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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 21:51

20200220-copie-1.jpg

 

Soldat américain posté en Irak, Bart Gregory est tué durant une embuscade puis promptement ramené au pays pour y être enterré dans un semblant de dignité. Sa fiancée comme son meilleur ami sont inconsolables et, lorsque Bart reviendra d'entre les morts pour une raison inconnue, ils s'adapteront à ce retour inespéré avec une certaine facilité, quand bien même le revenant a besoin de boire du sang humain pour survivre.

 

Dites-donc les aminches, plus de trois mois d'absence sur ce blog, je ne sais pas si c'est un record mais ça ne m'étonnerait pas. Il y a des périodes comme cela où l'on n'a pas envie de regarder de films, qu'ils soient d'horreur ou non. Heureusement qu'un copain a fini par me remettre sur le droit chemin en me conseillant The Revenant, qui est une sorte de remake du Mort-Vivant de Bob Clark sauf qu'en fait pas du tout. Tous les deux content l'histoire d'un soldat tué en mission (l'un au Vietnam, l'autre en Irak) qui revient à la vie, mais là où Bob Clark signait un film contestataire et allégorique, Kerry Prior réalise une oeuvre résolument tournée vers le ludique.

 

Est-ce à dire que The Revenant est une grosse farce ? Non, ce n'est pas à dire cela du tout. Prior réussit précisément à mélanger l'humour (noir, bien sûr) et de vrais moments de gravité, d'émotion, sinon de poésie. En signant un film sur l'amitié, tout d'abord. Quand bien même les aventures du duo déjanté sont hilarantes, elles mettent en scène une vraie histoire de potes, une bromance façon Thelma et Louise au masculin, avec du sang et des zombies. Bref, rien à voir avec Thelma et Louise, mais vous avez saisi l'idée. Et par-dessus cela, sans jamais se montrer pompeux, on retrouvera une vraie réflexion sur ce qui fait de nous – ou non – des monstres. Sur les artifices intimes qui nous permettent de nous situer dans le camp du bien ou du mal. Et sur la manière dont chacun d'entre nous mettons en balance notre propre humanité.

 

Ils sont assez nombreux, les films de zombies à tenter de mélanger le registre du fun et celui du sérieux. Ce sont rarement des réussites. Précurseur dans le domaine, jouant la carte de l'histoire d'amour poignante, Zombie Honeymoon tirait plutôt bien son épingle du jeu. Mais des réalisations plus récentes comme Zombie Anonymous ne parviennent simplement pas à se maintenir en équilibre. The Revenant y arrive. Il a certes une facheuse tendance à s'éparpiller, et l'on regrettera un peu ses vingt dernières minutes qui, sans être désagréables, prennent une direction somme toute dispensable, mais dans l'ensemble son alchimie fonctionne et maintient en éveil avec un grand sourire sur les lèvres.

 

Et s'il faut parler d'humour, car tout de même The Revenant est très drôle, on saluera la galerie de personnages qui composent le film, l'infirmière scientologue et le gangsta philosophe en tête de liste. Des dialogues ciselés les soutiennent et laissent certaines scènes partir dans un nawak réjouissant. On oubliera que le film souffre visuellement de son côté cheap : c'est un vrai bonheur de voir un réalisateur s'autoriser à partir en live comme cela. On se croirait dans une bonne vieille réalisation foutraque et punk des années 80, façon Re-Animator ou Le Retour de morts-vivants. On ne va tout de même pas bouder son plaisir !

 

Sur ce, je vous laisse. Et si vous vous demandez pourquoi le titre français du film s'est contenté d'ajouter un « s » à The Revenant, sachez que je me pose exactement la même question.

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 21:31

Zombie_King_and_The_Legion_Of_Doom.jpg

 

Bon alors ça se passe aux États-Unis, enfin je crois, et il y a un catcheur qui parcourt le pays dans lequel on trouve des zombies, et il rencontre d'autres catcheurs aussi, et doit déjouer un plan machiavélique dressé par des méchants catcheurs qui veulent dominer le monde avec une armée de zombies, et franchement là ce n'est même plus du WTF, c'est de l'escroquerie en bande organisée.

 

Tout est moche dans ce film. La pochette du dvd attire l'oeil et la curiosité, mais dedans tout est moche, sauf à la rigueur la plastique des actrices, mais bon si je veux voir des nanas à poil j'ai Internet. Les décors sont moches, le jeu des acteurs est moche, les combats sont moches, le scénario est moche, la réalisation est moche, les dialogues sont moches, le montage est moche, le son est moche, la musique est moche, bref les gens qui ont fait ce truc sont moches.

 

Même pas nanar attendrissant ou film à poilade entre portes, Zombie King (que l'on trouve aussi sous le titre de Zombie Beach Party) est juste une monstrueuse perte de temps à laquelle on se fiche éperdument de ne pas tout comprendre. À la rigueur, une ou deux répliques peuvent arriver à arracher un sourire au spectateur bon public que je suis, mais ma bonté me perdra.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 08:19

World-War-Z-Affiche-USA-2-Brad-Pitt.jpg

 

Ancien super-héros de l'ONU reconverti en honnête père de famille aimant et tout le tralala, Brad Pitt se voit confier la mission d'enrayer à lui tout seul, ou presque, la grande épidémie qui décime la population mondiale et transforme l'humain lambda en zombie sprinteur désireux de mordre tout ce qui respire encore.

 

L'affiche du film résume assez bien la situation : on nous promet la guerre mondiale, mais c'est tout de même Brad Pitt que l'on voit en premier plan. Et le film parle de Brad Pitt. Et pour être tout à fait sincère, si j'ai éprouvé l'envie d'aller voir ce film au cinéma malgré ma claustrophobie et mon agoraphobie maladives, c'est parce que j'étais curieux de voir sur grand écran le premier film de zombies comptant au générique une star comme Brad Pitt. Mais bon, au final, c'est plus un film de Brad Pitt comptant au générique des zombies.

 

Il faudrait d'ailleurs faire remarquer quelque chose aux réalisateurs qui embauche des monstres hollywoodiens de la trempe de Brad Pitt : leur présence dans un film constitue un spoiler en soi. Quand, alors que le film n'a commencé que depuis vingt minutes, Brad Pitt est à deux doigts de se jeter du haut d'une corniche parce qu'il craint d'avoir été infecté, le suspens ne marche pas. Comment voulez-vous qu'il marche ? Comme si on pouvait croire une seconde qu'un acteur portant le film à lui tout seul allait mourir en moins de trente minutes...

 

Certains réalisateurs, beaucoup même, ont la lucidité d'exploiter convenablement leurs stars. D'autant que Brad Pitt, et cela vaut pour Bruce Willis, Leonardo DiCaprio ou d'autres, est tout sauf un mauvais acteur. Marc Forster n'a visiblement pas le réflexe de prendre en compte cet élément extradiégétique, si j'ose m'exprimer ainsi, pourtant incontournable au sein du cinéma contemporain, et même au sein du cinéma tout court, puisque le processus de starisation a toujours existé dans le septième art.

 

Bon, et sinon, à part Brad Pitt ? Ben, euh, Brad Pitt. Brad Pitt parcourt le monde comme un Tintin mandaté par les Nations Unies, Brad Pitt sauve tout le monde quand il peut, comprend tout ce qui se passe, dégoupille des grenades dans des avions et trouve encore le temps de penser à sa famille et de s'offrir une canette de coca. Ah oui, de temps en temps aussi on voit des zombies.

 

Contrairement à ceux du livre de Max Brooks (mais il convient de signaler qu'à part son titre, ce film n'a rien à voir avec le bouquin), les zombies de World War Z sont redoutablement véloces. Ils sont aussi très méchants et claquent des dens comme s'ils avaient froid. De temps en temps ils ne bougent pas, sauf pour se retourner brusquement alors que l'on essaye de passer derrière eux. Comme dans un jeu vidéo, en fait. Leur odorat est totalement inerte, ce qui va à l'encontre de toutes les traditions existantes, et ils sont très propres.


D'ailleurs c'est un point à signaler : le film tout entier est très propre. Evidemment, on ne va pas foutre 175 millions de dollars dans un film pour pondre un truc interdit aux moins de seize ans, mais quand même, là c'est vraiment très très propre. N'espérez pas voir voler des entrailles et des cervelles. N'espérez pas voir des zombies dégueulasses avec des morceaux qui manquent. N'espérez même pas voir une goutte de sang. World War Z est un film qui semble avoir été passé à la moulinette de la censure giscardienne : les impacts des coups de feu sont hors-champ, ceux des coups de pied aussi, bref on devine que Brad Pitt a touché sa cible à son regard rassuré et à sa façon de relâcher son arme, mais on n'en saura pas plus. 

 

Je ne suis pas un partisan effréné du gore à tout prix, vous le savez, mais c'est tout de même aller très loin dans le propret que de réaliser un film d'action d'une manière aussi inoffensive. Les gamines assises derrière moi laisaient échapper de temps en temps, parce qu'on voyait une tête de zombie en gros plan, un « woah c'est dégueulasse ! » sans vraiment y croire elle-même. Le spectacle est bien plus gore lorsqu'elles se font péter leurs boutons d'acné devant la glace de la salle de bains. Je dis ça sans méchanceté : c'était agréable de voir des ados opter pour une séance en version originale sous-titrée. 

 

Ah oui, je crois également ne pas avoir entendu le moindre gros mot dans World War Z. Mais je ne peux pas en jurer. Ça ne serait pas surprenant toutefois, le film est vraiment calibré pour attirer sur les écrans le public le plus large, et le plus jeune, possible. Pour la suite, ils pourraient tout aussi bien prévoir que Brad Pitt soit secondé par Dora l'exploratrice.

 

Sinon il est question du monde dans le titre, et là ? Ben comme je vous l'ai dit, là il est surtout question de Brad Pitt. Brad Pitt va en Corée du Sud mais on ne verra rien de la Corée du Sud. Ensuite il va à Jerusalem, mais on aura juste droit à un résumé rapide (et erroné) des souffrances du peuple Juif durant le vingtième siècle, un énième monologue sur la question dans un film hollywoodien. Il faut croire que les Américains ne connaissent pas du tout l'histoire des Juifs. Ensuite Brad Pitt va au Pays de Galles, dont on ne verra pas grand-chose... Bref Brad Pitt parcourt le monde mais tout ayant été plus ou moins filmé au même endroit, on n'insiste pas sur la question. Seuls les plans sur Jerusalem sont intéressants. C'est d'ailleurs l'un des passages les plus marquants du film.

 

Il faut noter que Forster est du genre contemplatif. De fait, le film n'a vraiment d'intérêt que sur grand écran, afin d'apprécier les grands tableaux qu'il nous délivre en filmant les villes depuis le ciel, en filmant l'océan dans son immensité, en embrassant de sa caméra le gigantisme de certaines situations. Par moment le film est beau, vraiment. Pas forcément passionant, mais beau. Il tend en revanche à tomber dans le fouillis total dés que l'on est placé au coeur de l'action, et les huis-clos ne sont pas non plus sa spécialité. C'est d'ailleurs dommage que les scénaristes et les réalisateurs n'aient pas plus insisté sur le caractère « global » de l'infection zombie, sur ce monde qui tombe dans le chaos et devient incontrôlable. Lorsque Brad Pitt en avion voit émerger depuis le sol un champignon atomique, sans que l'on sache dans quel pays cela se déroule (probablement l'Iran, toutefois) ni ce qui vient de se passer, c'est très réussi. Mais hélas, ponctuel et anecdotique. Parce que, et l'on retombe sur ce que je disais au début, c'est Brad Pitt la star du film, pas le monde.

 

On cherchera d'ailleurs en vain une réflexion, une métaphore, dans World War Z. Les films de zombies ont généralement tendance, héritage de Romero oblige, à faire dans l'intellectualisme. A nous parler de l'homme à travers les morts-vivants. J'admets volontiers que rien n'oblige un réalisateur à nous délivrer un message, et certains films de zombies feraient aussi bien de s'en passer quand ils pondent un rabachage éhonté de tout ce qui s'est dit avant juste pour s'offrir une crédibilité pas chère, mais quand même. De là à nous coller un film où presque tout le monde est gentil, où les pillages se font dans le calme et où les rabbins se réconcilient avec les imams, il y a de la marge...

 

World War Z n'est pas un bon film. Ce n'est pas non plus une daube, mais tout de même un truc que l'on oublie rapidement, qui ne procure pas beaucoup de sensations et n'en laisse pas derrière lui une fois terminé. En général, quand je sors d'une salle de cinéma, je me sens pris encore dans les images que je viens de voir, dans l'ambiance où j'ai baigné pendant deux heures. Là, j'avais juste envie de faire pipi. Dans un sens, je m'attendais à bien pire, à une sombre merde par exemple. J'ai juste regardé un film moyen. Assez insipide. C'est assez triste que le premier blockbuster de zombies, et que le premier film d'horreur comptant comme vedette une star de l'acabit de Brad Pitt, soit aussi peu réussi, mais il ne fallait pas s'attendre à un miracle. On verra si Hollywood retente l'expérience. Pour le moment, on annonce que Schwarzy va, à son tour, jouer dans un film de zombies, et il semblerait que la suite de World War Z soit déjà sur les rails.


Pas grave, tant que le cinéma indépendant ou financièrement plus modeste continuera à exploiter les zombies à sa sauce, tout ira bien.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 00:42

C-v-Z-copie-1.jpg

 

Tandis qu'un petit groupe de pieds-nickelés mal préparés entreprennent un braquage de banque perdu d'avance et que les pensionnaires d'une maison de retraite coulent des jours heureux en attendant de voir leur établissement démoli pour cause de rénovation de la ville, des zombies prennent possession de l'est londonien et forcent chacune de ces braves personnes à s'adapter le mieux possible à la situation.

 

Quelques années après Shaun of the Dead, les zombies retrouvent donc le sol londonien avec ce Cockneys vs Zombies qui, sans chercher ni le plagiat ni même la copie, fait immanquablement penser au film d'Edgar Wright et de Simon Pegg, ne serait-ce qu'à travers l'accent si prononcé et si reconnaissable de ses personnages. Pour autant, la réalisation de Matthias Hoene, et son titre l'indique à lui seul, choisit de s'identifier culturellement avec beaucoup plus de clarté, au risque quelquefois de ne se faire comprendre que des seuls sujets britanniques. Je pense en particulier à ce jeu de langage, basé sur les rimes, que semblent affectionner les fameux cockneys et qui est parfaitement inconnu à tout ceux qui ne vénèrent pas la reine ou ne bavent pas devant un pudding. Plus accessibles, des références explicites à la Grande-Bretagne comme le combat entre zombies hooligans ou l'apparition (prévisible) d'un bus à impériale perpétuent encore ce jeu de contextualisation qui fait sourire, certes, sans nécessairement apporter quelque chose de plus au film.

 

En fait, Cockneys vs Zombies n'a pas besoin de jouer des clichés pour être drôle, ni auprès du public britannique, ni auprès de l'audience internationale. La galerie de personnages qu'il propose est largement suffisante et efficace pour cela. On ne peut qu'apprécier chacun de ces portraits déglingués, collection improbable de héros maltraités par l'histoire et de losers emplis de bonne volonté, avec en prime une jolie mise en relation entre jeunesse et vieillesse, à travers ces jeunes braqueurs improvisés désirant sauver la maison de retraite de leur grand-père, octogénaire vaillant et querelleur au-delà du raisonnable. Il est rare que l'on montre la vieillesse au cinéma, qu'il appartienne ou non au genre de l'épouvante. Il est encore plus rare que l'on montre une course poursuite effrénée entre zombies et déambulateur, ou que l'on filme des retraités déchaînés faire sauter la tête des jeunes morts-vivants venus les assaillir...

 

Basé sur un scénario rythmé, des dialogues talentueux et une réalisation parfaitement efficace, Cockneys vs Zombies souffre juste de quelques faiblesses d'usage, à commencer par une tentation de la grandiloquence qui lui prend vers la fin et survient comme un cheveu sur la soupe sans que l'on en comprenne l'intérêt profond. Trop de ralentis sur une musique d'opérette tue le ralenti sur une musique d'opérette. Et puis, si le film est vraiment réussi et se révèle très attachant, il n'en demeure pas moins un peu téléphoné par moments et n'est simplement pas toujours aussi drôle qu'on pourrait l'espérer.

 

Cependant, ne vous y trompez pas : nous sommes en présence d'une vraie, et d'une bonne, comédie de zombies et ce n'est pas si fréquent que cela. Si vous affectionnez le genre ou si vous aimez les anglais, ce film est fait pour vous. Et si vous détestez le genre et n'aimez pas les anglais, sérieusement, que faites-vous sur un blog de films d'horreur animé par un amoureux fou des Beatles et des Monty Python ?

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 00:16

Warm-Bodies-04.jpeg

 

R est un jeune zombie qui, malgré son statut de mort-vivant, bénéficie d'une vie intérieure suffisamment riche pour se raconter lui-même avec une ludicité remarquable. Il traîne à l'aéroport, s'est installé une petite maison dans un avion abandonné, et tente même d'avoir quelques interactions sociales avec ses congénères. Tout va s'accélérer lorsque, durant une partie de chasse aux cerveaux, R va avoir le coup de foudre pour une belle jeune femme du nom de Julie. Se pose cependant un souci majeur : elle est vivante, et pas lui.

 

Réalisateur, voilà cinq ans, de l'excellent All the boys love Mandy Lane, Jonathan Levine revient faire un tour dans le petite monde du cinéma de genre avec Warm Bodies, adaptation sur grand écran d'un roman signé Isaac Marion et que je mentionne juste pour faire mon intéressant puisque je n'en ai pas lu la moindre ligne. All the boys love Mandy Lane, c'était une sorte de slasher tendance teen-movie qui ne ressemblait ni à un slasher, ni à un teen-movie. Une oeuvre vraiment à part, nantie d'une ambiance unique et d'un traitement profondément singulier. Warm Bodies, c'est un petit peu la même chose, mais avec des zombies.

 

Avant que l'on m'en fasse le reproche, je m'empresse de le préciser : oui, bien entendu, Warm Bodies n'est pas le premier film de zombies à parler de sentiments. Une réalisation aussi passionnante que Zombie Honeymoon est là pour en témoigner, un film comme Zombie Anonymous tentait également d'aller plus loin que la majorité des films de morts-vivants, et l'on peut encore citer (pour la énième fois, en ce qui me concerne) le petit chef-d'oeuvre qu'est Vote ou crève de John Landis. Il faut également rappeler que Romero a été le premier à chercher à établir des ponts entre humains et zombies, que cela soit dans Day of the Dead, Land of the Dead ou Survival of the Dead. Pour autant, les quelques exemples que l'on peut trouver pèsent peu par rapport à l'ensemble de la production qui propose avant tout, et c'est somme toute assez normal, des zombies mangeurs de chair humaine qu'il convient de dégommer avec ardeur et sans se poser de questions. Je ne m'en plains pas, je constate juste. Et j'attends avec autant d'impatience que tout le monde la sortie de World War Z

 

Warm Bodies se positionne donc sur le terrain émotionnel, sentimental, pour ne pas dire romantique. Mais il y a quelque chose d'autre qui fait une différence : nous ne sommes pas en présence d'une banale histoire d'amour façon Romero et Juliette, le zombie amoureux de la vivante et tout ce qui peut en découler. Nous sommes en présence d'une célébration de l'amour, de ce sentiment qui va déclencher un changement radical dans le coeur et l'âme même du zombie, d'abord chez un individu, puis parmi toute sa communauté. L'amour est ici une chaleur qui va irradier l'ensemble des morts-vivants jusqu'à leur redonner l'envie de se souvenir, d'éprouver, de ressentir, de communiquer, d'aimer et de vivre. Dans cette histoire, un couple seul fait la différence et change le monde. C'est cela que raconte Warm Bodies, et c'est beau. C'est quasiment du Lennon dans le texte.

 

Chose encore plus remarquable, Warm Bodies parvient à traiter tout cela sans jamais tomber dans le larmoyant outrancier ou le mauvais goût caractérisé. De la même manière qu'il ne va jamais chercher des effets humoristiques trop poussés. Il en ressort une oeuvre subtile, modérée mais certainement pas tiède, qui s'assume totalement et ne sombre pas dans la caricature d'elle-même. Certaines scènes sont des moments de bravoure qui se remarquent à peine tant elles sont traitées avec finesse et justesse. Que des zombies puissent renoncer à dévorer une humaine juste parce qu'elle prend la main du garçon mort-vivant qui l'accompagne, un réalisateur quelconque en aurait fait quelque chose de déplorable. Levine en fait une scène chargée d'émotion autant que de sens. Ce réalisateur a du génie.

 

D'autant qu'il convient de saluer l'esthétique même du film, et notamment un traitement de la lumière tout particulier que l'on observait déjà dans Mandy Lane, un jeu des contrastes saisissants et qui tranche avec la mode des teintes crépusculaires et lymphatiques initiée par Twilight et que tant de réalisateurs de films de genre nouvelle-génération se sentent obligés d'adopter de peur de passer pour des ringards. Et l'on écoutera avec plaisir toutes les chansons qui jalonnent le film, plus intéressantes souvent que sa bande-son qui elle, à quelques exceptions près, n'a rien de vraiment captivante.

 

Ce qui m'agace le plus dans le fond, c'est que malgré toutes ces qualités et tous ces éloges, je ne peux pas non plus crier au chef-d'oeuvre. Ne vous méprenez pas : Warm Bodies est un bon film, un très bon film même, et sans doute un excellent film. Bien mené, bien rythmé, bien interprété, bien écrit et bien réalisé. Avec une âme, une intention, une ambition. Mais il lui manque peut-être un petit grain de folie supplémentaire, et probablement une demi-heure sinon une heure de plus. Tout va tellement vite et tout semble se passer si aisément que l'on demeure un peu sur sa faim. Comme si Warm Bodies tenait finalement plus de l'allégorie que du film à proprement parler.


Est-ce une raison pour bouder son plaisir ? Certainement pas. Non seulement c'est une oeuvre à voir, mais je suis convaincu que c'est une oeuvre à revoir, ce que je ne manquerai pas de faire dans les meilleurs délais, ne serait-ce que pour vérifier si mes maigres réticences ne s'estompent pas comme neige au soleil, ainsi que cela arrive quelquefois.  


Et sur ce, je vous laisse. Rrrrrr.

 

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 22:03

reanimator.jpg

 

Disons-le tout net, nous sommes tous en position d'avouer une imposture. L'intégrité est une valeur tellement rare que personne ne peut se vanter de n'avoir aucune part d'ombre, aucune lacune honteusement cachée, aucun compte en suisse ou militante hystérique anti-mariage gay dans sa famille. Mon imposture à moi ? Tenir depuis plus de trois ans un blog consacré au cinéma d'horreur, dans lequel je ne cesse de clamer mon amour pour ce genre si particulier et si ensorcelant, et n'avoir jamais vu jusqu'à ce soir le classique d'entre les classiques, qui plus est réalisé par le grand Stuart Gordon, qu'est Re-Animator.

 

Mais voilà, l'occasion ne s'était jamais présenté, je trouvais toujours un excuse pour remettre cela à plus tard, je me disais que les nouveautés étaient plus urgentes à découvrir qu'un film dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est bon, bref je rechignais à faire acte de culture et c'est difficilement pardonnable. J'ai d'ailleurs réalisé mon erreur dés les premières secondes du film, quand Gordon pose le ton de cette oeuvre à la fois hystérique et potache, nantie d'un caractère affectée qui jamais ne se défait d'une étrange et paradoxale gravité.


A elle toute seule, la musique du générique résume l'esprit du film : Richard Band revisite le thème musical de Psychose à la sauce pop, batterie et cuivre synthétisé venant détourner autant qu'amplifier les doux frissons que nous procure, à la Proust et sa madeleine, la composition de Bernard Herrmann.

 

C'est un peu cela, Re-Animator : Hitchcock à la sauce pop (mais pour cela, le maître s'en était chargé lui-même avec Frenzy), Lovecraft à la sauce punk. Des personnages déjantés et menaçants, des morts-vivants pathétiques, un gardien de morgue payé pour squatter les magazines coquins et la machine à café, un chat dans le frigo et un étrange liquide vert fluorescent au-delà du raisonnable.

 

Le tout servi par une réalisation alternant les gros plans empesés sur les visages rappelant la grande époque du muet et des séquences d'ensemble où les acteurs semblent s'en donner à coeur joie. On rit volontiers devant Re-Animator, sans jamais avoir l'impression de n'assister qu'à une comédie, ou disons une comédie facile. Et l'on demeure rêveur en prime devant la plastique ô combien délicieuse de Barbara Crampton...

 

Bref, contrairement à moi, vous avez probablement déjà vu ce film si vous aimez le cinéma d'horreur. Considérez donc cet article comme une piqûre de rappel. Et si vous n'avez pas encore vu ce chef-d'oeuvre de Gordon, alors précipitez-vous, c'est l'un des derniers classiques du genre à ne pas avoir encore été pollué par un remake, malgré de nombreuses rumeurs sur la question...

 

Sur ce, je vous laisse !

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 01:10

Eaters.jpg

 

Donc d'abord il y a une épidémie, ensuite les femmes deviennent stériles, ou alors c'est l'inverse, enfin bref ensuite il y a les morts qui attaquent les vivants, un Grand Contaminateur qui se présente comme l'initiateur mystique du chaos, des milices néo-nazies par dessus le marché, et à la fin le Pape se suicide en se tirant une balle dans la tête. Oui oui, vous avez bien lu. Et tout ça, c'est juste les cinq premières minutes du film. Ensuite, on suit les aventures de quelques survivants, les soldats habituels, le savant fou de rigueur, mais aussi un peintre allumé, un curé cannibale, et d'autres surprises encore.

 

Eaters, film italien avec un titre anglais, sorti en France avec un autre titre anglais (Zombie Planet) et sorti en Angleterre avec encore un autre titre anglais (Rise of the dead), est à peu près aussi embrouillaminiqué que ses circonvolutions patronymiques. Pour dire les choses comme elles sont, je n'avais pas vu un film d'horreur aussi foireux depuis Xtro. Et si les films de zombies fleurent souvent l'amateurisme, si certains sont même très mauvais, aucun n'atteint dans le domaine du « j'y comprends rien c'est normal ? » le niveau de cette réalisation de messieurs Boni et Ristori.

 

A présent je me dois d'avertir le lecteur sensible : je m'apprête à spoiler comme un malade. Seulement, comprenez-moi, c'est difficile de faire autrement quand il s'agit de rédiger un article sur un film pareil.

 

Au début ça va encore à peu près, on a deux militaires et un scientifique qui travaille sur les zombies. Bon, le schéma romérien classique, ça va. Les deux militaires ont pour compagnons deux abrutis mentaux qui rigolent comme des gorets. D'accord, pourquoi pas... On découvrira ensuite qu'il y a un autre miltaire, dont on n'entendra d'ailleurs plus parler ensuite, et surtout une nana plus ou moins zombie que l'on conserve en cage et qui s'avère être la copine de l'un des deux premiers militaires. Ah tiens, ça se complique...

 

Ensuite on rencontre le peintre qui vit en solitaire, et puis des nazis qui vivent en communauté, et puis les deux militaires captent un message du Grand Contaminateur et découvrent qu'il émet à moins de cinquante kilomètres des environs. Pourquoi ne l'ont-ils pas découverts avant ? Aucune idée, ne me demandez pas. Et pendant que ces deux types voguent dans la campagne italienne, le savant fou resté au port devient encore plus fou que d'habitude. Et là ça vire au grand n'importe quoi.

 

A force d'user et d'abuser d'élipses ou de flous artistiques, nos braves réalisateurs oublient qu'ils ont pour but de raconter une histoire que le spectateur ne connaît pas. Bien sûr que tout le monde sur le plateau a lu le scénario avant de commencer le film, mais le pauvre type dans mon genre qui assiste au spectacle devant son écran n'a pas eu cet honneur, et c'est du coup assez fatiguant d'essayer de reconstituer les tenants et les aboutissants de l'intrigue avec le peu d'éléments ou d'indices objectifs qui nous sont distribués. 

 

D'autant qu'il y a quelque chose qu'on ne peut pas enlever à Eaters : il ne fait pas dans le simplisme. Il y a des films de zombies dont l'histoire tiendrait sur deux lignes, ici on a droit à quinze scénarios pour le prix d'un seul. La question de l'infertilité, le fait que les femmes semblent avoir disparu de la surface de la Terre, les nazis qui ont pour chef un nain portant une moustache à la Hitler, le peintre qui peint des cadavres dépecés et cuisine des rats, les deux mabouls psychopates dont on se débarrasse bien vite tant on ne sait pas quoi en faire, le savant qui veut créer une nouvelles espèce mi-humaine mi-zombie, le faux-messie qui mange des gens et protège une adolescente, l'autre scientifique qui met au point des zombies plus intelligents, dont certains manient des outils et savent même dire quelques mots, sans oublier la coup de la bombe qu'il faut désamorcer à la fin, et encore j'omets quelques anecdotes pour ne pas trop alourdir mon propos... Enfin bref, vous avez une petite idée du tableau.

 

Evidemment, comme ce n'est pas facile de raconter tant de choses en si peu de temps, surtout quand certaines se déroulent au même moment, cela donne une narration franchement bancale. Surtout si vous y ajoutez les épisodes de flash-back, parce que oui, en plus de tout le reste il y a AUSSI des flash-back !

 

Du coup, me demanderez-vous : « est-ce que Zombie Planet est un mauvais film ? » Ben oui, bien sûr que c'est un mauvais film, c'est complètement idiot comme question, vous n'avez pas lu tout ce qui précède ? Mais le fait que ça soit un mauvais film ne doit pas dissuader les amoureux de genre de le regarder. D'abord, il reste l'ambiance. Et franchement, si le film a une qualité, c'est bien celle-ci et c'est probablement la seule : il génère une atmosphère très réussie, bien craspec, avec des beaux zombies bien dégoulinants, du sang bien grumeleux par terre et des petits épisodes bien gores qui tachent. On sent que c'est italien : on se croirait dans du néo-Fulci. Sauf que Fulci ne badigeonnait pas l'objectif de ses caméras de peinture rouge, lui. Il avait d'autres travers de mauvais goût, mais pas celui-là.

 

A noter, toujours dans le registre de l'ambiance, que le film a été tourné dans des décors naturels souvent somptueux. C'est que c'est beau, la Toscane !

 

Et puis soyons franc : c'est amusant de regarder un film où l'on ne comprend rien. Un vrai beau nanar comme il s'en faisait dans les années 50, avec les dialogues et les acteurs juste assez mauvais pour que cela soit bon. Et une réalisation suffisamment maîtrisée pour ne pas trop fatiguer les yeux. — On oscille entre trip ésotérique et western bourrin, on tire d'abord sans poser de questions après, on ne sait pas où on va mais on y va, c'est punk et plein d'espoir, bref c'est un peu tout à la fois, c'est un film qui a le mérite de ne rien dire. C'est une expérience. 

 

Sur ce, je vous laisse.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 22:14

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Alors que son ex-compagne lui a demandé de lui rendre les clés de son appartement, Kai fait le voyage de Vienne jusqu'à Berlin dans l'espoir secret et maladroit de la reconquérir. Une épidémie transformant les gens en monstres avides de violence et de chair humaine va contrecarrer ses projets romantiques et le retenir prisonnier à l'intérieur de l'immeuble de sa bien-aimée qui, elle, est portée disparue.

 

Rammbock surprend par sa durée : à peine une heure, même pour un film européen, ce n'est pas énorme. Mais c'est un format qui a ses avantages, en premier lieu celui de proposer un scénario qui va droit au but et ne s'égare pas dans des digressions oiseuses et sans intérêt. Car c'est un film choc auquel nous avons affaire ici, certes relativement classique pour un film de zombies mais terriblement efficace également.

 

Outre la personnalité du personnage principal, petit bonhomme un peu geignard et loser sur les bords qui ne jure que par son ex-copine dont il demeure amoureux transi, le film fait acte d'une originalité remarquable dans les relations entre ses différents protagonistes, tous enfermés dans leurs appartements et communiquant par balcons interposés, le réalisateur parvenant à poser des personnalités fortes et définies pour chacun d'entre-eux en usant d'un minimum de plans ou de dialogues. La menace zombie, constante, incarnée par cette cour intérieure dans laquelle le moindre bruit fait surgir des hordes de corps démantibulés et sanguinolents, pèse lourdement sur ce huis-clos pénible et sur le quotidien dévoyé qu'il contient.

 

Si pareil scénario est évidemment le moyen de parler des lâchetés, mais aussi des courages et des bravoures, qui font ou défont l'être humain, le réalisateur ne s'attarde pas sur ces notions et laisse au spectateur le soin de tirer les conclusions par lui-même, ce qui n'est pas toujours le cas dans certains films de zombies par trop démonstratifs dans leur désir de paraître plus romerien que Romero. — En revanche, et c'est là l'un des moments les plus forts du film, les dernières images s'articulant sur le Requiem de Mozart sont d'une grande beauté et d'une grande poésie, macabre sinon morbide, mais surtout diablement émouvante. Rarement film de zombies trouva conclusion si pleine de tendresse. Et de sens.

 

Bref, les films d'horreur allemands se font rares, les films de zombies allemands encore plus, aussi Berlin Undead n'est certainement pas une oeuvre à côté de laquelle il convient de passer. Marvin Kren offre à ses spectateurs un spectacle fort et empli d'émotions, qui parle de l'amour encore plus que de la mort, parmi les cris hystériques et les corps violentés.

 

Sur ce, je vous laisse. Kyrie eleison. 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 22:57

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Scénario dénué de toute forme de tentative d'embryon d'originalité, réalisation poussive et m'as-tu-vu-sur-mon-beau-cheval agrémentée d'un montage sans queue ni tête, Zombie Undead est un film de zombies tellement creux et soporifique que l'on se demande s'il n'a pas été réalisé par l'un d'entre-eux. Seule réussite notable du film : la qualité de ses bruitages. A part cela, c'est une heure et vingt minutes de perdues dans votre vie.

 

Sur ce, je vous laisse.

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 22:41

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Un groupe de jeunes gens parcourt une route déserte en pleine nuit d'Halloween afin de se rendre à un mariage jusqu'à ce qu'une chauve-souris vienne s'écraser sur leur pare-brise et précipite la voiture et son équipage dans le fossé et les emmerdes.

 

Il y a des films qui commencent plutôt bien et s'avèrent en fin de compte parfaitement nuls, The Roost pour sa part choisit de faire l'inverse. Son beaucoup trop long prologue se voulant décalé est parfaitement insipide, de même que ses vingt premières minutes qui sont une succession de dialogues inutiles et d'effets de suspense déplorables. Après, ça s'arrange un tout petit peu, mais pas beaucoup quand même : le film demeure du début à la fin totalement soporifique, et ses tentatives ironiques de prise de recul vis-à-vis de la narration ne relancent en rien l'intérêt du spectateur. Disons qu'il est moins nul que ce que l'on était en droit de craindre, mais qu'on en sort tout de même avec une moue franchement dubitative et que l'on se demande si l'on ne vient pas de perdre un petit morceau de sa vie devant quelque chose qui n'en valait pas la peine.

 

Pour autant, saluons l'excellente musique de Jeff Grace. De très belles compositions, basées sur des cordes hystériques et désordonnées qui participent à sauver le film, ou plutôt à lui conférérer au moins une vraie qualité.

 

Sur ce, je vous laisse.

  

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