Un blog consacré avant tout au cinéma d'épouvante et d'horreur.
Résumé de l'histoire : les grands manufacturiers de cinéma et de musique sont les souffre-douleurs d'une meute de voleurs sanguinaires qui s'échangent des films ou des disques plutôt que d'aller poliment les acheter au prix fort dans les officines prévues à cet effet. En réaction, le FBI se précipite à leur rescousse et ferme un site d'hébergement utilisé partout dans le monde, y-compris légalement par des entreprises ou des particuliers qui n'ont rien à se reprocher.
Comme certains méchants internautes l'ont fait remarquer, il a donc été plus aisé pour le gouvernement américain de faire fermer Megaupload que le cachot sordide et inhumain qu'est Guantanamo. C'est qu'on a le sens des priorités, aux Etats-Unis ! Et à l'Elysée aussi, depuis laquelle monsieur notre encore Président s'est jeté sur son service de communication pour applaudir des deux mains cette merveilleuse et totalement unilatérale initiative américaine, rapidement relayé par son ministre de la Culture qui, toute sa vie, a vécu sur le dos de l'art et ne peut de fait décemment pas comprendre que cela puisse servir à autre chose qu'à fabriquer de l'argent.
Les « majors », comme on dit, accusent Megaupload d'un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de dollars. Elles sont convaincues que tout le monde achèterait leurs dvds et leurs disques hors de prix si le téléchargement pirate n'existait pas. Que feront-elles le jour où elles constateront qu'en fait, les braves vaches à lait que sont censés être les consommateurs préfèreront se passer de regarder ou d'écouter leurs productions au rabais plutôt que de leur consacrer le moindre centime ? Elles demanderont au FBI de rendre obligatoire l'achat de leurs produits ?
En attendant, il existait des sites qui proposaient en partage des oeuvres jamais éditées en dvds ou introuvables sur le marché français. Ils se voulaient responsables, retiraient les liens de partage dés que l'oeuvre était mise sur le commerce, ce qui n'arrivait que rarement, et faisaient ainsi survivre un cinéma dont les majors n'ont jamais respecté le caractère artistique. Ces sites, que je ne cite pas pour ne pas leur créer de problèmes, se retrouvent aujourd'hui avec des liens morts sur les bras, obligés de fermer leurs portes en attendant des jours meilleurs.
Le cinéma d'horreur et d'épouvante est particulièrement concerné par ce drame, car c'en est un. Des milliers de films n'ont jamais bénéficié d'un transfert sur support dvd, et ne bénéficieront probablement pas plus d'un transfert sur support blu-ray, en attendant le nouveau format que nous préparent les marchands de technologie pour nous faire encore un peu plus cracher au bassinet. — Mais pas question pour autant de se les partager. Pas question de les héberger. Pas question de leur permettre d'exister encore. Les majors considèrent que de l'argent qui n'est pas gagné, c'est de l'argent perdu. Tout ce qu'on ne leur donne pas, on le leur vole. Elles considèrent que le monde leur appartient, et le FBI leur donne raison.
Megaupload n'a rien d'une entreprise de doux philanthrope, c'est évident. Mais les bénévoles, les passionnés, les illuminés de cinéma qui utilisaient les services de cette société, sont eux de véritables humanistes. Tandis que les majors, les grands studios hollywoodiens, les producteurs tout-puissants, les tortionnaires de la différence, les raboteurs de la créativité, ne valent guère mieux que les rats dont ils partagent le mode de vie et les appréciations esthétiques.
Il va de soi qu'ils mènent une guerre perdue d'avance, le monde finira par leur marcher dessus et les forcera à s'adapter, à concéder. Mais en attendant, la petite bataille qu'ils se vantent d'avoir gagné produit de bien innocentes victimes.
Sur ce, je vous laisse.