres très méchants, bref beaucoup de choses que l'on a déjà vu mille fois dans mille autres films du même tonneau. Et pourtant ça marche.

 

Ça marche parce que Stake Land est très bien écrit, très bien interprété et très bien réalisé. Ça marche aussi parce que le film développe son univers avec brio et maintient le spectateur immergé dedans grace à un rythme soutenu sans être agressif et une multiplicité d'intrigues qui s'entremêlent sans jamais s'embrouiller et donnent au tout un caractère profondément humain qui assure une crédibilité à l'ensemble. Et puis ça marche parce que c'est beau. Certaines scènes sont de toute beauté, quelques-unes des plus belles que j'aie vu dans un film de vampires récent, même si les vampires en question relèvent plus du zombie romerien que du Comte Dracula.

 

Je suis un peu à court d'inspiration et j'ai du mal à développer mes phrases ronflantes habituelles, alors on se contentera de ça. Si vous avez envie de regarder un bon film de zombies-vampires, je vous recommande chaudement Stake Land et puis c'est tout. Je ne dis pas que, de temps en temps et surtout vers la fin, ça ne s'égare pas dans quelques excès ou quelques facilités, mais ça ne tombe jamais non plus dans le grand-guignol ou l'outrance et cela se remet toujours sur les rails avec un certain brio fort appréciable. Vous l'aurez compris : j'apprécie, j'adhère et je conseille.

 

Et sur ce, je vous laisse !

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 01:21

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Sadie Blake, alias Lucy Liu, n'a pas de bol : ses enquêtes journalistiques sur le monde des gothiques l'amènent à se faire violer par un couple de vampires assoiffés qui la laissent ensuite pour morte, ce qui ne l'empêche pas de reprendre connaissance à la morgue et de découvrir un changement notable dans ses habitudes alimentaires. Devenue vampire, Sadie doit renoncer à ce qui faisait d'elle un être humain et part à la poursuite des responsables de sa nouvelle condition.

 

Une histoire de vengeance, donc. Dans le fond c'est assez banal et dans la forme également, même si l'on notera une gestion assez virtuose des effets flash-back au sein du déroulement narratif. En général, les réalisateurs se perdent tout seul à l'intérieur de leurs délires analeptiques mais Sebastian Gutierrez s'en sort pour sa part plutôt pas mal. Pas de quoi hurler au génie, mais c'est toujours ça de pris.

 

En fait, et j'imagine que ça se sent déjà, je ne sais pas trop quoi dire à propos de Rise. Bon voilà c'est un film de vampire plutôt grand-public, qui ne cherche pas à revisiter le mythe ni à révolutionner le genre. On est dans le registre des vampires urbains, façon Anne Rice en moins inspiré. Quelques scènes ne manquent pas d'une certaine poésie macabre, notamment l'orgie sanglante dont Lucy Liu se retrouve la malheureuse victime, mais cela reste relativement convenu.

 

Bref, je ne me sens pas de m'étendre pendant des heures sur le sujet. On oscille entre Twilight et Buffy avec Rise, et ce ne sont pas forcément des mauvaises références, mais cela permet de se faire une idée de l'ambiance. Ça se regarde sans déplaisir, mais j'ai du mal à être totalement objectif puisque je suis amoureux de Lucy Liu. On ne se sent pas plus con après l'avoir vu, on n'a pas non plus l'impression d'avoir perdu son temps, on a regardé une petite histoire qui se déroule convenablement et puis basta.

 

Et si vraiment vous arrivez à vous faire une opinion en lisant cet article, c'est que vous êtes très fort. Même moi, je ne comprends pas très bien où je veux en venir...


Sur ce je vous laisse, parce qu'en plus je n'ai aucune pudeur !

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 23:28
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Logiquement je devrais vous faire le discours liminaire habituel : « Depuis le succès de Shaun of the dead, on voit fleurir d'un peu partout une foule de comédies d'horreur... » et tout le toutim, seulement j'en ai un petit peu marre de répéter la même chose tout le temps. Dans la mesure où Lesbian vampire killers n'est probablement pas le dernier avatar de cette nouvelle mouvance au sein du cinéma d'épouvante, et dans la mesure où ce blog aura certainement l'occasion d'accueillir d'autres critiques concernant des films d'horreur humoristiques, je vais m'épargner le baratin d'usage et le garder dans un tiroir en attendant une prochaine opportunité de vous le resservir.

Lesbian vampire killers est donc une comédie. Il était difficile de s'attendre à autre chose : même Roger Corman n'aurait pas osé produire un film « sérieux » nanti d'un titre pareil. Et Lesbian vampire killers raconte exactement ce qu'il annonce : l'histoire de tueurs de vampires lesbiennes. Des tueurs improvisés, il convient de le préciser. Et pas franchement consentants.

Au début du film, on ne peut s'empêcher de penser à Shaun. Le rythme de la réalisation, le ton des dialogues, l'argument sentimental, et surtout les deux acteurs principaux, James Corden et Mathew Horne, dont les gabarits respectifs ne sont pas sans rappeler ceux de Nick Frost et Simon Pegg. Pour autant, doit-on parler d'imitation ? Après tout, depuis Laurel et Hardy, le concept du duo « un maigre, un gros » est récurrent dans le cinéma comique, pour la bonne et simple raison qu'il fonctionne. Quant aux dialogues, quant à la réalisation, quant au type même d'humour mis en place, ils sont avant tout et foncièrement anglais. On ne vas pas s'en plaindre : la Grande-Bretagne est LE pays de l'humour. Ce sont des gens qui n'ont pas honte de rire et de faire rire. Là où Racine et Corneille pondent des tragédies à se tirer une balle durant la représentation, Shakespeare n'hésite pas à inclure dans ses drames des personnages ou des répliques volontairement burlesques. Vous vous demandez pourquoi je pars dans une digression pareille ? Moi aussi.

Mon propos consistait à dire que, rapidement, cette sensation d'assister à une sorte de clone opportuniste de Shaun of the dead disparaît au profit du plaisir de découvrir une nouvelle oeuvre british pleine d'énergie et de trouvailles. Une parodie, certes, mais une parodie qui sait faire preuve d'originalité. Oh, bien sûr, on ne peut pas franchement dire que Lesbian vampire killers soit subtil. Sans faire dans le gros lourd, on doit même admettre que le film ne manque pas de s'aventurer dans un registre totalement grotesque, voire grossier, mais jamais vulgaire.

D'où provient-elle, cette absence de vulgarité ? De la réalisation, tout d'abord. Non seulement elle se maintient du début à la fin dans son rythme nerveux sans pour autant devenir casse-couilles, non seulement elle colle parfaitement aux enjeux narratifs ou humoristiques mis en place, mais surtout elle développe une ambiance remarquable, tirant bien plus son inspiration du John Landis de An american werewolf in London ou du Sam Raimi de Evil Dead II que du Edgar Wright de Shaun of the dead. Et puis je vais peut-être arrêter de citer Shaun à chaque paragraphe. J'insiste tellement sur le fait qu'il ne faut pas essayer de comparer les deux films que cela va finir par devenir suspect...

Bref, la vulgarité, tout ça, elle nous est évitée également et en second lieu par la qualité des dialogues. Qu'ils soient grossiers, ça c'est indéniable. Mais on ne tombe pas dans le délire pétomane ou dans l'attardisme sexuel pré-adolescent qui semble gagner de plus en plus le cinéma comique américain (voir Evolution de Ivan Reitman, ou les American Pie à partir du quatrième opus). On reste dans des répliques bien senties, et dans un ton d'une belle justesse, construisant à la perfection la personnalité de chacun des personnages du film.

Vous l'aurez compris, et si vous ne l'avez pas compris je vais le résumer pour vous, j'ai beaucoup aimé Lesbian vampire killers. J'ai ri de bon coeur devant cette farce qui n'est certes pas un chef-d'oeuvre mais à qui il ne manquait pas grand-chose pour en devenir un. Et je n'avais pas autant apprécié une comédie d'horreur depuis, évidemment, je suis bien obligé d'en reparler, Shaun of the dead... Même si ce dernier demeure à mon sens, et de loin, largement supérieur à tout ce qui s'est fait par la suite.

Bref, j'adhère et je recommande. Je sais que ce film est loin de faire l'unanimité, et que certains l'ont détesté. Loin de moi l'idée de contester la valeur de leur jugement, mais j'y vois une raison supplémentaire d'insister sur le fait que, pour ce qui me concerne, je considère ce film comme une vraie réussite à côté de laquelle il serait dommage de passer. L'histoire est sympathique, les personnages drôles et attachants, la réalisation de toute beauté, les dialogues réjouissants, les acteurs et les actrices talentueux, et en prime les nanas y sont archi-méga-canons. Alors franchement, que demande le peuple ?

Sur ce, je vous laisse, et si vous avez toujours rêvé d'assister à la mise à mort rocambolesque et hystérique d'une vampire lesbienne sur des airs d'Offenbach, sachez mes bons amis que Phil Clayton l'a fait pour vous !
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 06:21
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Je l'avoue, je le confesse, c'est ma culpa, ma maxima culpa, j'avais un a-priori extrèmement négatif concernant Les Dents de la nuit. D'abord, j'en avais entendu dire beaucoup de bien sur divers forums, et ça chez moi c'est automatique : dés qu'un film se fait encenser, je pars du principe que je ne vais pas l'aimer. J'aurais mieux fait d'aller voir les critiques de la presse qui, elles, en grand nombre, le descendent sans la moindre hésitation. Amusant de voir Mad Movies parler d'une « suite de gags assez poussive ». En général, le poussif et le poncif, ça ne les dérange pas beaucoup chez Mad. J'imagine que là, les réalisateurs ne sont pas des copains, alors tout de suite ils ne se sont pas sentis obligés d'applaudir comme des pingouins à qui on aurait enfilé des moufles.

Ensuite, et j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je me méfie comme de la peste des films d'horreur français. Précisément parce qu'ils n'ont en général rien de français du tout. N'allez pas me prendre pour un nationaliste tendance Identité-Nationale ou une saloperie dans ce genre-là, c'est juste que chaque pays a ses spécificités cinématographiques, et que je trouve relativement idiot de s'extasier devant un film « français » qui n'aurait même pas mérité un sourire s'il avait été estampillé « Etats-Unis ».

Et quand Les Dents de la nuit a commencé, j'ai pensé ça : « merde, c'est du démarrage façon comédie américaine typique. On va encore se taper une heure trente de copie mal trimballée, lourdaude et sans saveur. » Parce que les ricains, ils savent faire de très bonnes comédies américaines. Mais les français, non. Les français, quand ils veulent, ils font de très bonnes comédies françaises et voilà tout. A propos, vous avez vu Rio ne répond plus ?

Mais concernant Les Dents de la nuit dont c'est-il le film que je vous cause actuellement, et ne m'en veuillez pas si ça semble décousu et si mes phrases partent en patate à chaque ligne, il est un peu 6 heures 30 du matin là et j'ai pas encore dormi, et donc concernant Les Dents de la nuit, j'ai vite compris que je me plantais sur toute la ligne. Ça ne cherche pas à faire américain du tout. Ça ne cherche pas à faire français non plus d'ailleurs. C'est un film qui, rapidement, se crée une identité parfaitement indéfinissable, faite d'emprunts ironiques, de détournements des conventions, sans jamais pour autant tomber dans le pastiche gras.

Un exemple ? La scène des hélicoptères qui emmènent les convives de la Soirée Médicis vers le chateau où doit avoir lieu la sauterie morbide. Esthétiquement déjantée, rappelant quelque peu le Dracula de Coppola dans son traitement, mais aussi n'importe quel film d'action aux lourds effets spéciaux, elle décentre totalement le film de toute appartenance générique et le situe autant dans une utopie (non-lieu) que dans une uchronie (non-temps) parfaitement réjouissantes. On n'est déjà plus en présence d'un film « fromage » ou d'un « yankee-wannabe »,  ni même en présence d'un film d'épouvante ou d'une comédie. On est en présence d'un OVNI cinématographique, et ça n'arrive pas si souvent, surtout ces dernières années...

C'est à partir de cette scène que j'ai compris, donc, que je n'étais pas en face d'un film comme les autres. Le prologue, peut-être un peu long même s'il est relativement rigolo, était trompeur. Rapidement, Les Dents de la nuit apparaît comme un film étonnant à tous points de vue. Les acteurs s'avèrent excellents et se fondent magnifiquement bien dans leurs rôles respectifs, à savoir une galerie de personnages fantasques dont certains sont de véritables bijoux, avec une mention spéciale pour le dentiste aux dents irrationellement blanches qui s'avère être le plus mauvais dragueur des deux hémisphères, et en prendra autant plein la tronche qu'un Bruce Campbell dans ses beaux jours. Les dialogues sont impeccables, dosant à la perfection humour subtil et gravelure qui tache. La réalisation est menée de main de maître, efficace sans jamais se montrer envahissante, mélangeant kitsch et modernité, avec des petits effets je-me-fous-de-ta-gueule de toute beauté. Le scénario ne laisse aucun temps mort, le film maintient son rythme du début à la fin, et l'absurde y prédomine tout en évitant de devenir chiant, ce qui peut arriver quelquefois. Et en prime, le travail sur les maquillages et les effets spéciaux est d'une remarquable qualité, et l'environnement sonore parfaitement équilibré. Nan mais franchement, à part des sous pour Haïti, que demande le peuple et ses élites ? 

Evidemment, pour illustrer mon propos, il faudrait que je raconte deux ou trois gags, deux ou trois répliques, quelques effets de transition ou je-ne-sais-quoi encore, seulement il est beaucoup plus simple pour moi de vous inviter à voir le film. D'abord parce que vous pourrez savourer toutes ses ressources bien mieux qu'en lisant cet article, et ensuite parce que cela me permet d'aller plus vite au lit. La seule chose que je répondrai donc à la critique de Mad Movies, c'est : « Poussif ? Mon oeil ! D'abord tu me soignes cette mauvaise peau, tu arrêtes d'augmenter de cinq euros tous les mois, et ensuite tu reviens me donner des leçons ! »

Les Dents de la nuit, c'est un mélange étrange entre Le Bal des Vampires, Hellzapoppin, La Cité de la peur, Sacré Graal et Dracula. Ça donne un film complètement con et pas banal. Et sincèrement, véritablement drôle. Seul son titre est mauvais. Et si je n'irais pas jusqu'à crier au chef-d'oeuvre, je dois bien reconnaître qu'on en est proche. Mais chef-d'oeuvre ou pas, c'est de toute manière une vraie réussite dans le genre du non-genre, et c'est bien tout ce qui compte.

Sur ce je vous laisse, et si vous aussi vous avez horreur de voir les micros des perchistes se promener dans le champ de la caméra, dites-vous que, quelquefois, cela peut s'avérer fort utile en cas de duel !

Ah, et au fait : je dédie, faute de mieux, cet article à la mémoire d'Eric Rohmer. Au grand homme, le cinéma et ses amoureux reconnaissants. Resquiescat in pace.
 
  
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 00:58



Pendant longtemps, j'étais persuadé que la Hammer était une compagnie spécialisée dans la production de navets ou de nanars. Ce n'est finalement que très récemment que j'ai révisé cette opinion, après avoir vu des films réellement de bonne, voire de grande, qualité. Bien sûr, il y a du rebut dans le tas, mais quelle société peut se vanter de n'avoir jamais produit un seul mauvais film ? La Hammer occupe une place importante dans l'histoire du cinéma d'épouvante européen, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, et a su confier des réalisations à des cinéastes bourrés de talent. On peut citer Freddie Francis. On peut également citer Terence Fisher. Et ça tombe bien, puisque c'est ce dernier qui a réalisé Horror of Dracula, que je viens tout juste (enfin...) de regarder.

Le titre français est un peu trompeur : dans ce film, ce n'est pas Dracula qui fait un cauchemar, mais c'est le cauchemar qu'engendre Dracula dont il est question. Il serait intéressant de se demander d'ailleurs à quoi pourrait ressembler le cauchemar d'un vampire. Rêve t-il de gousses d'aïl, de rayons de soleil et de méchants crucifix armés de pieux pointus ? Je vous laisse le soin d'y penser, ça pourrait être assez truculent.

Le Cauchemar de Dracula propose un duel de toute beauté entre deux monstres sacrés du cinéma d'horreur britannique, à savoir Peter Cushing dans le rôle du chasseur de vampires, et Christopher Lee dans le rôle (naturellement) du Comte Dracula. Sauf erreur de ma part, c'était la toute première fois que Lee endossait ce rôle qui allait par la suite envahir avec bonheur sa carrière d'acteur. Et déjà, il interprète un Dracula impeccable, gentleman froid mais accueillant au sein duquel couve une bête immonde assoiffée de sang humain. Plus british que roumain dans son genre, mais ça fait tout de même son petit effet...

En ce qui concerne la réalisation, on est en présence d'un pur film gothique, typique des années 50, avec ses décors qui ont terriblement mal vieilli mais qui n'en conservent pas moins un charme indéfinissable, ses jeux d'acteur souvent grandiloquents ou même outrancier, et son environnement musical surchargé de cuivres et de tambours, pour bien qu'on comprenne à quel moment on est censé sursauter. De ce point de vue, on ne peut pas faire plus représentatif de l'univers de la Hammer que Le Cauchemar de Dracula. Tout y est, y-compris son personnage de croque-mort hilare face à la mort ou celui de son douanier grotesque. Les deux seules petites tâches d'humour au sein du film, par ailleurs. Le reste du temps, on n'a vraiment pas le coeur à rigoler. Ou alors, ce n'est pas fait exprès.

Car si c'est un film qui a beaucoup de qualités et qui vaut réellement le coup d'être vu, ne serait-ce que pour son statut mérité de classique, il n'en demeure pas moins porteur d'incohérences étranges. Disons les choses comme elles sont : les gens n'y sont pas très malins. A commencer par le tout premier chasseur de vampires, qui se présente au château de Dracula en se faisant passer pour un aimable bibliothécaire et flingue sa couverture avec autant de maladresse qu'un agent secret en première année de fac d'espionnage. Sans avoir oublié, au passage, de montrer une photographie de sa fiancée au comte maléfique, et même de lui donner son nom et son prénom. Faut pas s'étonner après si le vilain suceur de sang se précipite pour rendre visite à la donzelle en question, une fois le jeune homme passé de vie à trépas...

Peter Cushing dans son genre non plus ne fait pas preuve d'une grande sagacité. C'est toujours plus facile quand on regarde le film que quand on est dedans, c'est comme pour les jeux télévisés, d'accord, mais tout de même : pour un type qui se targue de bien connaître les vampires, il est un petit peu long à la comprenette... Et que dire enfin du comte Dracula lui-même, qui se fait avoir comme le dernier des bleus malgré ses six siècles d'expérience ? C'est là la principale faiblesse du Cauchemar de Dracula : la légèreté assez tangible de son scénario, qui rend certaines situations somme toute peu crédibles...

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir pour autant, on passe un très bon moment devant ce film, et même si les années ne l'ont pas épargné, même si certaines scènes font plus kitsch qu'autre chose, on demeure face à une oeuvre pleine de poésie et de passion, qu'il serait dommage de ne pas voir au moins une fois dans sa vie !

Sur ce, je vous laisse, et si vous êtes réfractaire à l'aïl, dites-vous que c'est excellent pour la circulation du sang. Paradoxal, non ?

 


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